Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 17 janvier 2017.

Joseph "Joe" Thomas PACK / 1375376
Victorville, Egerton, Ashford, Kent, Royaume-Uni
Né en 1918 / † en août 2005
Sgt RAF Bomber Command 35 Squadron, pilote
Lieu d'atterrissage : à Molenbeersel à quelques centaines de mètres de son avion.
Handley Page Halifax Mk II - W7701 (TL-U),abattu par un chasseur DANS la nuit du 08 au 09 juin 1942 lors d'une mission sur Essen.
Appareil écrasé à 01h50 le 09 juin à Molenbeersel en Limbourg belge.
Durée : 6½ semaines.
Passage des Pyrénées : le 02 août 1942

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion de Joseph Pack : SPG 3310/817 (Annexe C). Le texte ci-dessous s'en est inspiré, de même que du résultat de nos recherches et de celles de son fils, Jeffrey Pack.

Peu après son atterrissage en terrain marécageux, Joseph Pack cache son équipement et se dirige en marchant et courant vers le Sud-Ouest jusque 05h30. Il dort le reste de la journée du 09 et poursuit sa route la nuit suivante, traversant sans s'en rendre compte la frontière hollando-belge. Il est trouvé par Albert BIDELOT qui part lui chercher des vêtements et est entretemps caché par des fermiers nommés NIJSKENS près de Maaseik (à Neeroeteren). Ceux-ci signalent sa présence à la Résistance et un peu plus tard, BIDELOT revient avec un homme qui se prétend des services secrets (Mathieu TRAS-NYS) et qui lui déclare qu'il le prendra à vélo pour le conduire en Suisse... En fait, son périple à vélo se limite à être conduit par BIDELOT et un homme plus âgé en traversant le canal et une rivière pour arriver aux alentours d'Ophoven.

Pack est ensuite amené par G. GROSERMAN et HILVEN à la maison de ce dernier tout près d'Ophoven où vivaient deux dames plutôt âgées. On lui donne à manger, on lui sert du champagne et il loge là pour la nuit. L'après-midi du 10, une femme d'environ 25 ans lui apporte des vêtements civils. Elle revient à vélo vers 19 heures, accompagnée de son fiancé et remet un vélo à l'aviateur, qui roule ensuite à côté du jeune homme, la fiancée les suivant à distance.

Le groupe arrive à un moulin à Dilsen, appartenant à Maria MOORS. Ils y attendent un docteur (probablement le Dr Michel GROENEN comme pour Leslie Baveystock, qui est supposé amener Pack en voiture en Suisse. La femme du médecin, Ida Titta BEMELMANS, est née à Ceylan, actuellement le Sri Lanka et le docteur, qui parle anglais, interroge Joseph le 11 juin jusqu'à 01 heure du matin.

Très tôt le même matin, vers 06h30, "Gertrude" MOORS, "dont le mari se trouve avec l'armée Belge en Ecosse" et qui avait également un demi-frère dans les Forces Belges en Grande-Bretagne, l'emmène en tram vers Liège, en compagnie de deux hommes chargés de protégéer l'aviateur des autres voyageurs. Arrivés à Liège à 10h30, ils se rendent à une église (Saint-Barthélémy), où Pack est remis à un homme âgé qui se révèlera être Louis RADEMECKER, chef de la police liégeoise. RADEMECKER le conduit en tram chez Jenny et Mathilde RITSCHDORFF au 30 Rue de Waroux, à Liège, où Pack est hébergé pendant environ dix jours (une semaine tout au plus) et où on lui procure d'autres vêtements. Pendant son séjour, une dame anglaise lui apporte des livres en anglais (il s'agit de Mme Helen DOCTEUR-LINDERMAN, une Américaine veuve d'un Belge).

Le 20 juin est renseigné par Pack comme étant la date où un ex-officier belge (Paul SCHOENMAECKER ? Maurice COLLIGNON, chef de la Police de Louvain ?) le conduit en tram à Louvain, d'où un jeune homme le guide, également en tram, jusqu'à Bruxelles, dans son appartement au Ministère de la Justice, où il prend Pack en photo. Le dossier ARA de Léopold EVRARD mentionne que Pack "fut hébergé de cette date [10 juin] par Mlles RITSCHDORF de Liège. Le 19 juin 42, Pierre DEPRETER (Chef de Luc) le prenait en charge, le remettait à Henri VAN STEENBEEK à Louvain. Celui-ci le ramenait à Bruxelles, où il le plaçait chez LEBLOIS pour un jour. Le 21 juin 42, il était placé chez EVRARD où il restait jusqu'à son départ". (Par ailleurs, Pack est repris comme un des 12 aviateurs conduits par Thérèse GRANDJEAN de Liège chez les DE GROEVE au 773 chaussée de Gand à Bruxelles…)

Le père du jeune homme emmène Pack à environ 20 Km hors de la capitale, chez Roger et Stéphanie LEBLOIS à Hoeilaart. Cette dernière est secrétaire au Ministère de la Justice, et Roger élève des chevaux. Selon le rapport de Pack, c'est le 4 juillet que lui et d'autres évadés sont ramenés à Bruxelles et conduits dans une conciergerie du Palais de Justice, sous la Cour d'Assises, où Pack reçoit une fausse carte d'identité et une carte allemande pour passer la frontière. Leur guide est Pierre DEPRETER et les logeurs de Pack sont Léopold EVRARD et Marie RIOCROS, du 4 Place Poelaert, en face du Palais de Justice. De là, par des passages souterrains du Palais, Pack passe souvent en face chez une autre famille, qui doit être celle de Henri VAN STEENBEEK, habitant un des appartements du Palais de Justice même, au n° 16 de la Place.

Le 1er juillet (le 5 juillet selon le rapport de Pack), un ex-officier et chef d'une organisation le conduit à Louvain avec Bernard Evans et un P/Off qui plus tard fut fait prisonnier en Espagne (c'est John Watson). Il semble que ce soit plutôt Andrée "Nadine" DUMONT qui ait été leur guide pour ce voyage. Elle préfèrait monter à Louvain pour éviter les contrôles de plus en plus sévères aux entrées des gares bruxelloises. Par la suite, les trois hommes prennent le train de Paris toujours avec "Nadine" DUMONT. Il y eut des incidents à la frontière avec Watson qui répondait de travers aux questions des douaniers, mais "Nadine" les fit tous passer pour des sourds-muets. Arrivés à la Gare du Nord à Paris, on les mène à l'Hôtel du Luxembourg dans le Quartier Latin, où Frédéric DE JONGH avait une chambre.

Plus tard dans la journée, "Nadine" retourne à Bruxelles et les aviateurs sont pris en charge par Frédéric DE JONGH et sa fille Andrée ("Didi"/"Dédée"). Evans et Watson, eux, partant ensuite à Saint-Maur avec DE JONGH et sa fille, tandis que Pack va loger chez René Coache et se famme Raymonde à Asnières. Il y reste environ deux semaines, avec deux soldats écossais (James Goldie et William Mac Farlane) avant de passer deux autres semaines chez "M. ANDRE" (Frédéric DE JONGH), très probablement à Saint-Maur, comme en témoigne la photo en bas de page.

Le rapport de Pack indique que le 31 juillet 1942, il monte dans un train pour Bordeaux à la Gare d'Austerlitz. Il est en compagnie de Mac Farlane, William Norfolk et Peter Wright), leur guide étant Andrée DE JONGH. Occupant des compartiments réservés aux Allemands, ils sont rejoints en cours de trajet par "Bee" Johnson et Tante Go (Elvire DE GREEF).

Passant par Biarritz, ils arrivent finalement à la gare de Saint-Jean-de-Luz où, pour éviter les contrôles, ils sortent par la porte des toilettes qui donne sur la rue, et se rendent ensuite chez Ambrosio SAN VICENTE au 7 RUe Salagoïty. C'est le 18e passage de Comète par Saint-Jean-de-Luz avec Albert "Bee" Johnson.

Après la traversée de la Bidassoa avec Florentino GOIKOETXEA et Bee JOHNSON le 02 août, ils demeurent deux nuits à San Sebastian (non pas chez chez Bernardo ARACAMA, mais chez Federico ARMENDARIZ au 2e étage du 3 Calle de la Marina à San Sebastian, près de la Concha, plage de San Sebastian) et sont ensuite conduits à Madrid dans une voiture de l'ambassade. Là, ils logent dans des cabanes de bois qui abritaient parfois jusqu'à soixante "locataires".

Pack et ses deux compagnons partent alors en train pour Gibraltar, d'où Joseph envoie un télégramme à sa famille le 13 août. Il a l'occasion de faire un vol local à Gibraltar en hydravion Sunderland et quitte Gibraltar le 19 août sur un destroyer de la Royal Navy qui protège un convoi très lent tentant d'éviter les sous-marins allemands dans l'Atlantique. Le 25 août, ils arrivent à Londonderry en Irlande du Nord, d'où un ferry les mène à Larne. De là, ils passent à Stranraer en Ecosse, d'où un train les emmène vers la gare de Euston, à Londres. Comme on leur avait dit de se présenter immédiatement au Ministère de l'Aviation dès leur arrivée, ils s'y rendent, mais les bureaux sont fermés ce dimanche. Pack décide alors de prendre un train jusque Charing dans le Kent et il arrive finalement chez lui à Egerton, où il apprend de sa mère qu'elle avait reçu la veille un télégramme l'avisant de ce que son fils étant manquant, supposé mort en service. Joseph Pack retourne le lendemain à Londres et y est debriefé le même jour par les services du MI-9.

Son fils, Jeffrey Pack, a écrit un livre relatant les années de son père sous les drapeaux et notamment les péripéties de son évasion : "Love is In the Air" - Woodfield Publishing Ltd, England.


Mot de remerciement de Joe Pack dans le carnet de Ambrosuio San Vicente.

Joe Pack (assis à droite) devant la villa de Saint-Maur-des-Fossés.
A Côté de lui, Jeanine De Greef. Debout à gauche, Elvire Morelle. Debout à droite, Gabrielle Dommain, la fille du maire d'Anglet.
Les deux autres personnes devraient être William Norfolk (debout) et Peter Wright (assis).


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters