Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 19 juillet 2012.

Edgar Alfred COSTELLO-BOWEN / 46332 et 10559
Paignton, Devon, Angleterre
Né en 1913 / † 09 août 1943.
Fl/Lt, RAF 105 Squadron, Pilote.
De Havilland Mosquito B Mk IV, DK297, GB-O, abattu le 25 août 1942 lors d'un raid sur une centrale électrique à Brauweiler.
Ecrasé dans des sapins près de Westmalle (prov. d'Anvers), après avoir heurté une ligne à haute-tension.
Durée : 3 ½ semaines
Passage des Pyrénées : le 23 septembre 1942.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion 3310/SPG 868 (incomplet).

Des deux occupants du Mosquito, sonnés par l’atterrissage brutal, c’est Thomas Broom qui le premier reprend ses esprits, ranimant son pilote blessé. Ce n’est qu’après avoir un peu marché que Costello-Bowen se rend compte qu’il a une jambe sérieusement coupée et tordue. Les deux hommes vont se réfugier dans un bois et observent de loin des belges examinant avec curiosité les débris de leur appareil.

A l’aide de leur boussole, Broom et Costello-Bowen se dirigent vers le sud-ouest, ce dernier se déplaçant avec difficulté, d’autant plus qu’il avait perdu ses chaussures dans le crash. Après quelques heures, ils tombent sur un ensemble de constructions et se cachent à proximité jusqu’à ce qu’ils voient une infirmière déboucher de l’un des bâtiments. Broom l’approche et lui explique la situation. Elle leur dit en anglais qu’ils se trouvent au Sanatorium "Lizzie Marsily" près de la Oude Liersebaan à Sint-Antonius (Westmalle) , un établissement que les Allemands avaient fouillé plus tôt dans la soirée. Elle les fait entrer, permettant ainsi à Costello-Bowen d’être soigné.


Le complexe "Lizzie Marsily" dans les années 1920 (appelé "De Dennen" depuis 1988).

Alors que des plans sont préparés pour les amener à Anvers, on leur apprend le 26 mai que le maire de la localité a été arrêté par les Allemands. De plus, aucun vêtement civil n’est disponible et on conseille donc aux aviateurs de quitter le sanatorium. Ils se trouvent sur la route à moins d’1km environ lorsqu’ils sont rejoints par le Docteur Etienne DEBAUDT, qui leur apprend que des vêtements ont finalement été trouvés.

Le 29 août, l’infirmière va les chercher dans leur cachette dans un bois de sapins proche et les introduit auprès d’une jeune femme rousse "Michelle" (Peggy VAN LIER), qui leur apporte par la suite des chaussures et des vêtements avant de les emmener à Anvers par le tram. Ils passent la nuit chez la sœur de "Michelle", mariée à un docteur, qui soigne la jambe et le pied de Costello-Bowen.

Thomas Broom est passé chez Carl SERVAIS, au 28-30 Rue Stevens Delannoy à Laeken -Bruxelles, qui signale Costello du 30 au 31 août chez lui, avec Broom. Marguerite VAN LIER déclare que Mme Ch. VAN LANGENDONCK, et secrétaire de ROBERTS-JONES, loge les aviateurs Edgar Costello-Bowen et Thomas Broom au 90a Boulevard de Waterloo à Bruxelles.

Le lendemain, elle les conduit à Bruxelles dans une maison où ils rencontrent Kazimierz Rowicki et Arthur Fay. Ils y restent deux jours et sont photographiés, tout en changeant de maison. Ce doit être chez Carl SERVAIS, du 28-30 Rue Stevens Delannoy à Laeken, qui signale Costello du 30 au 31 août chez lui, avec Broom. Marguerite VAN LIER dit que Mme Ch. VAN LANGENDONCK du 90a Boulevard de Waterloo, et secrétaire de ROBERTS-JONES, loge les aviateurs Edgar Costello-Bowens et Thomas Broom à Bruxelles.

Le 02 septembre, , les deux hommes, auxquels se joignent Arthur Fay et Kazimierz Rowicki, partent en train pour Paris, guidés par Marguerite VAN LIER. Selon le rapport d’évasion de Costello, Albert "Bee" Johnson les accompagnait également. Il y eut un contrôle dans le train juste avant Lille, mais tout se passa bien.

Le 06 septembre, les trois autres partent alors que Costello-Bowen reste deux semaines et trois jours sous la protection d'un "M. Paul" (Frédéric DE JONGH) à cause de l'état de sa jambe. Sa résidence était près de la station de métro Duroc (Rue Vaneau, Oudinot, de Babylone, etc.), et il y reçoit une nouvelle carte d'identité.

Le 20 septembre, il quitte Paris avec deux femmes (Andrée DE JONGH et Jeanine DE GREEF), Ralph Van den Bok, Anton Wasiak et Jack Cope. Ils reçoivent aussi des tickets pour Saint-Jean-de-Luz à Bayonne, de la mère de Jeanine (Elvire DE GREEF ("Tante Go") et d'un Anglais ("Bee" Johnson), afin de ne pas paraître venir de Paris.

Costello-Bowen loge chez Ambrosio SAN VICENTE au 7 Rue Salagoïty. Les quatre évadés partent pour l'Espagne le 22 au soir. Ils se rassemblent dans une ferme : les quatre aviateurs, les deux femmes. C'est le 23e passage de Comète, par la route classique de la Bidassoa.

Andrée DE JONGH et un guide basque les aident à passer en Espagne. A 05h00 du matin le 23, ils arrivent à une ferme où ils se reposent pendant que DE JONGH va à San Sebastian chercher une voiture qui vient les prendre après 20 heures. Là, ils logent chez Federico ARMENDARIZ au 2e étage du 3 Calle de la Marina, près de la Concha, la plage de San Sebastian.

Le 24, le consul de Bilbao leur dit qu'ils partiront pour Madrid le lendemain. Ils restent trois jours à Madrid et se rendent alors à Gibraltar en train sous l'escorte d'un policier espagnol. Ils sont logés quatre jours à Gibraltar et en sont rapatriés par avion le 02 octobre , atterrissant à Mount Batten en Angleterre le 3. Edgar Costello-Bowen est interrogé à Londres en GB le 04 octobre 1942.


Costello-Bowen et Tommy Broom à Swanton Morley en 1940.

Edgar Costello-Bowen a obtenu le grade de Squadron Leader. Décédé le 09 août 1943 en tant que passager lors d’un vol d’essai à bord du Lockheed Ventura AJ454 (EG-G) du 487 Sqn. Il repose au Marham Cemetery, Norfolk, Royaume-Uni. Pour des détails concernant ce crash, voir à la page 93 (si vous le lisez en ligne, c'est la page 85) du site australien http://www.awm.gov.au/catalogue/research_centre/pdf/rc09125z008_1.pdf

- Voir également la page sur l’accident de Broom et Costello-Bowen avec le Blenheim T1884 du 105 Squadron, le 27 novembre 1940 : http://www.peakdistrictaircrashes.co.uk/pages/peakdistrict/peakdistrictt1884.htm


Mot de remerciement dans le carnet de Ambrosio San Vicente.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters