Personne capturée durant son évasion

Dernière mise à jour le 19 septembre 2017.

Kenneth H. DOBSON / 31159023
72 Linden Street, North Andover Town, Essex County, Massachusetts, USA
Né le 27 novembre 1916 dans le Massachusetts / † le 2 octobre 1972 dans le Massachusetts, USA
T/Sgt, USAAF 390 Bomber Group 569 Bomber Squadron, bombardier/togglier.
Lieu d'atterrissage : près de Rochefort, province de Namur, Belgique.
Boeing B-17 G-BO Flying Fortress - 42-31466 - CC-A / "Sitting Pretty", abattu par des chasseurs lors de la mission du 29 mai 1944 sur Leipzig.
Atterrissage forcé vers 15h30 près de Rochefort, province de Namur, Belgique.
Durée : 4½ mois
Camps Marathon : Villance – capturé par les Allemands en s’échappant du camp le 7 septembre 1944.

Informations complémentaires :

Le Missing Air Crew Report relatif à la perte de cet appareil : MACR 5314. Kenneth Dobson n'a pas établi de rapport d'évasion car il a été arrêté. Son Rapport RAMP a été établi le 2 mai 1945 après son retour de captivité.

Le "Sitting Pretty" n'était pas l'avion habituel de l'équipage du pilote Lt Wallace Shymanski . L'équipage du "Sitting Pretty" ce 29 mai 1944 était composé de : 1st Lt Wallace E. Shymanski, pilote ; 2nd Lt Vernon Montrose, copilote ; T/Sgt Kenneth H. Dobson, bombardier ; 2nd Lt Gordon Grip, navigateur ; S/Sgt Thomas Sanderson, opérateur radio ; S/Sgt Alexander Engelman, mitrailleur dorsal/mécanicien ; S/Sgt Paul Goodling, mitrailleur ventral ; S/Sgt Solomon Goldstein, mitrailleur latéral gauche ; S/Sgt Maynard Peterson, mitrailleur latéral droit ; S/Sgt David Sullivan, mitrailleur de queue.

L'appareil est touché, la queue est fortement endommagée et la jauge de carburant est très basse. Comme il est illusoire de penser qu'il puisse ramener son avion en Angleterre, le pilote décide de faire un atterrissage forcé.

Tous les membres de cet équipage furent d'abord recueillis par le maquis de Rebais (Alle/Vresse-sur-Semois), puis pris en charge le 2 juin par Jean MARTIN, de Lessive. MARTIN les remit le 30 juillet à Guy NICAISE qui les garda dans des bois à proximité.

En juillet 1977, David Sullivan retrouve l'un de ses helpers, M. Raymond DEGEYE, au château de La Mambore, du camp de Villance. Ils y évoquent ci-après leurs souvenirs.

L'atterrissage sur le ventre du B17 a lieu à Wanlin, au lieu-dit La Briqueterie, près de Ciergnon. Les dix hommes, tous sains et saufs, se cachent dans les bois avoisinants sans savoir dans quel pays ils se trouvent car les instruments de bord ont été détruits. En moins de cinq minutes, les Allemands arrivent sur le lieu du crash qu'ils quittent en fin de journée en laissant un garde sur place. A la tombée de la nuit, les aviateurs quittent leur cachette et se dirigent sud-sud-ouest. Par chance, ils rencontrent des membres de la Résistance qui assurent leur sécurité.

C'est ainsi que Guy NICAISE, surnommé "The Shadow" les cache au pavillon de chasse du Chêne Hébran situé dans le domaine royal du château de Ciergnon, en pleine forêt domaniale. La baronne Béatrice van der STRATEN-WAILLET (future Comtesse Charles-Emile d'Oultremont) pourvoit à leur subsistance. Sur l'un des murs du pavillon de chasse, Guy NICAISE dessine, à la craie de couleur, une forteresse volante B17 et y inscrit les noms des aviateurs qui y furent cachés. Le roi Léopold III ainsi que son fils, le roi Baudouin veillèrent à conserver le dessin et les inscriptions.


Le pavillon de chasse du Chêne Hébran.

Par la suite, David Sullivan et Kenneth Dobson sont hébergés par Florent HENROT dans une grange, à Chanly avant d'être évacués vers une colline boisée au lieu-dit Croix de Jeumont où ils restent près d'une semaine. Paul HERMAN et Raymond DEGEYE leur y viennent également en aide.

Camile BERNIER de Lavaux-Sainte-Anne les conduit ensuite à un pavillon de chasse, aux Solins, avec six autres aviateurs de leur équipage.

Les rapports d'évasion de Vernon Montrose et Wallace Shymanski seuls renseignent les noms de leurs helpers, sans préciser les dates d'intervention :

Nous ne possédons qu’une seule page du rapport RAMP de Dobson, celle qui reprend les noms de (certains de) ses helpers :

Nous ne possédons qu’une seule page du rapport RAMP de Dobson, celle qui reprend les noms de (certains de) ses helpers :


Dobson y mentionne en 4ème position Mr et Mme Robert BANGERTER chez qui il a logé pendant 1 mois, au 71 Rue de la Victoire à Saint-Gilles, Bruxelles. R. BANGERTER est bien repris à cette adresse et comme négociant en vins, dans l’Almanach de la Ville de Bruxelles pour 1939. La liste des Helpers belges établie après le conflit ne reprend pas de BANGERTER. Nous n’avons aucun moyen de vérifier, mais pensons que Dobson aurait pu être séparé des autres à l’un ou l’autre moment, pour être amené à Bruxelles avant de retourner vers le sud (???)

Nous retrouvons dans son RAMP les noms de NICAISE et VAN DER ELST cités par Montrose et Shymanski. Yves VAN DER ELST et son épouse habitaient la Villa "La Boscaille" à Lessive (Éprave) et Dobson indique que le couple lui a fourni de la nourriture et des cigarettes du 1er juillet au 30 août. Il indique que Guy NICAISE lui a procuré de la nourriture, du logement et des vêtements du 4 juin au 5 septembre. Dobson mentionne également Joseph HAKIM pour fourniture de nourriture et cigarettes sur la même période. Citoyen américain, Joseph HAKIM, époux de Jeanne, née en Belgique et pianiste de concert, ainsi que leurs sept enfants vivaient à Anvers/Antwerpen (6 Arthur Goemaerelei) lors de l’invasion allemande en 1940 et le ménage alla se réfugier à Éprave chez la mère de Jeanne. Dans un article de 1999 de l’AFEES (Air Forces Escape & Evasion Society) reproduit en couverture à http://airforceescape.org/wp-content/uploads/2014/08/December-1999.pdf la famille HAKIM et son rôle dans l’évasion des membres du "Sitting Pretty" sont évoqués. La mention de bouteilles de vin que les aviateurs purent trouver chez un voisin, ami des Hakim, semble indiquer qu’il s’agissait des BANGERTER, ayant vraisemblablement quitté Bruxelles eux aussi. Ici aussi, pure conjecture de notre part… La mention en fin d’article d’une marche de deux jours vers la côte effectuée par les 10 aviateurs de l’équipage et leur prise à bord d’un sous-marin est erronée, tous ayant été cachés dans les camps Marathon dans les Ardennes belges.

Dans une lettre du 3 janvier 1946, le MI-X adresse une lettre à Kenneth Dobson lui communiquant les noms et adresses de personnes en Belgique ayant attesté lui avoir apporté de l’aide durant son évasion.


Selon les archives de Comète, le 25 août 1944, NICAISE remit les dix aviateurs à Raymond VAN MOERKERKE, de Wellin, guide du camp "Marathon" de Villance. Ils sont alors conduits au château de La Mambore situé à Villance-Maissin-sur-Lesse, où ils rejoignent dans les dépendances, une quinzaine d'autres aviateurs.


Le château de La Mambore, Villance.

Le 7 septembre, une alerte oblige tous les aviateurs du camp à s'égailler dans les bois pour échapper aux allemands et tous parviendront à s'échapper, sauf quatre évadés dont le bombardier Kenneth Dobson qui sera capturé par les Allemands au matin du 8 septembre, en compagnie de Austin Dunning, James Toole et Ralph Burckes.

Kenneth Dobson sera interné au Stalag Luft 4 à Gross Tychow/Tychowo, en Pologne.

Le lendemain, tous les autres aviateurs de cet équipage furent libérés par les troupes américaines et ramenés en Angleterre.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters