Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 6 mars 2014.

Arthur Edward FAY / R61629
Lebret, Saskatchewan,Canada.
Né le 26 décembre 1920 / † le 30 janvier 2002 à Westbank, British Columbia, Canada.
Fl/Sgt RCAF, RAF Bomber Command 78 Squadron, opérateur radio. Atterri près de Itegem, à environ 5 km au nord d’Heist-op-den-Berg, Province d’Anvers / Antwerpen, Belgique.

Handley Page Halifax Mk II, n° série, W1061, EY- ? abattu la nuit du 11 au 12 août 1942 lors d'une mission sur Mainz, endommagé par la Flak puis par la chasse allemande (crédit de victoire partagé entre l’Oblt Bietmann et l’Uffz Reinicke du 5./NJG 1).
Ecrasé à 01h30 à Wommelgem, près d'Anvers/Antwerpen, Belgique.
Durée : 4 semaines.
Passage des Pyrénées : le 9 septembre 1942.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3311/973.

Le Halifax décolle vers 21h00 de Middleton-St George et, après le largage des bombes, il est atteint par des tirs de la Flak au-dessus de Köln / Cologne, alors qu’il vole à une altitude d’environ 3000 m. Un moteur gauche, touché, arrête de fonctionner et prend feu ; un moteur droit s’arrête également, l’interphone est coupé, de même que le circuit électrique. Le nez de l’appareil est enfoncé, le pilote informe l’équipage qu’il pense que ses commandes ne répondent plus et tous se préparent à évacuer l’appareil. Le pilote William Lunan tente d’éteindre l’incendie à bord et y parvient presque, l’avion étant descendu à environ 600 m du sol. Il réussit à maintenir le Halifax en vol sur deux moteurs et comme l’altitude peut être maintenue, il pense pouvoir tout de même rejoindre l’Angleterre. Après une vingtaine de minutes, un chasseur allemand l’attaque et touche l’aile gauche, une deuxième passe 5 minutes plus tard balaie le fuselage. Le pilote fait alors signe à Arthur Fay de prévenir les autres qu’ils doivent sauter.

Fay donne le parachute à son pilote, va prévenir les autres à leurs postes et saute devant le copilote alors que l’aile du Halifax brûle furieusement. Deux hommes trouveront la mort : le pilote WO2 William Everett Lunan - RCAF et le mécanicien Sgt Francis Alfred Scotland. Ils reposent tous deux au cimetière du Schoonselhof à Anvers / Antwerpen, Belgique.

Quatre autres seront faits prisonniers : le copilote Sgt J. R. Dickinson, le navigateur F/S Leslie C. Jupp- RCAF, le bombardier Sgt J. K. Howes - RCAF et le mitrailleur arrière Sgt J. H. Wyatt.

Arthur Fay, dont c’est la 24ème mission, saute d’environ 300 m vers 02h30 heure anglaise et atterrit en terrain découvert, se foulant légèrement la cheville. Il enterre son parachute et sa Mae West, marche durant environ 2 heures en direction du nord et se cache dans un bois où il se repose. Vers 10h00 au matin du 12 août des enfants le trouvent et vont chercher leurs parents. Ceux-ci arrivent sur place lui apportant de la nourriture et lui indiquant une meilleure cachette provisoire. La nuit suivante, ces gens le logent chez eux, à l’abri de la pluie. Vers 23h00 ils lui présentent un instituteur qu’ils ont été chercher et Fay accompagne ce dernier à vélo vers une ferme, récupérant son parachute en chemin.

Fay est amené par l'instituteur "Bert" chez un fermier, "HERMANNS". [la liste des Helpers belges reprend un seul Jan HEREMANS, Bos 69 (Bosweg) à Heist-op-den-Berg]. Du 12 au 14 août 1942, Fay reste dans cette ferme. "Bert" le conduit le 14 août à Heist-op-den-Berg même pour y recevoir des vêtements civils, d'un homme que "Bert" appelle "Chief" [ Nous pensons qu’il s’agit de Richard BASTIJNS, du 221 Bergstraat, Heist-op-den-Berg; employé, membre de Comète, secteur Ugeux-Dumon, sous-section NOBELS; arrêté le 2 novembre 1943 et décédé le 8 février 1945 au camp de Gross-Rosen.] Le 15 à 5 heures du matin, le "chief" le conduit à vélo à Malines (Mechelen). De là, il est guidé en train vers Vilvoorde. L'aumônier Adolf NOBELS, qui habite à Hombeek près de Malines, l'y attend, et le conduit à Vilvoorde loger chez sa sœur pour deux jours avant de l’envoyer à Bruxelles. Aldof NOBELS est chef d'une section de Luc pour le Père Hendrickus VAN OOSTAYEN. Fay est le premier aviateur qu’il aide à s’évader.

Le 17 août, Fay arrive chez Achille OLIEU, près d'un grand parc à Bruxelles (au 416 avenue des Pagodes à Laeken, le parc est celui du château royal). Lieutenant de réserve et membre de l’OMBR (Organisation Militaire Belge de Résistance), Achille OLIEU est en contact avec Arthur DE GROEVE (du 770 Chaussée de Gand à Molebeek – arrêté par la suite le 9 octobre 1942, évadé puis repris le 18 juillet 1944 – agent des Groupes Marc, JAM et Comète.) C'est Achille OLIEU qui va chercher Fay au 43 Vlaanderenstraat / Rue de Flandres à Vilvoorde chez Fernand VERHAEREN auquel l’avait confié Adolf NOBELS.


Photo prise en août 1942 chez les OLIEU. De gauche à droite, la fille d’Achille, Achille OLIEU, Arthur FAY, la
sœur d’Achille OLIEU. (Source : merci à Filip Doms de l’Association du Onafhankelijkheidsfront / Front de
l'Indépendance – Mechelen / Malines qui nous a transmis cette photo, qui provient de Laurie Pettman, la fille
d’Arthur Fay. A noter qu’au verso de la photo un séjour de 2 semaines chez les OLIEU est mentionné…)

Après une semaine, Fay est déplacé chez un mécanicien radio. Ce doit être Carl SERVAIS, du 28-30 Rue Stevens-Delannoy à Laeken, qui signale Fay du 24 août au 02 septembre chez lui, avec un Polonais nommé "Casimir" du 25 août au 2 septembre. A noter que dans son rapport d’évasion, Fay indique qu’il est parti vers Paris le 26 août.

Le 26 août, donc, Arthur Fay, prend le train pour Paris avec le groupe de ("Casimir") Kazimierz Rowicki, Thomas Broom, Edgar Costello-Bowen, lui-même et une guide appelée "Michelle" (Marguerite VAN LIER). Costello-Bowen signale un contrôle dans le train juste avant Lille. De Lille, le groupe monte alors à bord d’un train à destination de Paris.

Arrivé à Paris, Fay reste 4 jours chez "Paul" (Frédéric DE JONGH) en Val de Marne, à quelques km au sud-est de Paris, à la villa de Saint-Maur-des-Fossés, louée pour lui par Elvire MORELLE.

Il part alors en train le 2 septembre vers Bordeaux avec Rowicki, Broom, Errol Price, un(e) guide et Frédéric DE JONGH. A Bayonne, un femme monte dans leur train, accompagnée de Albert "Bee" Johnson, et leur fournit des tickets pour Saint-Jean-de-Luz. Les évadés restent chez Ambrosio SAN VICENTE et Maritxu ANATOL au 7 Rue Salagoïty, près de la gare de Saint-Jean-de-Luz, jusqu'au 05 septembre. Ce jour-là, vers 09h30, ils partent alors avec un guide basque et Johnson jusqu’à une ferme près de la frontière franco-espagnole.


Mot de remerciement de Fay dans le carnet d'Ambrosio San Vicente.

Repas au 7 Rue Salagoïty.

C'est le 22e passage de Comète par la route classique via la gare minière de San Miguel sur la Bidassoa. Leurs guides pour la traversée des Pyrénées sont Bee Johnson et Florentino Goïcoechea. Le 6 septembre, le groupe est intercepté par des douaniers espagnols qui ouvrent le feu.

Personne n’est touché, mais Fay et Price sont pris, les autres parvenant à s'échapper. Fay avait trébuché et glissé sur la voie du train Txikito. Les deux hommes passent la nuit dans un poste (probablement la gare de San Miguel) et sont envoyés le 07 à Irun à la mairie, où ils restent une semaine dans de mauvaises conditions. Etant donné les difficultés linguistiques, ils n'y sont interrogés que sur leur identité.

Le 15 septembre, Fay et Price partent pour Miranda, où on les interroge le lendemain plus en profondeur sur leur unité, type d'appareil, l’objectif de leur vol, comment ils furent abattus, et sur leur assistance à l'évasion. Fay se limite à répondre par l’affirmative à la seule question de savoir s’il avait été abattu et fait prisonnier par l’ennemi et ne donne aucun autre détail. C’est ensuite un agent de la Gestapo se faisant passer pour un prisonnier australien qui les interroge. Il est décrit comme petit, roux, portant lunettes. Un autre gestapiste est habituellement accompagné d'un chien. L'attitude des questionneurs devient finalement de plus en plus souple et ils interrogent moins les deux hommes. Le 28 octobre, Fay et Price quittent Miranda et vont loger à l'hôtel Mora à Madrid. Ils sont ensuite conduits à Gibraltar où ils arrivent le 1er novembre.

Arthur Fay et Earl Price quittent Gibraltar par avion Dakota le 7 novembre 1942 et arrivent le même jour à Portreath en Angleterre. Arthur Fay est débriefé à Londres le 08 novembre 1942.

Certaines différences sont manifestes dans sa déclaration et celle de Thomas Broom, quant aux diverses dates et à la composition des équipes entre Paris et Saint-Jean-de-Luz. Il est possible que ce soit à cause de leur incarcération en Espagne.

Pour avoir réussi son évasion, Arthur Fay se vit décerner la DFC (Distinguished Flying Medal):
FAY, Flight Sergeant Arthur Edward (R61629) - Distinguished Flying Medal - No.78 Squadron - Award
effective 21 January 1943 as per London Gazette dated 5 February 1943 and AFRO 757/43 dated 30 April 1943.
Fay was reported as having flown 23 sorties (126 hours).
“Flight Sergeant Fay was the Wireless Operator/Air Gunner in an aircraft which took off from Middleton
St.George at 2100 hours on 11th August 1942 to bomb Mainz. After completing the operation, the aircraft
was attacked and the crew were forced to bail out. Flight Sergeant Fay showed determination and courage
in evading capture and eventually arrived safely back in this country. I recommend the award of the
Distinguished Flying Medal.”


Arthur FAY est le 2ème depuis la droite dans cette photo de l’équipage du pilote William Lunan
(au milieu.) Thomas Wilby, qui n’était pas à bord du
W1061 lorsqu’il fut abattu, se trouve à l’extrême gauche.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters