Personne capturée durant son évasion

Dernière mise à jour le 25 janvier 2020.

Donald Morris BOYD “Don”/ 12168148
29 Leonard Street, Dansville, Livingston County, New York, USA
Né le 4 mars 1923 à Groveland, Livingston County , Etat de New York / † le 1er février 2015 à Dansville, New York, USA
S/Sgt, USAAF 388 Bomb Group 563 Bomb Squadron, mitrailleur arrière
Atterri dans la Bosstraat à Berlaar, à environ 7km au sud-est de Lier, Province d’Anvers.
Boeing B-17G-Flying Fortress (Forteresse Volante), n° série 42-30202, abattu par la Flak et achevé par Hans Walter Sander du 8./JG26 le 30 juillet 1943 lors de la mission du 30 juillet 1943 sur Kassel (usines Waldau Fieseler).
Écrasé près de Berlaar, du côté de Broek Els, au sud-est de Lier, Province d'Anvers / Antwerpen
Arrêté le 4 septembre 1943

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 3125. Rapport RAMP établi le 25 mai 1945.

L’appareil décolle de Knettishall et doit effectuer des manœuvres pour se positionner dans la formation, dont certains appareils doivent la quitter pour problèmes techniques ou autres. C’est le cas également pour le 42-30202 et sur le vol du retour, l'appareil est touché par la Flak à hauteur d'Anvers. Le moteur n° 2 est en feu et les flammes s’étendent jusqu’à l’arrière. Voyant la tournure des événements, le copilote F/Off Billy Hooker, qui à ce moment avait pris le relais de son pilote, le Fl/Off Earl E. Pickard, donne l'ordre d'évacuer. Tous les hommes sautent à hauteur de Rijmenam / Putte, près de Malines. Pickard sera fait prisonnier comme huit autres membres de son équipage. Parmi ceux-ci, trois parviendront un temps à échapper à la capture, Donald Boyd (la présente fiche, et dont c’est la 3ème mission), le bombardier Wallace Soderberg et le navigateur Robert Hoke. Les autres sont l’opérateur radio T/Sgt Walter E. Togel, le mitrailleur dorsal T/Sgt Orville W. Lewis, les mitrailleurs S/Sgt Ralph T. May, S/Sgt Sam H. Tucker Jr et S/Sgt Harlan C. Oakberg. Seul le copilote Billy Hooker réussira son évasion. Le MACR ne donne pas partout les mêmes positions de tir des mitrailleurs, mais il se confirme que Boyd est bien mitrailleur arrière et non latéral…

Selon un récit de son évasion rédigé par Donald Boyd en janvier 2010, il aurait atterri "near Ghent" (ce qui paraît fort peu probable, Gand étant trop loin de la zone du crash) et s’est caché dans un fossé jusqu’à la tombée de la nuit. Il trouve alors un fermier qui lui indique sur la carte de son kit d’évasion où il se trouve, lui donne du pain noir, du café et du lait battu. Vu la barrière de la langue, ils ne se comprennent pas, mais le fermier lui explique vaille que vaille la direction qu’il doit prendre. Boyd le quitte, trouve une haie à l’abri de laquelle il passe la nuit.

Boyd se réveille au matin du 31 juillet, aperçoit des gens travaillant dans un champ de blé et parvient à attirer l’attention d’un homme. Celui-ci lui dit de rester caché et part chercher quelqu’un qui puisse l’aider. Boyd poursuit en disant que l’homme revint bientôt, accompagné de Jessie VAN DROMME, une jeune dame parlant parfaitement l’anglais. On lui donne des vêtements civils et un vélo qu’il dit enfourcher ensuite pour rouler dans la campagne en compagnie d’un membre de la résistance.

Boyd ne précise pas qu’à Putte, il a été aidé par Jules OP DE BEECK du 25A Mechelsesteenweg, ni qu’il a logé chez Jessie VAN DROMME-TURNBULL (originaire de Brighton en Angleterre) au 101 Hoogstraat à Rijmenam. Selon les souvenirs de Jessie, les pièces de son uniforme ont été enterrées dans le bois local et la famille possédait encore en 2010 le bracelet en cuir portant son matricule et l'anneau qu'il leur avait laissé.

Boyd ne le mentionne pas dans son court récit, mais il a été remis au curé Adolphe NOBELS de Hombeek par le Lieutenant belge Theodore GEETS, commandant de la Section "Mechelen" de l’Armée Secrète. Il est alors remis par Jean MERTENS de la Gijsbeekstraat à Hombeek, alors agent de NOBELS, à Achille OLIEU et sa sœur au 427 Avenue des Pagodes à Laeken où il revoit Soderberg. Ceci est confirmé dans le récit de Boyd. Ils restent chez eux du 15 au 28 août 1943. Seize aviateurs avaient déjà été cachés auparavant à cet endroit. Durant cette période, ils vont 24 heures chez Antoine DE WIT au 25 Rue De Wand à Laeken et J. COENEN au 23 de la même rue. Jean MERTENS (du Groupe MERTENS de Boortmeerbeek) se fait arrêter le 15 août et l'abbé Adolf NOBELS vient s'habiller en civil chez OLIEU et y séjourne du 15 au 16 août, avant de partir (le 12 septembre) pour l'Angleterre, via la France et l’Espagne. Il deviendra aumônier de la Brigade Piron.

Après ces 13 jours, Soderberg et Boyd sont remis le 28 août 1943 par Achille OLIEU à Mme Yvonne PIRA-VANDENBRANDE et à Arthur DEGROEVE, du 770 Chaussée de Gand à Molenbeek-Saint-Jean. DEGROEVE, qui avait été arrêté en octobre 1942, était parvenu à s’échapper, avait rejoint le maquis, mais fut repris à Namur le 18 juillet 1944 sur dénonciation.

Le rapport RAMP de Boyd, établi le 25 mai 1945 (ci-dessus), reprend le nom "Alphonse Van Camphout". Il s’agit en fait de Alfons VAN CAMPENHOUT, Bankstraat 109 à Hombeek-ANTWERPEN, qui est repris à la liste des Helpers belges et qui le loge du 2 au 14 août… Boyd confirme avoir été hébergé par Achille OLIEU, du 15 au 31 août… Il conclut en signalant qu’il s’est passé 36 jours entre son atterrissage et sa capture.


Donald Boyd et Wallace Soderberg en Belgique durant leur évasion
(cliché provenant des archives d’Alfons Van Campenhout)

Dans son récit, Boyd ne reprend pas les détails figurant aux paragraphes précédents. Il signale seulement que les aviateurs vont de "Ghent" à Rijmenam en passant par différentes caches, jusqu’à ce que onze d’entre eux soient prêts à partir vers l’Espagne. Il dit qu’ils voyageaient en tant qu’équipe de football, avec trois guides, le groupe parlant anglais, allemand et français. Tous disposent de faux papiers et sont revêtus d’effets civils. Un midi, le groupe monte à bord d’un train. Il ajoute que, décidant d’en descendre pour le lunch, on leur avait recommandé de ne pas se déplacer en groupe. Il mentionne un long boulevard, leur arrivée à un restaurant, leur passage aux toilettes à l’étage, décidant entre-temps de qui mangera à la même table que qui d’autre. Il termine en disant qu’à leur grande surprise, cinq ou dix minutes plus tard, une dizaine d’officiers de la Gestapo leur lancent "Hände hoch !" avant de les arrêter.

Parmi les noms des personnes qui l'ont aidé, Boyd se souvient encore de MOUSSET (Louis, de Berchem-Antwerpen OU Raymond, de Bruxelles ?) et de HANSON (Marc HANSON, 31 Boulevard Auguste Reyers, Schaerbeek ?).

Dans la page qu’il signe dans le MACR 3125, Donald Boyd précise qu’il a été arrêté le 4 septembre 1943, sur dénonciation de "some Frenchman". Il semble donc que ce soit en même temps que Soderberg pour lequel cette même date est annoncée.

Donald Boyd passera par le centre d’interrogation Dulag Luft à Oberürsel près de Frankfurt avant d’être interné au Stalag 17B (XVIIB) à Braunau-Gneikendorf, près de Krems, Autriche. Soderberg, étant officier, ira d’Oberürsel au Stalag Luft 3 à Sagan.

Merci à Franz Van Humbeek ( http://www.hangarflying.be) et Ward De Kempeneer ( http://users.skynet.be/hoembeka/) pour les renseignements qu’ils nous ont communiqués.


Cette photo de Donald Boyd en uniforme nous a été transmise par sa fille Linda que nous remercions ici.

Donald Boyd repose au Holy Cross Cemetery à Dansville, New York. La photo en couleur provient de sa nécrologie à http://hindlefuneralhome.com/tribute/details/461/Donald-Boyd/obituary.html#tribute-start


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters