Personne passée à une autre ligne d'évasion

Dernière mise à jour le 8 mai 2017.

Theodore Ralph KELLERS / 35335090
572 Petterson Avenue, Akron, Summit County, Ohio.
Né le 8 décembre 1915 Akron, Ohio / † Akron, Ohio, le 15 janvier 2004.
T/Sgt, USAAF, 96 Bomber Group, 339 Bomber Squadron, mécanicien, mitrailleur dorsal.
Lieu d'atterrissage: vers Silly, près d'Ath.
Boeing B-17F-BO Flying Fortress, 42-30372, MZ-P / "Shack Rabbit III", abattu le 20 octobre 1943 par un chasseur allemand FW190 lors d'une mission sur Düren.
avion écrasé en deux parties la queue à Hensies et la carlingue à Quevaucamps (Entité de Beloeil), Hainaut, Belgique.
Durée : 5 mois.
Arrêté : le 21 avril 1944 près de Luchon dans les Pyrénées.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 1017 et rapport RAMP, établi le 28 mai 1945 après sa libération

L'appareil (qui était assigné au 413 Bomb Squadron) décolle de la base de Snetterton Heath. A l'approche des côtes du Continent, le sur-compresseur du moteur n° 4 a des ratés et le pilote Bob Grimes doit mettre cette hélice en drapeau. L'avion parvient cependant à rester dans la formation, en dernière position. Le temps est mauvais sur la Belgique et la formation doit prendre de la hauteur pour passer au-dessus des nuages, ce que le "Shack Rabbit III" ne peut faire avec seulement trois moteurs. Au moins six chasseurs allemands Fw190 attaquent alors l'appareil esseulé. Le moteur n° 2 est touché et Grimes, qui a de plus en plus difficile à contrôler l'appareil qui perd davantage d'altitude, donne l'ordre d'évacuer.

Quatre hommes perdront la vie, le copilote 2nd Lt Arthur Charles Pickett, dont le parachute ne s’est apparemment pas ouvert ou ses sangles se sont emmêlées, l’aviateur tombant sur une maison à Harchies et perdant la vie quelques minutes après sa chute ; l'opérateur radio T/Sgt Frederick William MacManus, atteint d’une balle à la tête, décédé à bord ; le mitrailleur gauche S/Sgt Jerome Chester Nawracaj (qui aurait trouvé un vélo peu après son atterrissage, mais aurait été dénoncé le 21 octobre par une femme à laquelle il avait demandé son chemin. S’éloignant rapidement à vélo, il aurait été abattu, atteint au dos par des soldats allemands) et le mitrailleur arrière S/Sgt George Carl Janser, bloqué dans la queue de l’appareil qui se détache après une explosion.

Theodore Kellers et cinq autres parviendront à s'évader : Robert Grimes, James McElroy, Robert Metlen, Charles Carlson et Harold Sheets.

Le lendemain de son atterrissage, le 21 octobre 1943, Kellers est amené chez Mme de BLOMMAERT, à Bierges-lez-Wavre, qui l'héberge. Le 26 octobre, il est pris en charge à Bruxelles par Aline DUMONT et est hébergé 3 semaines chez René et Florentine PIRART au 8 Rue des Tournesols à Anderlecht du 26 octobre au 4 novembre. Florentine PIRART-DE WIT le conduit alors à son rendez-vous pour son départ.

Ce 4 novembre 43, Aline DUMONT guide Theo Kellers, Stanley Lepkowsky, Jarvis Allen et Robert De Ghetto jusqu'avant à la frontière française. Ils traversent à pied au passage de Hertain-Camphin. Trois Belges sont avec eux, probablement les trois agents du SOE André Wendelen, Michel Losseau et Henri Neuman. Le douanier de service est Maurice DESSON, du Commissariat de Baisieux (Nord).

En France, ils prennent le bus pour Lille, puis un train pour Paris avec comme guide Amanda STASSART. Le 5 novembre, Suzanne BASTIN (l'adjointe du réseau Possum) vient prendre Kellers et Lepkowski et les conduit chez Émile CHASSAGNE et Mme Veuve Jeanne VACQUIER au 127 Avenue de Montrouge à Gentilly. Le réseau Possum est démantelé durant cette période du Nouvel-An, de même que Comète. Kellers déclare qu'il reste chez eux du 5 novembre 1943 au 25 mars 1944.

Le 29 mars 44, un policier nommé Henri JOURDAIN, de Clamart, les prend jusque Clamart et les remet à René FLEURIOT du 8 Rue de Vanves à Clamart. Ce sont deux agents de la ligne Marie Odile ou Marie Dissard. Ils sont logés (selon son rapport RAMP) chez Léna FENY (nom de jeune fille de Léonie JANSON) au 214 Avenue de Paris à Châtillon (Clamart) du 25 mars au 17 avril. Le 17 avril, FLEURIOT vient les reprendre et les passe à JOURDAIN qui les conduit en gare d'Austerlitz.

Dix aviateurs, au moins, prennent le train de nuit vers Toulouse dans un convoi organisé par des membres de l'ancienne ligne Dutch-Paris (démantelée en février 1944) et des rescapés d'autres lignes, et évitent de justesse leur arrestation par la Gestapo à leur arrivée.

Le 18 avril 44, ils prennent le train vers Tarbes, au pied des Pyrénées. Ils commencent une marche avec trois guides (deux Français et un Espagnol). Ils passent une première nuit dans une étable et continuent jusqu'à une autre étable pour une seconde nuit. Le 20, les guides ratent un chemin dans une tempête de neige et ils doivent rebrousser chemin. Le 21, ils arrivent près de Luchon, quand ils sont arrêtés par les Allemands.

Le rapport d'arrestation de la Grenzpolizei Aufsichtstelle de Bagnères-de-Luchon destiné au Kommandeur der SiPo in des SD - Einsatzkommando Toulouse du 24 avril 1944 indique que 17 aviateurs furent arrêtés ce 21 avril. Ils avaient été arrêtés à Gourron près de Luchon. Le passeur Capcarrere, habitant à Jurvieille, les a conduits jusque Saint-Paul près de Luchon. La Grenzpolizei a également arrêté les passeurs Jean Charles Ferret de Luchon et Louis Pene de Montauban. Dans ce même groupe de 21 fugitifs se trouve également Stanley Lepkowski et Wilfred Gorman.

Parmi les autres personnes arrêtées se trouvaient Raymond Krugell (un Alsacien recherché) et l'abbé Paul Louis, tous deux de Turma Vengeance; un Belge anversois, Roger Bureau [Roger Eugène BUREAU, né 1 février 1909; décédé ±11 April 1945 en camp de concentration. C'était un joueur belge de hockey et avait participé aux jeux olympiques d'hiver de 1928 and 1936 avec l'équipe belge de Hockey sur glace]; le docteur Marcel Hulin, etc.


Rapport d'arrestation allemand de Kellers à Luchon, le 24 avril 1944.


Son acte d'arrêt.

Kellers est interné au Stalag Luft 4 à Gross Tychow (actuellement Tychowo) Pologne, puis au Stalag Luft 1 à Barth. Il retourne chez lui le 18 juin 1945 via le camp Lucky Strike en France.

Il est enterré Holy Cross Cemetery, Akron, Ohio.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters