Personne passée à une autre ligne d'évasion

Dernière mise à jour le 8 mars 2015.

John B. FORD / 1217375
P/Off RAF, RAF Bomber Command 408 Squadron, mitrailleur
Atterri à Commenchon, à 5 kms de Chauny
Short Stirling Mk III, n° série BK725 (WP-M) abattu par un chasseur dans la nuit du 16 au 17 avril 1943 lors d'une mission sur Mannheim.
Atterrissage forcé à Mesnil-St Laurent (Aisne), 5 km SE de Saint Quentin, France
Evacué en Espagne par la ligne Chauny.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion n° SPG/LIB 3314/1327.

L'appareil décolle de Ridgewell à 22h00. A l'approche de Laon, à 02h11, il est attaqué par un chasseur de nuit. Le pilote, P/O Peter Dunk White est blessé au poignet, soigné par son copilote, le Sgt Wallace E. Phillips et parvient à faire un atterrissage forcé. Les deux pilotes sont éjectés à travers le pare-brise.

White sera arrêté, mais le reste de son équipage peut s'évader grâce à Comète et à la ligne DROMAS : il y a John Fitzgerald, le mitrailleur arrière ; Wallace Phillips, le copilote ; Andrew Smith, le mécanicien, Stanley Everiss, le navigateur ; Reginald Gaisford, l'opérateur radio et John Ford, le mitrailleur (la présente fiche).

Donald Ross et Gaisford sont contactés peu après l'atterrissage par le boulanger DUBOISE, qui les dirige vers la maison de Mme Marcelle ANSART à Ugny-le-Gay (membre du réseau DROMAS) d'où, avec les autres membres de l'équipage, elle les mène tous, aidée d'Adolphe ALAVOINE, de Bethancourt-en-Vaux, chez le Capitaine Etienne DROMAS à Ugny-le-Gay.

C'est à la maison de DUBOISE que, vraisemblablement sur dénonciation, le pilote White se fera arrêter par la Gestapo (prisonnier n° 1104 au Stalag Luft 3).

Ross souffre de multiples contusions aux deux jambes. Phillips a une oreille déchirée et une sérieuse blessure à la tête. Ford a des foulures aux jambes et ne peut marcher. Renée DROMAS les soigne immédiatement et le Dr BOURY (du 4 Rue de la Paix à Chauny, avec sa fille Jacqueline) vient les voir le lendemain. Fitzgerald et Smith passent par Cugny et La Neuville-en-Beine où ils retrouvent Phillips.

Durant la période du 17 avril au 17 mai, Ross et Gaisford logent chez Eugène DROMAS, tandis que selon informations reçues de la famille de Hugh Mackinnon (voir ci-dessous), Stanley Everiss est hébergé avec Mackinnon et John Ford pendant une semaine en mai (vraisemblablement jusqu’au 17…) par le garagiste Alfred LOGEON (Garage St Charles) au 24 Rue du Brouage à Chauny.


John FORD, Hugh MACKINNON et Stanley EVERISS au garage LOGEON à Chauny.
(Photo extraite de l’article "24, Rue du Brouage, le garage de l’espoir" (revue « HISTORAMA n° 209 – mars 1969) que nous a transmis la famille LOGEON.

Le 17 mai, Phillips, Ross et Gaisford, leurs co-équipiers Stanley Everiss et John Ford, ainsi que le Sgt Hugh Mackinnon sont alors conduits en train à Paris par Leslie de BIZIENS ("Marquise") et Henriette BENECH.

Ford, Everiss et Mackinnon passent deux jours chez cette dernière, puis vont chez une Mme "Deane", près de la Tour Eiffel. Ils y sont rejoints par Joseph Wemheuer. Il s'agit en fait de Noémi HANY-LEFEBVRE divorcée DÉON au 28 Rue Scheffer à Paris XVIe, qui déclare un officier RAF (dont elle a oublié le nom) remis par Paul DE JONGH et repris par Madeleine BOUTELOUPT.

Le 26 mai, Ford et Everiss sont rejoints à la gare d'Austerlitz par le Sgt A.C. Turner, RCAF, et le Sgt Joseph Sankey (SPG 3314/1324). Les quatre hommes quittent Paris en train pour Lyon, où ils restent huit jours dans un appartement. Ils sont ensuite rejoints par les Sergents de la RAF, G.H. Murray (SPG 3313/1272) et R.G. Goddard (SPG 3314/1297), et deux aviateurs américains, le Lt Homer Contopodis (E&E 42) et le Sgt Walter Minor, du même équipage.

Les huit hommes sont séparés en deux groupes pour effectuer le voyage vers les Pyrénées. Les premiers à partir, le 6 juin, sont Ford, Everiss, Sankey et Turner, en compagnie de deux français désireux de gagner l'Angleterre. Ils retrouvent les quatre autres aviateurs à Lavelanet, pour ensuite se diriger tous ensemble vers Saint-Paul-de-Jarrat, au Sud de Foix, dans l'Ariège.

Tous se joignent à d'autres hommes, environ une cinquantaine de français, armés, et se mettent en route vers l'Espagne dans la nuit du 8 au 9 juin.

Après le passage des montagnes, ils arrivent en Andorre vers midi le 9, échappant aux tirs d'une patrouille allemande au passage d'un défilé. Après deux jours de repos dans un hotel andorran, ils marchent vers l'Espagne, atteignant finalement Manresa le 20 juin. De là, un tortillard les emmène vers Barcelone où leur guide les mène au Consulat britannique.

John Ford quitte Gibraltar le 17 juillet à bord du " Monarch of Bermuda " et arrive à Liverpool le 24.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters