Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 1 mars 2017.

Denis Carnaby FOSTER / 1490330
133A Westoe Road, South Shields, Durham county, Angleterre
Né ? / † mort en mission le 31 décembre 1944
Sgt, RAF Bomber Command 149 Squadron, mécanicien
Lieu d'atterrissage : dans les environs du Tieltse Waterhof, près du Walenbos à Tielt-Winge, Brabant, Belgique
Short & Harland Stirling Mk.IV, EE880, OJ-O, abattu au-dessus de Vlooiberg par le Major Walter Ehle du II./NJG1 lors d'une mission sur Cologne dans la nuit du 28 au 29 juin 1943
Ecrasé vers 02h33 à 50m de l'habitation de Gustaaf Verrijt, dans la Halderstraat à Houwaart (Tielt-Winge)
Durée : 2 mois
Passage des Pyrénées : le 2 septembre 1943.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG SPG 1406.

Au retour, à hauteur de Cologne, l'avion est attaqué par des chasseurs, sans encourir de gros dégâts. Passé la frontière hollando-belge, les tirs du Major Ehle, qui avait décollé de la base de Brustem, atteignent les réservoirs de carburant. Comme l'intercom est hors d'usage et que les deux ailes sont en feu, le pilote, Arthur Robert Porter, 21 ans, donne l'ordre d'évacuer l'appareil. Le Fl/Off Porter et quatre autres membres de son équipage trouveront la mort.

Denis Foster atterrit près du village et retrouve bientôt son co-équipier le W/Off Ivan Mears. Les deux hommes sont rapidement pris en charge par des habitants de Tielt-Winge : Louis Vande LOOCK, Marcel SWINNEN, Kamiel VERHAEGEN, Marcel VANDENBERGH, Anna WILLEMS, François et Jules VAN WINKEL, Alfons HAESEVOETS, Irma VERCOUTER et Louis TORBEYNS.

Mears se fera arrêté par la suite, tandis que Foster sera amené à Aerschot par Alfons VERBOVEN de Becquevoort, pour prise en charge par la Witte Brigade d'Aerschot. Denis Foster est le premier des 18 aviateurs identifiés comme ayant été aidés par Frans STORMS, du Groupe Petit Navire de Boortmeerbeek.

A Aerschot, il est remis à Léon CLAES, agent de Marc VN/AR-2237, à la Rue Van Ophem (Van Ophemstraat), où il exerçait le métier de photographe, le 19 juin 43.

Florentine DE WIT-PIRART convoie John White vers la gare à son départ le jeudi 26 août et il y rencontre Denis Foster. White déclare qu'elle le remet à un guide français à lunettes (Jules DRICOT ?), qui le conduit à la frontière française dans un petit village pour la nuit. Ils passent par Mons et arrivent à Sivry, où ils passent la nuit chez un "contrebandier". Ils reçoivent des papiers français de Jean-François NOTHOMB, venu les chercher de Paris. White déclare dans son E&E avoir été guidé par un William ou Willy en France à 5 heures du matin et avoir reçu des papiers français. il peut s'agir d'Achille DUPONT époux de Germaine HENNEBERT, peintre au 173 Rue Trieux del Croix à Soumoy, et qui a été recruté par Jacques LE GRELLE le 15 août 1943 comme agent direct de Albert MATTENS au passage de Sorle-le-Château / Saumoy-lez-Sivry. On change effectivement les cartes d'identité chez lui et il doit parfois loger 4 à 10 jours.

A Solre-le-Château, en France, ils prennent le bus pour Avesnes. Ayant raté le train, ils vont à pied à Aulnoye et y prennent l'express de Bruxelles à Paris. Après un contrôle, ils arrivent à Paris le 27 août. Ils vont dans une église et rencontrent un homme parlant un peu l'anglais. Un ex-pilote français le conduit loger quatre nuits et trois jours chez un docteur à Paris, le frère du docteur fournissant la nourriture. White raconte plus tard qu'ils vont au district de "Petit Montrouge"dans le XIVe arrondisement, et qu'ils restent jusqu'au 31 août chez un M. HABREKORN, gérant d'un cinéma, dont le frère médecin a une consultation à l'appartement du dessous. Il s'agit du Dr Pierre HABREKORN du 6 Avenue du Parc à Vanves, ce qui signifie qu'ils sont accueillis à Paris par Maurice GRAPIN alias "Henri Crampon", qui renseigne aussi le SD de l'Avenue Foch.

Un pilote français les guide alors par le métro et leur présente un Anglais (Jacques LE GRELLE ?). Ils vont ensuite à la gare d'Austerlitz prendre un train vers Bordeaux en 2e classe avec la femme qui était avec White, Rosaline THERIER épouse WITTON. Là, le 1er septembre, elle rentre à Paris et White (probablement avec Foster) va à Dax avec un Willy (Marcel ROGER ou à nouveau Jean-François NOTHOMB ?) qui les attendait. De Dax, ils vont à vélo à Bayonne en compagnie d'un officier de cavalerie français : Michel Habbart qui guidait Bruno Gallerani et Leroy Funk de Paris à Dax.

Il est conduit de Bayonne à Saint-Jean-de-Luz par Denise HOUGET. L'obscurité tombée, ils mettent des casquettes et continuent vers Urrugne et la ferme Jatxu Baita chez Joseph LARRETCHE. Ils y changent de pantalon et sont pris en charge par deux autres guides pour la marche de neuf heures vers l'Espagne.

Il traverse les Pyrénées avec Jean-François NOTHOMB. C'est la 54ème traversée de Comète, avec John White, Leroy Funk et Bruno Gallerani, via la gare minière désaffectée de San Miguel et l'auberge d'Oiartzun. Ils prennent alors au soir un train vers San Sebastian et y passent trois jours dans un appartement. Le consul britannique les conduit à Madrid à l'ambassade.

Denis Foster trouvera la mort le 31 décembre 1944 lors de la perte du Stirling IV LJ914 en mission SOE "Crupper 30" de larguage de ravitaillement sur la Norvège. Il semble que cet avion ait été abattu sur le chemin du retour, à quelque distance des côtes danoises, par des tirs d'un navire allemand et qu'il se serait perdu en Mer du Nord. Ceci n'a toutefois jamais pu être confirmé et les six membres d'équipage, dont Denis Foster, sont toujours portés disparus. Ils sont commémorés au Runnymede Memorial.


Mot de remerciement de Foster dans le carnet de Pierre Elhorga.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters