Personne cachée jusqu'à la libération

Dernière mise à jour le 21 novembre 2012.

Anthony L. PAOLANTONIO - 32428719
158 Depeyster Street North, North Tarrytown, Sleepy Hollow, Etat de New York.
Né le 21 janvier 1921 dans l'Etat de New York/ † ?.
S/Sgt, USAAF 392 Bomber Group 579 Bomber Squadron, mitrailleur.
Lieu d'atterrissage : à 5 Km de Waterloo. Boeing B-24 Liberator, 42-7484, GC-L / "Sally Ann", abattu par des chasseurs FW 190 le samedi 29 janvier 1944 vers 12h30-13h00 lors d'une mission sur Francfort.
Atterrissage forcé (crash où il explose) tout près de Waterloo, derrière la ferme de Mont St Jean.
Durée : 7 mois
Caché à Bruxelles, Anderlecht.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 2548. Rapport d'évasion E&E 1875 (disponible en ligne mais fort succinct).

Le B-24 décolle de Wendling à 08h00 et, alors qu'il survole la côte, deux de ses turbo-compresseurs tombent en panne et, s'éloignant de la formation, il est attaqué par des chasseurs. L'aile gauche est détruite de même que la conduite de carburant au moteur n°4. Du fuel se déverse par la soute à bombes alors que celles-ci sont larguées, l'appareil faisant demi-tour vers l'Angleterre à une altitude de 1.850 m seulement.

Il est impossible pour le mécanicien William Mattson de stopper la fuite et comme le B-24 est menacé d'une nouvelle attaque de chasseurs, le pilote, 1Lt John Stukus, plonge sous la couverture nuageuse à environ 800 m. Les chasseurs passent par-dessous les nuages et, lorsque cette protection disparaît, ils attaquent à nouveau le bombardier. Une explosion dans la soute à bombes en propulse les portes jusque dans le compartiment radio, le système hydraulique lâche et le pilote donne l'ordre d'évacuer l'appareil.

Le 1Lt John Stukus (pilote) et le 2Lt John E. Moffat (copilote) sont immédiatement fait prisonniers par les Allemands stationnés au Lion de Waterloo. Le navigateur 2nd Lt Ronald R. Lindlow et le bombardier 2nd Lt Lester E. Gentry sont tués par des coups directs dans le cockpit. Lindlow repose au Golden Gate National Cemetery à San Bruno en Californie, mais le corps de Gentry n'a jamais été retrouvé et son nom figure aux tablettes du Mur des Disparus au cimetière américain de Cambridge en Angleterre. Le reste de l'équipage est un temps officiellement déclaré manquant en action. En fait, parmi les autres survivants qui réussissent à éviter la capture, quatre seront "libérés" en septembre 44 : Anthony Paolantonio (la présente fiche), William McGinley, Joe McCrary et Louis Rosati. William Mattson, quant à lui, passera en Espagne via les Pyrénées. Marshall Crouch et James Dykes, eux, d'abord évadés, seront fait prisonniers ultérieurement, ce dernier échappant à l'emprisonnement dans un camp en Allemagne (voir sa fiche).

Anthony Paolantonio, qui saute à environ 1.500 m, déclare avoir vu l'avion exploser en l'air quelques secondes après, sous les yeux aussi d'une centaines de spectateurs au sol. Son rapport E&E indique seulement qu'il a une coupure à la jambe et que ce sond des belges qui ont emporté son parachute, son harnais et sa Mae West. Dans l'Appendix "C" de son rapport il ne cite les noms et adresses que du couple Bottelier à Anderlecht et "Vander Meiren" à Schaerbeek, ajoutant qu'il a été aidé par beaucoup d'autres personnes également, dont il n'a cependant pas noté les noms, par peur de les voir identifier par la Gestapo en cas d'arrestation.

Pour l'équipage de ce bombardier, un M. PESTIAU de Braine L'Alleud, domicilié 22 Rue des Muguets à Ottignies s'est occupé de Rosati, Paolantonio, Dykes et McGinley. Un certain SANDERS s'est occupé de Paolantonio. Une Mme VAN EECKHOUT et une Mme WILLIAME de Waterloo ont été mêlées à cette affaire.

Crouch, Dykes, Rosati, McGinley et Paolantonio, après avoir été cachés à Nivelles chez Édouard alias "Coco" PARDONCHE (fils de Camille PARDONCHE, tous deux résistants bien connus de l'endroit), ont été acheminés par Edouard ainsi que par son beau-frère Paul JOSSIEAUX et par Henri VOITURON pour être conduits à Feluy (Seneffe) au 15 Rue Victor Rousseau, chez Henri OTS et son épouse Victorine, où ils sont restés cachés du 12 au 26 février 1944.

Le 3 avril 1944, Rosati et Paolantonio sont amenés à Bruxelles par René HANQUET de Rebecq et ils sont remis à Hubert GEENEN, résistant traqué. Il les cache chez sa propre logeuse, Mme VANDERMAIRE-DUBRAY veuve MARTENS au 12 Rue Navez à Schaerbeek, jusqu'au 26 avril. Le 15 avril 44, une requête via la Croix-Rouge allemande est adressée aux parents de Paolantonio dans l'état de New York, mais l'adresse indiquée (353 Rue Stévin) est manifestement fausse.

Hubert GEENEN remet alors Paolantonio et Rosati à Jean GHILAIN. Après un contact avec l'abbé Henri VAN OOSTAYEN, Simone SCHREYEN et Marcel VAN BUEKENHOUT viennent les voir le jour même et les prennent en charge.

Victor SCHUTTERS indique avoir convoyé Paolantonio dans Bruxelles dans son camion de la SNCB (Société Nationale des Chemins de Fer Belges).

Paolantonio est placé le 27 avril chez les Guillaume BOTTELIER et son épouse au 29 Rue de la Vérité à Anderlecht, puis à partir du 6 mai et pour 61 jours chez Marguerite QUINTARD-LEGRAIN, dans l'épicerie du coupe au 47 Rue Edgard Tinel à Anderlecht. Il revient chez le couple BOTTELIER le 06 juillet et y reste jusqu'à la libération (7 semaines). Il est rapatrié en Angleterre le 09 septembre et y est débriefé le même jour par l'IS9.

Merci à Régis Decobeck de Waterloo pour ses renseignements.


Debout : Dykes, McGinley, McCrary, Rosati, Paolantonio, Mattson
Devant : Gentry (bombardier), Stukus (pilote), Moffat (co-pilote), Lindlow (navigateur).

Des membres de cet équipage cachés à Nivelles avec de gauche à droite : Dykes, Paolantonio, Rosati, McGinley, Edouard Pardonche et Crouch.
La photo a été prise dans la cour du garage Pardonche, à l'arrière du n°1 de la Rue du Mont-Saint-Roch.


(c) Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters