Personne cachée jusqu'à la libération

Dernière mise à jour le 9 septembre 2018.

Earl Stanley LAMBERT / 32463578
9 Jackson Street, Passaïc, New Jersey, USA
Né le 22 septembre 1921 dans le New Jersey, USA / † le 30 octobre 1990 à Garfield, New Jersey, USA
S/Sgt, USAAF 390 Bomber Group 571 Bomber Squadron, 2nd mécanicien mitrailleur latéral droit
près de Baarlo, à l'ouest de Meppel, OverIjssel, Pays-Bas.
Boeing B-17G-5-BO Flying Fortress - 42-31218 - (FC-E)/ "Eto-Itis", abattu par des chasseurs le 10 février 1944 lors d'une mission sur Brunswick.
Ecrasé vers 13h10 sur deux fermes à Baarlo, près de Blokzijl, à l'ouest de Meppel, OverIjssel, Pays-Bas.
Durée : 7 mois.
Libéré au Sud de Ciney

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 2504. Rapport d'évasion d'Earl Lambert E&E 1935 disponible en ligne.

L'appareil décolle de Framlingham vers 07h30. Pour une raison indéterminée, il quitte la formation vers 12h15, perd de l'altitude et est observé pour la dernière fois vers 13h00 à hauteur de Lingen, au Nord-Est de Köln/Cologne. On peut penser que c'est par la suite qu'il a été touché par la Flak et attaqué par des chasseurs. Les rapports d'évasion indiquent que 2 moteurs sont mis hors d'usage, le stabilisateur et les ailes sont atteints et un incendie se déclare à bord. L'ordre d'abandonner l'appareil est donné et tous sautent, sauf l'opérateur radio S/Sgt James A. Harnish qui périra dans les flammes.

Cinq hommes seront faits prisonniers : le pilote 1st Lt John G. BURKE, le copilote 2nd Lt Charles A . Hadfield (d'abord évadé, puis arrêté sur trahison à Anvers), le navigateur 2nd Lt Howard E. Richardson, le bombardier 2nd Lt Andrea Montello et le mitrailleur arrière S/Sgt Jerome A. Vilk.

Légèrement touché à la main par la Flak et les doigts gelés, Lambert saute à 6.000 m après Woodrow Tarleton et est suivi de Angelo Gambino et Jerome Vilk. Egalement à bord : John Graney.

Dans son rapport, Lambert précise qu'il revoit Gambino environ six heures après son atterrissage et reste avec lui jusqu'au surlendemain lorsqu'ils rencontrent Graney et Tarleton à Meppel. De Meppel, Lambert et Tarleton voyagent en train et vélo durant un mois, sous la conduite de résistants hollandais. Leurs helpers hollandais sont van den HURK, Joke VOLMER, HOVENKAMP, Jacques VRIJ. Logeant dans des maisons et des granges, ils arrivent à Maestricht où ils restent une semaine et c'est Jacques VRIJ qui fera traverser la Meuse à Gambino, Graney, Tarleton et Lambert.

Après avoir traversé la Meuse, les quatre hommes arrivent à Liège où ils sont cachés dans l'usine de machines à coudre Singer, fermée à l'époque. C'est à Liège que leurs chemins se séparent (?). Un BEUNKENS reçoit Lambert le 24 février et le guide le même jour chez Albert DERKS 21 Rue Gaucheret à Schaerbeek. Il est ensuite pris en charge par Simone GAZET à la Gare du Midi à Bruxelles le 14 mars 44 à 11h00, puis passé par VAN EECKHAUT de Waterloo avec John Graney et Angelo Gambino, les frais de transport et subsistance étant payés par Anne BRUSSELMANS-MAGNEE. Un article publié le 1er février 1996 dans le "Daily News Record" (Harrisonburg, Virginia) à propos d’Albertine VAN EECKHAUT, nous apprend que c’est son fils Marcel, âgé de 15 ans en 1944, qui a rencontré Tarleton et 3 autres aviateurs dans une église à Bruxelles. Il les a ensuite guidés en tram depuis Bruxelles jusqu’à Waterloo pour être logés chez ses parents, tenanciers d’une auberge, dans laquelle le couple a caché de nombreux Juifs, résistants et réfractaires durant le conflit. Nous en déduisons que les trois autres aviateurs étaient Gambino, Graney et Tarleton. Tarleton, interviewé également pour l’article, précise qu’il est resté une semaine à Waterloo. La liste des Helpers belges reprend bien Oscar et Albertine VAN EECKHAUT au 8 Avenue Belle Vue à Waterloo. Nous pensons que le retour de Tarleton (et des 3 autres) vers Bruxelles, se sera effectué de la même façon qu’à l’aller : convoyage en tram par le jeune Marcel VAN EECKHAUT. A noter qu’après le décès d’Oscar en 1959, son épouse Albertine a émigré vers les États-Unis où elle est décédée le 2 janvier 2002 à New Market, Virginie, âgée de 95 ans. Son fils Marcel vit aux États-Unis (Woodland Park, Colorado) en 2018.

Lambert est alors conduit par Valentin GILLIEAUX chez Mme Élise CAËLS, veuve d'Arthur HUBEAUX, au 74 Rue de Couillet à Marcinelle, pendant que Graney et Gambino vont avec Simone GAZET à Nalinnes ou Gilly. Lambert loge deux semaines chez Élise CAËLS et le 30 mars (?), GILLIEAUX rassemble Lambert, Graney et Gambino chez Mme Vve HUBEAUX pour les conduire quelques heures plus tard chez Florent HONNORE, Avenue Eugène Mascaux à Marcinelle, où ils passent une nuit. [Ici, confusion : dans son rapport, Gillieaux dit qu'il les a conduit chez M. PETIT, route de Beaumont à Marcinelle… ?] Il s'agit de Oscar PETIT (à la pâtisserie "Petit-Pierre" exploitée par Oscar PETIT et Eglantine PIERRE) au 37 Rue de la Régence à Charleroi. Le 31 mars, Lambert est conduit par Mme BAUDE et M. FRANCE à Bomerée (Montigny-le-Tilleul) à l'auberge de l'M de Georges LEFEBVRE et Mlle HONORE.

Lambert y restera tout le mois d'avril. En début mai, Georges LEFEBVRE et Mme Renée SPINEAUX le conduisent alors chez Mme Vve Camille SPINEAUX, au 18 Rue des Déportés à Jamioulx, où il restera jusqu'à la fin juillet. Une dame vient alors de Bruxelles le chercher, avec comme mot de passe une piécette identique à celle qu'avait reçu Lambert de Valentin GILLIEAUX. La dame le ramène à Bruxelles, tandis que Graney et Gambino restent dans l'agglomération de Charleroi.

Simone GAZET confirme qu'à son retour de Paris, elle avait retrouvé Lambert logé à la Rue des Déportés à Jamioulx, grâce aux soins de Valentin GILLIEAUX. Après le 21 Juillet, GAZET (qui est recherchée et est dans la clandestinité au Sud de Mons) le fait prendre par Mme DUMONT. John Graney et Angelo Gambino quant à eux ont été arrêtés entretemps.

Lambert, lui, reste finalement à Liège (? voir la fiche de Kenneth Pratt ; il semble que ce soit plutôt Ciney) et y est libéré par des troupes américaines. Il est conduit en camion de Liège à Paris, où il reste trois jours avant de rentrer en Angleterre le 10 septembre pour rejoindre son unité (très probablement avec Kenneth Pratt depuis Le Bourget). Earl Lambert est rapatrié aux Etats-Unis au début du mois d'octobre 44.

Le seul nom de personne qui l'ait aidé et qui soit repris dans l'"Appendix C" de son bref rapport d'évasion est celui de Georges CHARTERON de l'Armée Blanche. A la question posée dans son rapport quant à savoir s'il a tué des Allemands lors de son évasion, Lambert indique laconiquement : "Peut-être quelques-uns pendant que j'étais avec l'Armée Belge"… (il veut évidemment dire l'Armée Blanche. Aucune précision de l'endroit ni des dates de cette période particulière.

Merci à Teunis "Pats" Schuurman pour la photo d'Earl Lambert en uniforme de son site, et qui provient de la famille d'Earl Lambert.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters