Personne cachée jusqu'à la libération

Dernière mise à jour le 23 juin 2019.

Glenn Edward BRENNEKE / 39311090
3316 Northeast Tillamook Street, Portland, Oregon.
Né le 7 décembre 1919 à Burlington, Iowa / † le 15 septembre 1993 à Portland, Oregon.
S/Sgt, USAAF 96 Bomber Group 339 Bomber Squadron, mitrailleur arrière.
Lieu d'atterrissage: près du pont de chemin de fer à Luttre (Charleroi).
Boeing B-17F-BO Flying Fortres, 42-30412, QJ-B / "Mischief Maker II", abattu le 4 mars 1944, ennuis mécaniques puis une attaque de Me109s lors de la mission sur Berlin.
Écrasé à Glabais, au lieu-dit "Trou au sable" (près du cimetière), entre Waterloo et Genappe, Brabant wallon, Belgique.
Durée : 6 mois.
Camps : Porcheresse.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 3425. Rapport d'évasion E&E 1681 disponible en ligne

Howard Sakarias était photographe à bord de la Forteresse B-17 pilotée par le Lt Paul Herring, à bord de laquelle se trouvait Brenneke. Des chasseurs les prennent à partie et détruisent deux moteurs. Le B-17 perd de l’altitude et quitte la formation à hauteur de Kassel. Le pilote parvient à maintenir le contrôle jusqu’à ce qu’ils aient atteint la Belgique et donne l’ordre d’évacuer l’appareil, qui se trouve à environ 3000 m d’altitude. L’appareil est mis en autopilote et Herring est le dernier à sauter. Le B-17 continuera à voler avant de faire un atterrissage "en douceur" dans un champ à Glabais.


Le "Mischief Maker II" gardé par une sentinelle allemande (photo prise par la Résistance)

Le T/Sgt Robert E. Doherty, radio à bord de l'appareil ne cite pas le nom de Brenneke dans un texte à propos de cette mission, indiquant seulement que le Tail Gunner (mitrailleur arrière, donc Brenneke) était un remplacement et ne faisait pas partie de l'équipage habituel.

Outre Sakarias et Brenneke, quatre autres membres de l’équipage parviendront à s’évader, aidés par des citoyens belges et des membres d’organisations de la Résistance. Ils seront libérés par des troupes Alliées au début de septembre 1944. Il s’agit du pilote 1st Lt Paul Herring (rapport d’évasion E&E 1680), du copilote 2nd Lt Charles D. Beard Jr (E&E 1996), du navigateur 2nd Lt John W. Wilson (E&E 2012) et du mécanicien/mitrailleur dorsal T/Sgt George Goetz (E&E 1769).

Cinq hommes seront faits prisonniers : le bombardier 2nd Lt William D. Wood ; l’opérateur radio T/Sgt Robert E. Doherty ; l’assistant-mécanicien/mitrailleur droit S/Sgt Luigi Iacovello ; l’assistant-radio/mitrailleur ventral S/Sgt Walter C. Rich et le mitrailleur gauche S/Sgt Everett N. Johnson. On rapporte que deux membres de l'équipage atterrissent sur un aérodrome "près de Nivelles" et sont faits prisonniers. Il s’agit en fait de l’ancien aérodrome militaire de Nivelles, situé à environ 3 km du centre de la ville, près du village de Thines et dont l’emplacement fut transformé en 1957 en zone résidentielle.

Brenneke atterrit près du canal et du chemin de fer à Luttre, au milieu d'ouvriers. Il y a un peu de brouillard, et un des ouvriers distrait la sentinelle allemande qui est au pont, à 100 mètres. Ils l'habillent d'une casquette, d'une veste, d'un pantalon et d’une besace dans une baraque voisine. Maurice GIRLOT de Ways (Route Provinciale) l'emmène par les hauteurs de Luttre à travers champs jusque Liberchies, à 5 Km, chez Germaine GALLOIS, qui va chercher Raymond MAYART, qui connaît un peu d'anglais. Brenneke mange et fume en même temps, à peine remis de ses émotions. Il leur donne une photo et le secrétaire communal de Liberchies Lucien MERCIER lui confectionne une fausse carte au nom de Schmidt. MAYART lui explique comment rester loin derrière Maurice GIRLOT pour aller en vélo à un autre village, mais ils roulent cependant côte-à-côte.

Ils vont à Ways, 10 Km plus loin, avec Oswald BROWET, époux de Hélène MAYART. Brenneke loge deux jours chez les BROWET au 80 Rue du Centre à Ways et y est interrogé et identifié. Maurice et Antoine GIRLOT, 17 ans, le prennent en train jusque Baulers le lundi 6 mars et le remettent à un autre homme.

Brenneke est hébergé par le groupe de Georges AUQUIER, industriel membre de l'A.S. - Zone IV - 22/Z4 et aidant à l'évasion d'aviateurs via le Front de l'Indépendance.

Brenneke est cité par Rolande CRUSIAU épouse Albert STAS de la section de Émile ADAM du groupe G qui déclare avoir été le chercher chez Alphonse CHABOTEAUX (95 Rue de Ronquières à Braine-le-Comte) avec René HANQUET, tout comme vraisemblablement Marshall Crouch, James Dykes et William McGinley. Ils sont laissés un jour chez Émile ADAM à Gibecq (Silly). Rolande CRUSIAU pense sans pouvoir le confirmer qu’elle les a remis à Octave WERY à Bruxelles (Boulevard Maurice Lemonnier). Dans un courrier dans les archives de Comète, Melchior RESTEAU, 129 Rue de la Station, Braine-le-Comte, indique qu’il a aidé Crouch, Rosati, Paolantonio, McGinley, Dykes (chacun ayant une page sur ce site), ainsi que Howard Sakarias et Glenn Brenneke.

Venant d'un logement Rue d'Aumale à Anderlecht, Brenneke est amené par M. DELHAYE du 14 Rue Scheutveld chez Louise KNOPS, ("Lea", séparée de son mari, Miguel NAVARRO), qui l'héberge au 199 Rue de Flandre au centre de Bruxelles, près du Canal de Charleroi, d'avril à juin 44, avant d'être remis à Mlle Georgette SERVAIS, au 217 Avenue des Cerisiers à Woluwé-Saint-Lambert. Louise KNOPS, qui avait hébergé Sakarias par la suite, fut arrêtée par la Gestapo le 30 juin 1944, Sakarias échappant de justesse à la descente des Allemands. Détenue à la prison de Saint-Gilles, Louise KNOPS échappera à la déportation en Allemagne - affaire du "Train Fantôme" - 2-3 septembre 1944.

Les archives du groupe EVA mentionnent que Brenneke arrive à EVA via Mme FRANÇOIS-DUMON. Il est hébergé par la famille SERVAIS du 11 juin au 9 juillet 44, puis par Claire DE VEUSTER au 14 Rue Froebel à Bruxelles jusqu'au 11 juillet. Il part alors en vélo vers Namur avec Jacques BOLLE et Angèle LENDERS, qui l'accompagnent jusque Wavre. Brenneke rapporte qu’il a été ensuite guidé vers le camp de Beffe où il reste 2 semaines avant d’être transféré à celui de Porcheresse où il restera caché pendant 3 semaines. Il mentionne dans son rapport que de là, lui et d’autres évadés furent guidés à pied jusqu’à un autre camp, plus petit, tout près de la frontière française "à 30 km de distance" ( ?)…

Après un séjour d’une semaine, Brenneke et les autres sont libérés par une patrouille américaine du 102nd Cavalry Reconnaissance Squadron le 5 septembre 1944. Brenneke rentre en Angleterre le 7 septembre par avion.

La photo ci-dessous est de Gaston MATTHYS et montre des aviateurs alliés à "La cabane des chasseurs" au camp de Daverdisse-Porcheresse en août 1944 avec Émile ROISEUX, un refuge de l'opération Marathon au cours de laquelle les aviateurs alliés étaient rassemblés dans des camps dans les Ardennes belges et en France. Merci à Régis Decobeck pour cette photo, merci aussi à Marie-Claire-Roiseux-Vienne, fille d’Émile Roiseux, pour les photos de la cabane.


La cabane des Chasseurs au camp de Daverdisse en août 1944.


La cabane en 1978 et 1984.

Glenn Brenneke est enterré au Willamette National Cemetery à Portland, Oregon.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters