Personne capturée durant son évasion

Dernière mise à jour le 2 avril 2016.

Marshall Combs CROUCH Jr. / O-744050
614 Connecticut Avenue, Rock Springs, Wyoming.
Né le 2 octobre 1918 à Casper, Wyoming / † le 26 août 1975 à Fairbanks, Alaska, USA.
1 Lt, USAAF 392 Bomber Group 579 Bomber Squadron, navigateur.
lieu d'atterrissage : non loin de Waterloo.
Boeing B-24 Liberator, 42-7484, GC-L / "Sally Ann", abattu par des chasseurs FW 190 le samedi 29 janvier 1944 vers 12h30-13h00 lors d'une mission sur Francfort.
Atterrissage forcé (crash où il explose) tout près de Waterloo, derrière la ferme de Mont St Jean.
Durée : 7 semaines
Capturé : vers le 15 mai 1944 dans les Pyrénées.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 2548.

Le B-24 décolle de Wendling à 08h00 pour cette 10ème mission de l'équipage. Alors qu'il survole la côte, deux de ses turbo-compresseurs tombent en panne et, s'éloignant de la formation, il est attaqué par des chasseurs. L'aile gauche est détruite de même que la conduite de carburant au moteur n°4. Du fuel se déverse par la soute à bombes alors que celles-ci sont larguées, l'appareil faisant demi-tour vers l'Angleterre à une altitude de 1.850 m seulement.

Il est impossible pour le mécanicien William Mattson de stopper la fuite et comme le B-24 est menacé d'une nouvelle attaque de chasseurs, le pilote, 1Lt John Stukus, plonge sous la couverture nuageuse à environ 800m. Les chasseurs passent par-dessous les nuages et, lorsque cette protection disparaît, ils attaquent à nouveau le bombardier. Une explosion dans la soute à bombes en propulse les portes jusque dans le compartiment radio, le système hydraulique lâche et le pilote donne l'ordre d'évacuer l'appareil.

Le 1Lt John Stukus (pilote) et le 2Lt John E. Moffat (copilote) sont immédiatement fait prisonniers par les Allemands stationnés au Lion de Waterloo. Le navigateur 2nd Lt Ronald R. Lindlow et le bombardier 2nd Lt Lester E. Gentry sont tués par des coups directs dans le cockpit. Lindlow repose au Golden Gate National Cemetery à San Bruno en Californie, mais le corps de Gentry n'a jamais été retrouvé et son nom figure aux tablettes du Mur des Disparus au cimetière américain de Cambridge en Angleterre. Le reste de l'équipage est un temps officiellement déclaré manquant en action. En fait, parmi les autres survivants qui réussissent à éviter la capture, quatre seront "libérés" en septembre 44 : William McGinley, Anthony Paolantonio, Joe McCrary et Louis Rosati.

William Mattson, quant à lui, passera en Espagne via les Pyrénées. Marshall Crouch (la présente fiche) et James Dykes, eux, d'abord évadés, seront fait prisonniers ultérieurement, ce dernier échappant à l'emprisonnement dans un camp en Allemagne (voir sa page).

Crouch, Dykes, Rosati, McGinley et Paolantonio, après avoir été cachés à Nivelles chez Édouard alias "Coco" PARDONCHE (fils de Camille PARDONCHE, tous deux résistants bien connus de l'endroit), ont été acheminés par Edouard ainsi que par son beau-frère Paul JOSSIEAUX et par Henri VOITURON pour être conduits à Feluy (Seneffe) au 15 Rue Victor Rousseau, chez Henri OTS et son épouse Victorine, où ils sont restés cachés du 12 au 26 février 1944.

Crouch est hébergé par le groupe de Georges AUQUIER, industriel membre de l'A.S. - Zone IV - 22/Z4 et aidant à l'évasion d'aviateurs via le Front de l'Indépendance.

Crouch est cité par Rolande CRUSIAU épouse Albert STAS de la section de Emile ADAM du groupe G et elle l'aurait emporté de chez Alphonse CHABOTEAUX de Braine-le-Comte (95 Rue de Ronquières) avec René HANQUET, de même que vraisemblablement Glenn Brenneke, James Dykes et William McGinley. Ils sont laissés un jour chez Émile ADAM à Gibecq (Silly) – la liste des Helpers belges reprend seulement un Arthur ADAM dans cette localité… Rolande CRUSIAU pense bien les avoir remis à Octave WERY (Boulevard Maurice Lemonnier) à Bruxelles.

Mlle Gisèle VAN VYVE guide Crouch de Ninove à Bruxelles, en tram vicinal jusqu'à la Place de la Duchesse à Molenbeek. Il arrive ainsi chez EVA via René PONTY, qui l'héberge du 29 avril au 2 mai 44 au 18 Rue du Cadran à Saint-Josse, avant de le remettre à Gaston MATTHYS. Il passe la nuit du 2 au 3 mai chez Yvonne BIENFAIT à Schaerbeek.

Marshall Crouch part pour Paris le 3 mai 44 avec Jacques BOLLE, Henri NYS et Félix BECQUEVORT. Il semble alors quitter le réseau Comète et est fait prisonnier et se retrouvera au Stalag Luft 3 à Sagan en Pologne.

Selon Marie-Eugénie JADOUL, Marshall Crouch a été arrêté en Espagne et d'abord envoyé à Buchenwald. Effectivement, après son arrestation dans les Pyrénées, il y est envoyé parmi ces 168 aviateurs alliés qui furent libérés de ce camp sur ordre de Göring. Transféré avec les autres au Stalag Luft 3 à Sagan (Pologne occupée) il sera libéré le 27 avril 1945 dans le camp où les prisonniers avaient été évacués peu avant. Après sa libération, et selon une mode venue tout droit du Far-West, il prit une jeep, un pistolet et un lasso et retourna dans le Sud de la France, sur son lieu d'arrestation où il avait été trahi par un gendarme. Il le ramena ligoté en ville pour y passer en justice.

Merci à notre ami, le regretté Régis Decobeck de Waterloo pour ses renseignements.


Debout : Dykes, McGinley, McCrary, Rosati, Paolantonio, Mattson
Devant : Gentry (bombardier), Stukus (pilote), Moffat (co-pilote), Lindlow (navigateur).

Des membres de cet équipage cachés à Nivelles avec de gauche à droite : Dykes, Paolantonio, Rosati, McGinley, Edouard Pardonche et Crouch.
La photo a été prise dans la cour du garage Pardonche, à l'arrière du n°1 de la Rue du Mont-Saint-Roch.

Crouch chez René Ponty le 01 mai 1944. Outre Ponty et Marie-Eugénie Jadoul, la jeune fille à l'extrême gauche est Gisèle Van Vyve.
Elle l'a guidé en tram depuis Ninove et est parente de Albert Van Vyve, un évadé de Comète.
On voit également la mère et la fille de René Ponty.


Carte de prisonnier de Marshall Crouch attestant de son départ de Buchenwald le 19 octobre 1944.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters