Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 16 février 2015.

John Wilson BURGIN / 34257794
Route #2, Quitman, Texas, USA
Né le 14 mai 1918 à Ashville, Caroline du Nord / † le 13 décembre 1979 dans un hôpital de Dallas, Texas
T/Sgt, 100 Bomber Group 350 Bomber Squadron, Mécanicien et mitrailleur dorsal
Atterri à 10 km au nord-est de Bilzen (vraisemblablement entre Zutendaal et Lanaken), Limbourg belge.
Boeing B-17 F Flying Fortress (Forteresse Volante), n° série 42-5867, LN-O / "Alice From Dallas", abattu le 17 août 1943, endommagé par la Flak lors d'une mission sur Regensburg.
Ecrasé à près de Langerlo, un peu au sud de Genk, Limbourg belge.
Durée : 4 mois
Passage des Pyrénées : le 13 décembre 1943

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 678. Rapport d'évasion E&E 314 disponible en ligne.

Le B-17 décolle de Thorpe Abbotts vers 06h00 du matin, heure anglaise et mène le second élément de l’escadrille volant sous le reste de la formation. En route vers l'objectif, il est attaqué vers 10h20 de front et par l'arrière, par des chasseurs allemands. Des obus détruisent l'aileron gauche et perforent l'aile en plusieurs endroits. Les moteurs fonctionnent toujours mais l'appareil devient incontrôlable et s'embrase et le pilote Roy Claytor donne l'ordre de l'évacuer.

Deux hommes perdront la vie : le mitrailleur arrière S/Sgt Edmund A. Musante, dont le parachute s'est pris dans le stabilisateur horizontal au moment où il a sauté, mort dans l'explosion de l'appareil ; le mitrailleur ventral Sgt William M. Hinton, probablement resté trop longtemps à bord pour aider Musante. Tous deux ont été inhumés le 20 août 1943 au cimetière de l’aérodrome de Sint-Truiden / Saint-Trond. La dépouille de William Hinton a été exhumée après la guerre et il repose à l’Ardennes American Cemetery à Neupré, près de Liège. Les restes d’Edmund Musante ont été rapatriés aux Etats-Unis (cimetière inconnu.)

Le navigateur 2nd Lt Oscar C. Amison Jr, le mitrailleur gauche S/Sgt Clifford Starkey et le bombardier 2nd Lt Kenneth R. Lorch seront fait prisonniers. Lorch ne le sera qu'après avoir échappé pendant huit mois à la capture. Il passe trois mois à Paris et se fera appréhender à Bordeaux, son hébergeur français étant ultérieurement exécuté par les Allemands.

Outre John Burgin (la présente fiche), quatre autres hommes parviendront à s'évader : le pilote Roy Claytor, son copilote Raymond Nutting, le mitrailleur Charles Bailey et le radio/mitrailleur dorsal William Quinn.

John Burgin, qui a une légère coupure au genou gauche provoquée par un éclat d’obus, saute à 3700 m et peut observer le déploiement des troupes allemandes qui attendent l'équipage au sol. Il perd son kit d’évasion en cours de descente et atterrit en lisière d'une forêt où un fermier l'attend. Ils cachent équipement et parachute dans un trou d'obus datant de mai 1940, près du Canal Albert / Albertkanaal. Un camion allemand passe sur la route proche et le fermier fait signe à Burgin de sortir de sa cachette dès que le danger est passé. L’aviateur fonce alors à travers la forêt et après 5 km, il se terre pendant trois heures dans un fossé au milieu d'une clairière. Il aperçoit une patrouille allemande s’approchant de sa cachette, un soldat allemand sautant par-dessus lui sans le voir. La patrouille s’éloigne et il reste tapi au même endroit de 10h40 à 19 ou 20h00 avant de se déplacer dans les bois. Il entend des chiens aboyer à distance durant toute la nuit.

Le 18 août après-midi, il arrive à une ferme en marchant vers le Sud et voit deux hommes au travail dans les champs. Il attend le départ de l’un d’eux avant d’accoster l’autre lui indiquant qu’il a soif. Le fermier lui ramène de la nourriture et du vin. Le fermier et son fils viennent le nourrir encore un jour et lui passent une boîte de survie d'un autre aviateur, son mitrailleur Charles Bailey, dont ils lui disent qu’il a été fait prisonnier, ajoutant que deux hommes viendraient le voir vers 21h00 avec des vêtements civils et un vélo.

Comme annoncé, les hommes arrivent et tous trois pédalent pendant environ 8km jusqu’à une maison où Burgin rencontre un aviateur américain "Mac ? nom à consonnance italienne du 94 Bomb Group ? également abattu le 17 août…" (Le seul Mac du 94 BG est le T/Sgt Arthur P. McDonnell, fait prisonnier ; Bruno Gallerani pourrait être le nom "italien" ???)

Selon des renseignements glanés par le chercheur Alain Rosseels dans un livre d’histoire locale - dont nous ne possédons pas les références - Burgin, caché dans la forêt de Waltwilder, près de Bilzen, aurait été pris en charge au matin du 18 août par Pieter THIJS et Nicolas LATHOUWERS, tous deux de Grote-Spouwen (respectivement de la Daalstraat et du 2 Kiezelweg dans cette localité). Les 2 hommes l’auraient amené à vélo chez Frans VAN GRONSVELD à Kleine-Spouwen, à quelques kms au sud-est de Bilzen. Chez VAN GRONSVELD, Burgin rencontre George Mikel, dont le B-17 avait été également abattu le 17 et était arrivé là peu auparavant. Il se peut donc que Mikel soit le "Mac" mentionné par Burgin dans son E&E ( ?). Selon le récit de VAN GRONSVELD, Burgin et Mikel restent "deux jours" chez lui avant que lui et un autre guide les mènent à vélo à Hasselt "dans l’après-midi du 19".

Arrivé à Hasselt, Burgin loge chez un couple pour la nuit et toujours selon le récit, VAN GRONSVELD aurait guidé Burgin (seul, apparemment) en tram le 19 août (plus vraisemblablement le 21…) depuis Hasselt jusqu’à Tongeren / Tongres d’où un autre tram les mène à Liège. Arrivés à Liège, ils entrent dans un café où ils rencontrent Rodolphe DEPELSENAIRE (du 15 Rue Jondry). Le reste du récit est identique aux détails du rapport E&E.

Burgin rapporte qu’à Liège, il rencontre un homme assez âgé et deux autres américains, un capitaine navigateur et un sergent, dont il n’a pas les noms (pour ce qui est du capitaine, il doit s’agir du navigateur Robert T. McNeely du B-17 n° 42-3435, fait prisonnier à Paris par la suite ; le sergent est en principe du même équipage, celui de 4 hommes pour lesquels nous avons une page sur ce site : James Berry, Kenneth Fahncke, George Mikel et Harry Richards.)

Le rapport de Burgin indique qu’ils (on suppose lui et les deux autres aviateurs) sont ensuite menés par le vieil homme en dehors de la ville chez Louis "SPINYAL" (SPINAYE ?) chez qui ils logent jusqu’au 22 août. Ce jour là, ils sont ramenés vers Liège par "Petit Pierre" (Pierre PETIT, de Verviers ?) et son épouse, une très jolie blonde. Il se confirme que John Burgin est pris en charge par Rodolphe DEPELSENAIRE (du 15 Rue Jondry à Liège). Ce dernier interroge Burgin sur son appareil, sa mission, etc. Satisfait des réponses de Burgin, DE PELSENAIRE lui avoue qu’il était déjà au courant des détails, car il en avait parlé avec son pilote Roy Claytor…

DEPELSENAIRE guide alors Burgin, toujours à Liège, au 12 Rue Adrien-de-Witte chez Emile MAWET, qui parle bien l’anglais et chez qui il reste jusqu’au 1er septembre. MAWET ramène alors Burgin, ainsi que George Mikel, chez Rodolphe DEPELSENAIRE et Burgin apprend alors que ce dernier est un agent de l’Intelligence Service (K19I). DEPELSENAIRE lui remet des faux papiers et héberge les deux aviateurs jusqu’au 29 septembre. Burgin ne reverra plus Mikel par la suite.

Le rapport de Burgin mentionne que durant son séjour chez DEPELSENAIRE il a rencontré :
* le professeur "SCHLECK", qui éditait le journal clandestin La Libre Belgique et utilisait des manuels d’ingénieurs pour faire parvenir clandestinement des photos aériennes [ Il s’agit du docteur Albert SCHLAG, du 133 Rue des Vennes à Liège, cité par Frans VAN GRONSVELD dans son récit, précisant que c’était SCHLAG qui approvisionnait Burgin en nourriture… ];
* Louis "SPINYAL" (SPINAYE ?), dont la spécialité était le vol dans des banques et les habitations de militaires allemands (il aurait ainsi dérobé 2 millions de FB dans une gare le 10 octobre, argent qui servit pour les aviateurs évadés et pour acquérir du matériel de sabotage); * Auguste SOLOMON, conducteur de train, qui transportait des diagrammes d’installations militaires allemandes d’un pays à l’autre ;
* Mr et Mme GILLIAM, cette dernière, parlant parfaitement l’anglais, fréquentait des officiers allemands pour leur subtiliser de l’argent et des documents militaires pour la Résistance. [GUILLIAMS, de Bettincourt ?]
* "VICTOR", chef de l’Intelligence Service à Liège [ ? Victor VAN DEN SANDE cité ci-dessous ? ];
* "LOUIS", arrêté par les Allemands pour avoir volé et distribué des tickets de ravitaillement ; emprisonné pendant 5 mois puis envoyé en Allemagne dans une école pour ouvriers dans l’aéronautique ; avait gagné 700 francs et s’était échappé ; repris, il s’est évadé de la prison et se trouve en septembre 1943 caché dans une forêt au sud de Liège.

Selon le récit de Frans VAN GRONSVELD, durant son séjour de 6 semaines chez les DEPELSENAIRE, Rodolphe l’amena chez un docteur à Liège (Charles KREMER) chez qui Burgin rencontra son bombardier Kenneth Lorch, son copilote Nutting et quelques autres aviateurs.

Le 29 septembre, DE PELSENAIRE ayant été dénoncé (il parviendra à s’en tirer), Burgin doit quitter la maison de ce dernier et il est alors placé chez le baron Marcel DE RUYTER au Quai Orban à Liège. Le rapport E&E ne donne pas d’indications sur la suite de son parcours après son passage chez DE RUYTER, mais nous savons que, via Charles et Clementine KREMER, 3 Rue des Prémontrés, il sera hébergé du 27 octobre au 22 novembre par Paul FREROTTE, un résistant du MNB, habitant "13 Rue de Mambourg" à Liège selon la liste des Belgian Helpers établie après la guerre en vue de l’attribution de récompenses. Marcel DE RUYTER et Charles KREMER seront arrêtés le 11 décembre 1943 et tous deux fusillés à la Citadelle de Liège en 1944.

John Burgin sera également guidé par Victor VAN DEN SANDE, habitant 13 Rue de Visé à Bressoux-Liège. Arrêté par la suite, VAN DEN SANDE trouvera la mort à 28 ans le 26 février 1945 au camp de Dora en Allemagne. Durant son séjour chez Paul FREROTTE, Burgin y retrouvera son copilote Raymond Nutting.

"Charlie" KREMER conduit Burgin et Nutting à une gare à Liège le 23 novembre, les remet à un autre homme, qui les remet à un autre plus loin, jusqu'à rencontrer Jeanne MACINTOSH et Aline DUMONT ("Michou") qui les prennent en région bruxelloise. Ils sont remis à François HANSSENS, 12 Tulpenlaan à Hal. [ Note : Jeanne MACINTOSH, qui habitait à Londres, était venue en visite juste avant le début des hostilités chez cet oncle garagiste et son épouse Marie. Vu l’invasion allemande et l’occupation du pays, elle n’eut pas l’occasion de rentrer en Angleterre. Robert GOFFAUX étant Résistant, Jeanne était entrée elle aussi dans le circuit, recueillant des informations militaires et, à partir de 1942, aidant des aviateurs dans leur évasion et les faisant parfois héberger chez son oncle Robert GOFFAUX au 107 Chaussée de Mons / Bergensesteenweg à Lembeek (Halle). Robert GOFFAUX et Jeanne MACINTOSH seront arrêtés le 10 décembre 1943 en même temps que deux aviateurs, Frank Andrews et Ronald Stokes (voir les pages de ces aviateurs) ].

Du 1er septembre au 15 octobre, Burgin note beaucoup de choses sur l'industrie liégeoise. Du 19 novembre au 1er décembre, il note encore les obstacles anti-char que les Allemands fabriquent avec des rails de chemin de fer.

Burgin passe ensuite en France, grâce à François BOURLARD de Frouennes et Georgette DIEU, d’Erquennes, tout près de la frontière. Burgin (vraisemblablement guidé en train depuis Bavay) indique qu’il est arrivé à Paris. Il est probable qu’il fait le voyage en train depuis Paris avec Nutting, arrivant tous deux à Bordeaux le 11 décembre à 5 heures du matin. Ils y sont rejoints par John Maiorca et James Elliott.

De Bordeaux, les 4 hommes prennent un train pour Dax où ils suivent leur guide vers des vélos, qu'une femme est occupée à préparer. Burgin et Nutting doivent suivre la femme, les deux autres suivant l'homme, et ils partent vers Bayonne. Hors de la ville, la guide les fait attendre et va chercher un pain. Il commence à pleuvoir à verse et ils sont vite trempés. Rejoints par les autres, Burgin et Nutting entrent dans un bois et y cassent la croute : du pain et du miel.

Les collines deviennent escarpées et ils doivent parfois marcher en poussant leurs vélos. Il pleut toujours et il fait froid. Après cinq heures, les guides font une seconde halte "pain et miel". Ils passent le long de nombreux groupes de forçats, encadrés par des soldats allemands. Après une solide montée, ils se laissent aller dans la descente mais doivent négocier un virage serré, où deux Allemands viennent en sens inverse. Burgin dérape à cet endroit et entre en collision avec ces deux soldats allemands qui l'aident à se remettre en selle. Le trajet dure 14 heures et la nuit tombe. Ils passent Bayonne et montent une colline. Ils arrivent enfin à destination et sont poussés vers l'étage de l'auberge Larre de Jeanne Marthe MENDIARA à Sutar, faubourg d’Anglet au sud de Bayonne. Après avoir ingurgité du pain et du lait chaud, ils vont dormir, exténués.

Le dimanche 12, les aviateurs se lèvent à 5 heures et partent rencontrer leurs guides basques. Ils abandonnent leurs manteaux qui risquent d'être trop pesants pour la journée de marche. Après une heure de marche avec le guide en direction des Pyrénées, ils quittent la route et entrent dans les broussailles. Juanito BIDEGAIN leur présente Michel ECHEVESTE qui les emmène vers les montagnes. Le terrain est détrempé, les branches les fouettent, les épines déchirent leurs vêtements et leur peau. La pluie recommence à tomber. Burgin a encore des pilules de benzédrine qu'il partage avec les autres.

Ils marchent tantôt sur le l'herbe, tantôt parmi des rochers. Ils passent un endroit dangereux (probablement la carrière de Pinodiéta). Le guide ne zigzague pas, allant droit devant lui. Les évadés sont bientôt couverts de boue suite à leurs glissades. Ils traversent une route lors d'une descente. Vers 15 heures, ils arrivent à une ferme où on leur donne du pain et du lait.

Ils attendent 17 heures pour se remettre en route. Au fond d'une vallée, ils traversent un ruisseau assez important à gué, de l'eau jusqu'à la taille. La pluie se transforme en neige. Vers minuit, ils arrivent à une ferme isolée. Ils y reçoivent du vin. C'est le dernier arrêt avant l'Espagne. Ils grimpent en haut d'une crête et redescendent, suivant un chemin boueux où leur marche est beaucoup plus aisée. Ils voient un petit village au fond de la vallée, les maisons blanches brillent comme des diamants (probablement Aïnhoa). Le guide va chercher un autre guide (probablement son frère Joseph Marie ECHEVESTE qui y travaille). Ils retraversent la route principale et contournent le village par les champs. Le clocher sonne trois fois. Il est trois heures ce dimanche 13 septembre 43. Ils se laissent dépasser par deux hommes qui les suivent. Ils arrivent dans un canyon étroit et voient une rivière (la Lapitxuri).

Les guides leurs disent que l'Espagne est de l'autre côté. La rivière fait dix mètres de largeur. Nutting traverse avec Burgin et ils parviennent de l'autre côté. Après le méandre, la rivière passe sous la grand-route au passage frontière de Dancharinea. Quand Maiorca et Elliot arrivent, les quatre aviateurs se rendent compte qu'ils sont seuls. Les guides sont partis, au lieu de les aider à contacter les consulats comme convenu. Il est 4h45 à la montre de Maiorca.

C'est le 79e passage de Comète, le premier par Souraïde vers Mikelen borda, avec les seuls guides de Juanito BIDEGAIN (Michel ECHEVESTE et son frère Joseph Marie).

Les évadés frappent à la porte d'une ferme (Mikelen borda) à 200 mètres. Un homme parlant espagnol leur montre une grange à foin, où une couverture pend au mur. Ils se dévêtissent et se roulent à quatre dans la couverture et le foin, sans pouvoir se réchauffer. A 8 heures et demi, le jour se lève et un vieil homme vient prendre leurs vêtements. Il revient une heure plus tard et leur fait signe de s'habiller. Ils le suivent alors dans une large pièce, sorte d'épicerie pleine de choses à vendre (Mikelen borda est encore une venta de nos jours). La table est mise pour quatre personnes.

Une femme leur sert des œufs et du lard, du café chaud et du pain. Ils reçoivent même une orange. Ils se promènent autour de cette ferme et le vieil homme leur dit alors de le suivre. Ils sont conduits au poste des gardes-frontière militaires à 500 mètres de distance, à Dancharinea.

Ils y donnent leurs noms, grade et matricule et d'où ils se sont échappés. Ils sont alors conduits à un endroit qui ressemble à Urdax (un ruisseau traversant le village), dans une auberge (le gîte rural habituel). Des maisons blanches, des rues boueuses. Ils prennent leurs repas dans une autre maison, avec deux Français, un Basque, des Espagnols et leurs deux sentinelles : de la soupe, des pois, des pommes de terre et quelques morceaux de viande, un verre de vin et un demi pain. Au matin, ils mangent des œufs et du pain avec du lait. Ils y restent jusqu'au jeudi, jour du bus hebdomadaire.

Le mercredi, Elliott peut parler au téléphone avec le consulat de San Sebastian et Maiorca peut signaler leur présence au consul américain de Bilbao.

Le jeudi 16 décembre, les 4 hommes suivent les deux soldats le long d'un chemin en lacet qui rejoint le hameau de Telleria en haut de la colline. Le bus est plein et ils vont s'installer sur des bancs de bois avec les deux Français. Ils passent le col de Otxondo et observent des soldats cantonnés et des camps de prisonniers politiques. Ils arrivent à Pampelune et attendent le train d'Irun durant trois heures. Deux petites voitures Panhard à voie étroite du Txikito Tren les emmènent à Irun en trois heures de route.

Cela fait 7 mois que Nutting ne connaît plus que le black-out, et les lumières le fascinent. Leurs gardes les conduisent au QG de l'armée espagnole. Il est étonné de voir deux officiers allemands en uniforme passer près d'eux, dans un pays soi-disant neutre. Ils sont alors conduits dans une maison transformée en prison.

Tout comme Nutting, John Burgin arrive à Madrid le 30 décembre, y est interviewé et parvient à Gibraltar le 31 décembre 1943. Ils y sont questionnés par Donald Darling et quittent Gibraltar en avion le 4 janvier 1944, arrivant le même jour à Bristol en Grande-Bretagne.

John W. Burgin repose au Concord Cemetery près de Hainesville, au sud de Quitman, Texas.

Pour davantage de détails sur la mission elle-même, voir à https://100thbg.com/index.php?option=com_bombgrp&view=macr&id=13&Itemid=394 et >


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters