Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 23 juillet 2013.

Frank David HILL /132036
3 Ring Road, Leeds 6, Angleterre
né en 1923 - † le 23 septembre 1944 en Angleterre
Fl/Off, RAF Bomber Command 158 Squadron, navigateur
Atterri à 1 Km au Sud de Lummen, entre Diest et Hasselt
English Electric Halifax MkII - LW298 (NP-L) abattu dans la nuit du 3 au 4 novembre 1943, lors d'une mission sur Düsseldorf
Ecrasé 500 m à l'Ouest de Vlijtingen, Limbourg belge, au Nord-Est de Tongres
Durée : 3 mois et demi
Passage des Pyrénées : le 10 janvier 1944

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3318/1755 (complet).

L'appareil a décollé à 16h46 de Lissett. Selon le navigateur Frank Hill, à environ 15km au Sud d’Anvers / Antwerpen, les commandes de l’appareil ont subitement refusé d’obéir. L’appareil s’étant mis en vrille, le pilote Vincent Horn donna l’ordre de l’évacuer.

Le bombardier Sgt Robert Coats Graham, le seul tué, d'abord enterré à Brustem près de Saint-Trond, fut inhumé ultérieurement au Heverlee War Cemetery, près de Louvain / Leuven.

L’opérateur radio Sgt L. Bennett, le mitrailleur arrière Sgt R.J. Gould et le mitrailleur dorsal Sgt Barrie York Samuels (RAAF) seront tous trois arrêtés et internés dans les Stalags Luft IVB et Luft 3, numéros de prisonnier respectivement 263565, 263585 et 261529.

Tout comme Frank Hill (la présente fiche), le pilote Sgt Vincent Horn et le mécanicien Frank Andrews, parviendront à s’évader, ce dernier se faisant cependant arrêter par la suite.

Frank Hill atterrit vers 19h20 dans un champ, à 25 m d'une route importante. Comme il est encore tôt, beaucoup de gens sont agglutinés le long de la route. Hill reste immobile un moment et enterre son équipement inutile. Il enlève alors ses insignes, passe ses pantalons au-dessus de ses bottes et s'éloigne en direction du Sud-Est. Comme il ne peut traverser une rivière (le Demer), il revient à la route (probablement le Schulenseweg) et suit la direction de Spalbeek, entre Herk-de-Stad et Hasselt. Il traverse Spalbeek et poursuit vers Kozen par des chemins vicinaux.

Vers 3 heures du matin le 4 novembre, il essaye de prendre des fruits dans un verger, mais il réveille les habitants qui ont d'abord l'air hostiles, pensant qu'il s'agit d'un voleur. Une fois qu'il s'est présenté, il est invité à rentrer manger. On fait venir un homme qui parle très bien l'anglais, avant que Hill ne s'endorme dans un lit jusqu'au retour de l'homme le soir qui lui explique que ses agents le prendront au cours d’un passage par ce village. Il reçoit un costume civil de ses hôtes et au matin du 5 novembre, un camion arrive pour le prendre, son évasion étant dès lors organisée.

Frank Hill est donc conduit à Saint-Trond dans ce camion appartenant à la société d’équarissage "Fedar" de la famille SMETS-USÉ, Naamsesteenweg 163. La société est gérée par sept frères, dont Georges, Jozef, Albert, Eugene et Henri, et dont deux d’entre les sept parlent l'anglais. Hill est gardé là jusqu'au 6 novembre, quand un gendarme belge vient le chercher avec un side-car pour le conduire dans un château, chez Mme PIERCAUD à Houtain-L’Evêque / Walshoutem, entre Saint-Trond et Hannut.

Le 7 novembre, un prêtre le prend au terminus de tram de Hannut et un jeune garçon portant un insigne de scout le guide en tram jusque Celles. Là, un électricien le prend dans sa camionnette et le conduit chez lui. Le 13, le jeune scout vient le chercher pour prendre le tram vers Liège. Dans le tram, ils entendent que les Allemands fouillent toutes les maisons de Hannut et son jeune guide et Hill rebroussent chemin et attendent l'après-midi pour atteindre Hannut. Là, comme le prêtre et le nouveau guide désigné pour le prendre en charge ont été arrêtés, Hill est dirigé sur une ferme, chez André LEONARD au 107 Rue de Wasseiges à Acosse/Ambresin, où il reste loger jusqu'au 20 novembre dans la soirée. La nuit suivante, il dort dans une maison de la Croix-Rouge de Hannut et le 21, l'électricien de Celles vient le reprendre pour l’emmener chez lui.

Le 22, l'électricien le conduit dans son véhicule à Jehay-Bodegnée, où Hill rencontre le P/Off Fred Williams. Il reste avec lui jusqu'au 13 décembre, date à laquelle ils sont séparés. Hill, lui, va alors chez Émile et Catherine ROISEUX-RYCKAERT au 81 Rue de Livourne à Ixelles, où il passe le réveillon de fin d'année. (voir le menu en bas de page).


Menu de réveillon chez les Roiseux.

Le 5 janvier, il est à nouveau réuni à Williams et tous deux sont conduits à la frontière française par Émile ROISEUX, puis passent en France grâce à François BOURLARD et Georgette DIEU tous deux de Erquennes.

Arrivés à Paris, Hill reste chez ses logeurs jusqu'au 9 janvier et y revoit Paul Gregory qu'il avait déjà aperçu à Bruxelles à son départ, tandis que Williams part le 7 déjà. Un homme le guide en train de Paris à Bordeaux. Puis ils passent par Dax avant d'arriver à Bayonne et enfin à Saint-Jean-de-Luz. Là, Hill loge ensuite dans le faubourg de Sutar à l'auberge Larre de Jeanne MENDIARA.

Frank Hill franchit les Pyrénées avec Robert Poreye, Jean Cassart, Paul McConnell, Gary Hinote et Steve Krawczynski lors du 90e passage de Comète, par Souraïde et Quito borda, avec les seuls guides de Juanito BIDEGAIN (Michel ECHEVESTE et son frère Joseph Marie).

Frank Hill parvient à Irun le 12 janvier, d'où la force aérienne espagnole le transporte en car jusque Saragossa, où son groupe reste dans un hôtel jusqu'au 27 janvier. Ils vont ensuite à Alhama de Aragon jusqu'au 02 février. Là, une voiture diplomatique les prend pour les conduire à Madrid. Hill arrive alors à Gibraltar le 4 février et en part le lendemain pour atterrir en Angleterre le 6 février 44.

Après un congé de deux semaines dans sa famille, Frank Hill s’est engagé dans une section expérimentale d’entraînement d’équipages de "Pathfinders" (éclaireurs, chargés de reconnaître les cibles préalablement aux missions de bombardement proprement dites). Il se trouve à bord du Lancaster PB512 du 582 Squadron lors d’un vol d’entraînement de jour le 23 septembre 1944 lorsque l’appareil s’écrase dans une colline à l’ouest de Chipping Ongar, Essex. Les sept hommes à bord sont tués et une plaque à la mémoire de l’équipage a été placée dans la petite église St Andrew à Greensted un peu à l’ouest de Chipping Ongar.


Frank Hill repose au Brookwood Military Cemetery à Brookwood dans le Surrey, Royaume-Uni.. Son frère, Ralph Hill, a évoqué les circonstances de sa perte dans le livre « An Angel on My Shoulder : And Other Stories » publié en 2012.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters