Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 19 avril 2013.

James "Jim" Lawrence. KENNEDY / C 1476
418 North Brodie Street, Fort William, Ontario, Canada.
Né Le 14 mai 1916 / † ?
F/Lt RCAF, RAF Bomber Command 24 OTU, pilote.
Lieu d'atterrissage : Courtalain (Eure-et-Loir) à l'ouest de Châteaudun.
Armstrong Whitworth Whitley Mk V, AD675, TY-E, abattu la nuit du 3 novembre 1943 lors d'une mission sur Orléans (Opération NICKEL) suite à une avarie de moteurs.
Avion abandonné au-dessus de Courtalain (Eure et Loire), France.
Durée : 1 mois.
Passage des Pyrénées : le 4 décembre 1943.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 1658 (complet).

Il décolle de Honeybourne à 18 heures 30 ce 3 novembre pour un largage de tracts sur Orléans. Un moteur défectueux le fait arriver en retard sur la cible. Il perd de l'altitude au retour au point d'ordonner à son équipage de sauter. Il saute en dernier lieu et voit son appareil exploser en percutant le sol. Il atterrit dans un champ à Courtalain en entendant des voix et des aboiements de chiens. Il se dépêche d'enlever Mae-West et parachute pour s'enfuir immédiatement. Pour fuir plus vite, il abandonne ses bottes et court en chaussettes pendant une heure, environ. Il monte dans un arbre et y reste jusqu'à l'aube.

Le matin, il se cache dans des buissons près d'une route. Vers 9 heures 30, il voit un gendarme et une jeune fille à vélo. Ils regardent dans toutes les directions et le gendarme siffle. Le gendarme revient en arrière et il se montre alors à lui. Le gendarme lui fait alors signe de rester caché. Il lui demande s'il est Anglais et lui confirme de rester sur place, à l'abri avant de s'en aller. Il revient plus tard avec la jeune fille et lui donne des instructions que Kennedy ne comprend pas, sauf le nom de Cloyes, une ville proche.

En marchant, il aperçoit un jeune garçon occupé à charger du gravier dans un camion. Avec quelques mots d'anglais, le garçon lui explique qu'il peut le déposer à Châteaudun. Il lui donne ensuite une salopette bleue et ils se mettent en route. En arrivant à Courtalain, un autre camion leur fait signe de s'arrêter pour leur annoncer que les Allemands ont capturé deux membres de l'équipage. Kennedy descend du camion et monte en haut d'une colline. De là il distingue les deux aviateurs entre leurs gardiens en bas au village et il se cache. Un peu plus tard, un homme monte le chercher et lui dit d'aller à l'hôpital de Courtalain. En y arrivant, la jeune fille du matin se montre et l'emmène dans des bureaux où on lui sert à manger, lui verse du vin et lui fournit des vêtements civils. Au crépuscule, une femme le fait sortir et le conduit chez elle. Il y dort et est emmené à l'aube du 15 dans une maison en campagne, appartenant à un vieux couple (le médecin du village). Ces personnes lui teignent ses cheveux trop blonds. La femme du médecin l'envoie le lendemain dans une autre maison à la campagne.

Ces personnes lui remettent un ticket de train, lui reteignent ses cheveux et lui disent de suivre un garçon jusqu'à la gare. Il y retrouve la femme du médecin et la suit sans lui parler. Le gendarme de la veille est présent. Le train démarre à 16 heures 50 ce 5 novembre et atteint la gare de Montparnasse à 21 heures 40. Il suit encore l'épouse du docteur et rencontre un homme qu'il avait déjà vu à Courtalain. Ils le suivent et vont en métro à un appartement où il ne reste que 15 minutes. Il est alors conduit dans l'appartement de Mlle DE MOLLARD, une infirmière parisienne.

Le 7 novembre, il est visité par deux femmes et un homme qui l'interrogent. Le 10 novembre, cet homme l'emmène pour le lunch avec une grande femme en noir qu'il appelle "la femme du colonel" (Mme Madeleine MELOT alias "Perrine", du 11 Rue Larrey à Paris 5e, Elle fut arrêtée le 19 novembre 1943, trahie par André Raveaux). Elle le mène à l'appartement de Mme "Magnis" (Jeanne MAGNE épouse MERAUD, concierge au 11 Avenue d'Eylau à Paris XVIe). Le 17, la "femme du colonel" l'emmène faire des photos et lui prend l'argent de sa trousse d'évasion sauf 500 FF. Deux jours plus tard, elle est arrêtée par la Gestapo. Il entend qu'un jeune garçon qu'elle avait hébergé s'est fait prendre à Toulouse avec des faux papiers et avait parlé. Deux jours plus tard, deux autres femmes qui l'aidaient sont également arrêtées.

Une femme prénommée "Marie" (Marie Gabrielle WIAME-DEBOUCHE), épouse d'un policier, vient le 19 et lui explique ce qui s'est passé. Elle avait été chez elle et avait trouvé deux policiers et venait les prévenir. Il est immédiatement transféré chez Maud COUVE. M. COUVE est en Angleterre aux Royal Engineers. Ils habitaient au 14 Rue Cail Paris Xe, près de la Gare du Nord et sont des logeurs de Fernande ONIMUS. Maud est aussi Anglaise, originaire de Jersey. A peine là, "Marie"/Gabrielle WIAME vient les prévenir des deux autres arrestations. Mme COUVE dit à Kennedy qu'un jour, "Marie" a pu sortir sans interrogatoire de chez un membre d'un réseau et qu'elle ne lui faisait plus confiance. Elle ajoute qu'un "Raoul" avait aussi été abattu et se trouve dans un hôpital près des Invalides. Il s'agit de Pierre BERTEAUX alias "Raoul" du 64 Rue Lemercier à Paris XVIIe. Il a reçu une balle dans le poumon et a été admis à l'hôpital Laënnec sous une fause identité et y resta six mois en convalescence. Maud ajoute que Gaby WIAME lui avait avoué être responsable de son agression. "Germain", un ami et membre d'une autre organisation vient et lui arrange son déménagement.

Le 26 novembre, il est mené dans une chapellerie. Après le repas, il est emmené chez Mme NELSON à Créteil, qui travaille dans une soierie de son mari. Quand il arrive, il apprend que son mari est un Juif recherché par la police.

Le 28 novembre, Germaine FLACHET épouse BAJPAI l'emmène chez Mme Elisabeth BUFFET au 93 Rue de Courcelles à Paris VIIIe. En chemin, ils croisent un homme qu'elle appelle "le chef", Jacques le GRELLE. Ce dernier lui demande si les uniformes australien et RAF sont les mêmes et si les chemises sont identiques. Il lui donne 500 FF. En lui parlant de "Marie", "le chef" lui avoue ne rien savoir d'elle.

En quittant Paris le 1 décembre, "le chef" lui dira qu'il a regardé de plus près le cas de Marie/Gabrielle WIAME et qu'il avait trouvé quelque chose, sans lui en dire plus. Mais il lui demande de passer l'information en Angleterre. Vers 16 heures 45, Germaine FLACHET va chercher le Fl/Off Geoffrey Ward qui était aussi logé chez Mme BUFFET, et ils prennent le métro où ils retrouvent Jaques le GRELLE et une petite dame en noir qui serait leur guide (Fernande ONIMUS ou plutôt Marcelle DOUARD). Il reçoit une nouvelle carte d'identité et ils prennent le train de Bordeaux après avoir mangé. Ils parviennent à Bordeaux le lendemain à 7 heures.

Là, ils changent de guides et rencontrent Ronald Morley et Harold Pope. Ils se rendent ensemble en vélo à Bayonne avec Marcel ROGER et Jean-François NOTHOMB en deux groupes et y restent la nuit dans un café. C'est à l'auberge Larre de Marthe MENDIARA à Sutar.

Le lendemain, il roulent 20 Km à vélo et font connaissance des passeurs. Ils se cachent toute la journée et leurs guides leur prennent tous leurs papiers et leur argent. Ils se trouvent certainenemnt alors à Mandochineko borda, entre Laressorre et Espelette. Le 3 décembre à 18 heures, ils se mettent route vers la frontière qu'ils franchissent à 00 heures 20 le 4.

C'est le 76e passage de Comète, seuls avec les passeurs de Pierre ELHORGA, par Larressore et Jauriko borda.

Kennedy s'effondre de faiblesse à plusieurs reprises. Pope le sauve d'une chute dangereuse. Ils restent dans une ferme la journée (sans doute Jauriko borda) et la quittent le 5 décembre à 11 heures. Après cinq heures de marche, ils s'arrêtent puis remarchent deux heures. Ils logent dans des étables pendant quatre nuits, dont probablement Mortaleneko borda. Ils changent alors de guide et poursuivent leur route. Une voiture les emmène un matin à San Sebastian. Le même jour, ils sont emmenés à Madrid où le groupe est divisé.

Kennedy part pour Seville le 21 décembre et est embarqué de nuit sur le S/S Tudor Prince avec des Français et est caché dans la cale. Le bateau part à midi et s'enlise dans un banc de boue pour 24 heures. Plus loin sur la rivière, ils sont encore retardés. Ils arrivent à Gibraltar le 24 à 16 heures 30.

Il quitte Gibraltar par avion le 28 décembre 43 et atterrit le lendemain à Whitechurch. Il est débriefé au MI-9 le 29 décembre.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters