Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 11 août 2011.

Benjamin William NAYLOR / 1386637
9 St Margaret's Avenue, South Harrow, Middlessex, Angleterre

Sgt, RAF Bomber Command 106 Squadron, mitrailleur arrière
Atterri à "De Zig", près de Molenbeersel, au Nord-Est de Bree (Limbourg belge)
Avro Manchester Mk I, n° série L7301, ZN-D, abattu par la Flak la nuit du 30 au 31 mai 1942 lors d'une mission de nuit sur Cologne.
Ecrasé sur une digue à Bree (Limbourg belge).
Durée : 3 semaines
Passage des Pyrénées : le 24 juin 1942

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion n° SPG 3309/773.

L'appareil décolle à 23 heures 01 de Skellingthorpe. Fort endommagé par la Flak à hauteur de Cologne après avoir largué ses bombes sur l'objectif, l'avion perd de l'altitude et devient difficile à manoeuvrer. Pour donner un maximum de chances à ses hommes de sauter en dehors du territoire allemand, le pilote, P/O Leslie Thomas Manser, donne l'ordre d'évacuer l'appareil tout en faisant comprendre qu'il tenterait de ramener l'appareil en Angleterre.

Six hommes sautent en parachute au-dessus du territoire belge et, pendant leur chute, voient l'avion piquer soudainement du nez et s'écraser en flammes au sol.

Le P/O Manser périt dans le crash et est enterré au Heverlee War Cemetery. Il a été décoré à titre posthume de la Victoria Cross.

Les six rescapés : Robert Horsley, Leslie Baveystock, Allan Mills, Stanley King et Naylor parviendront à s'évader, le P/O R. J. Barnes se faisant arrêter par la suite et interner au Stalag Luft 3 - prisonnier N° 370.

Naylor cache son équipement à l'atterrissage et attend l'aube dans un bois. Un fermier nettoye ses blessures et lui donne une chemise propre et un bol de lait. Il se rend à une autre maison où ses plaies sont désinfectées et pansées. Il retourne se cacher dans le bois. En revenant, on lui dit qu'il retrouvera Allan Mills dans le bois. Ils mangent et on les renvoie dans le bois.

C'est la ferme des GRUNNEN à Bree, où l'épouse seule est dans une filière. Deux hommes les conduisent à vélo dans un moulin à vent appelé le MOULIN ROUGE (à Dilsen, chez Gertrude MOORS - ce surnom doit provenir des aviateurs). Il est convenu d'un signal lumineux s'ils doivent se cacher subitement. Ils y mangent et se lavent, reçoivent des nouveaux vêtements. Ils reçoivent ces vêtements d'un Néerlandais qui tente de gagner l'Angleterre.

Le 1er juin à 04 heures, ils prennent un train pour Tongres et un autre pour Liège. Ils sont accompagnés par Mlle SALLE, de la Villa Aurora à Maaseick. A Liège, ils attendent qu'elle contacte un commissaire de police (Louis RADEMECKER), puis vont attendre devant une église (Saint Barthélemy) sur une place. A l'arrivée du commissaire, Mlle SALLE et le Néerlandais retournent au moulin. Le commissaire prend Mills et Naylor suit son adjoint (Paul BALTEAU). Ils se retrouvent à un carrefour à la sortie de Liège. Ils se rendent à un domicile ou deux dames âgées (Mlles RITSCHDORFF, Rue de Waroux 30) les hébergent une nuit.

Le lendemain, Robert Horsley, Leslie Baveystock, Stanley King et le Néerlandais les rejoignent.

Ils quittent tous Liège le 05 juin, guidés par Paul BALTEAU à la gare de Ans. Deux membres du réseau leur donnent les tickets pour Bruxelles et les séparent en deux groupes. Il est guidé par un courier de Luc-Marc, Germain DEMEESTER. Mills, Naylor et King sont guidés par Pierre DEPRETER dans un flat au 16, appartements du Palais de Justice, chez Théophile VAN STEENBEEK, présenté comme chef du réseau Luc, le fondateur M. LECLERCQ étant à Londres au 34 Brunswick Square. Ils restent dans une petite chambre où Naylor est soigné, et où ils sont très bien nourris, jusqu'au 17 juin. Le fils de VAN STEENBEEK, Henri, prend les photos pour leurs papiers.

Le 17 juin, Andrée DUMONT vient les chercher à Louvain et y prend avec eux le train pour Paris.

A Paris, Frédéric DE JONGH les emmène dans un appartement où ils rencontrent deux Polonais de la RAF, un certain "CHUDYECKI". Il s'agit de Edward Siadecki et de Waczan Czekalski. Le groupe est divisé : King et un Polonais vont à Asnières chez Reine THOMAS qui tient une épicerie avec sa mère au 25 Rue Bapts, et y restent jusqu'au 22 juin. Mills et Naylor vont au 2 Rue Émile Dequen à Vincennes chez un capitaine français, Léon VIOLETTE, qui héberge pour la première fois.

Ils se revoient tous le soir du 22, en embarquant dans le train pour Saint-Jean-de-Luz. Ils sont avec Siadecki, "Dédée" DE JONGH, et une autre femme qui s'est cassé la jambe dans les Pyrénées (Elvire MORELLE).

A Bayonne, Tante Go les rejoint avec "son mari". Ils ont les tickets depuis Bayonne. A Biarritz, Naylor et Siadecki sont pris par cet Anglais (certainement "Bee" Johnson, et non Fernand DE GREEF). Mills et King restent à bord du train avec Andrée et Elvire et descendent à Saint-Jean-de-Luz, où tous se retrouvent chez Ambrosio SAN VICENTE, au 7 Rue Salagoïty.

Le 24 juin, le groupe est guidé individuellement jusqu'à Urrugne (à la maison Maison Bidegain Berri, chez Françoise HALZUET épouse ISANDIZAGA). A 23 heures, un guide basque et Andrée DE JONGH les font passer en Espagne. C'est le 15e passage de Comète par Saint-Jean-de-Luz. Ils prennent le breakfast dans un café et Andrée DE JONGH va chercher un taxi à San Sebastian. Ils y sont logés dans un flat (chez Bernardo ARACAMA), où le vice-consul vient prendre note de leurs identités. Ils vont au cinéma avec leur logeur et partent de nuit dans la voiture de l'ambassade, à Madrid.

Le 1er juillet, ils partent pour Gibraltar.

Ils en partent le 06 pour arriver à Gourock le 12 juillet 1942, probablement sur le S/S Narkunda, sans Siadecki.

Le pilote, Leslie Manser, a reçu la Victoria Cross à titre posthume pour avoir continué à piloter son appareil pendant que l'équipage sautait en parachute. (Info de Neil Mackay, neveu de Allan Mills). [The citation in the London Gazette of 20th October, 1942 gives the following details : Flying Officer Manser was captain and first pilot of an aircraft which took part in the mass raid on Cologne on the night of 30th May, 1942. Despite searchlights and intense and accurate anti-aircraft fire he held his course and bombed the target successfully from 7,000 feet. Thereafter, although he took evasive action, the aircraft was badly damaged, for a time one engine and part of one wing were on fire, and in spite of all the efforts of pilot and crew, the machine became difficult to handle and lost height. Though he could still have parachuted to safety with his crew, he refused to do so and insisted on piloting the aircraft towards its base as long as he could hold it steady, to give his crew a better chance of safety when they jumped. While the crew were descending to safety, they saw the aircraft, still carrying the gallant captain, plunge to earth and burst into flames. In pressing home his attack in the face of strong opposition, in striving against heavy odds to bring back his aircraft and crew, and finally, when in extreme peril, thinking only of the safety of his comrades, Flying Officer Manser displayed determination and valour of the highest order.]

Quelques détails se trouvent sur cette page.


Mot de remerciement de Benjamin Naylor dans le carnet d'Ambrosio San Vicente.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters