Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 7 juin 2017.

Ronald Evennett PEARCE / Aus 403034
31 Lucretia Avenue, Longueville, New South Wales (Sydney), Australie.
Né le 7 septembre 1919 à Sydney, New South Wales, Australie / † ?
Sgt, RAF Bomber Command 405 Squadron, copilote
Lieu d'atterrissage: 4 Km au Nord de Maaseik.
Handley Page Halifax Mk II, W7718, LQ-T, abattu la nuit du 31 juillet au 1er août 1942 lors d'une mission sur Düsseldorf, cause de la perte non établie.
Écrasé à 03h05 à 2 km au sud de Heppeneert, près de Maaseik (Limbourg belge).
Durée : 3 ½ semaines.
Passage des Pyrénées : le 24 août 1942.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3310/858.

Le Halifax décolle de Pocklington à 23h00 et est abattu vers 2 heures du matin le 1er août. Dans son SPG, Pearce ne donne pas la cause de l’incendie qui se déclare, disant seulement que l’appareil a explosé en touchant le sol. Le reste de l’équipage se compose du pilote, le F/Sgt Donald E. West (RCAF), du navigateur le P/O William R. Bandeen (RCAF), de l’opérateur radio le F/Sgt L. J. O. Nadeau (RCAF), du mécanicien le Sgt William D. Gibbon (RAF), du mitrailleur dorsal le Sgt Joseph H. G. Howard (RCAF) et du mitrailleur arrière le F/Sgt Ivor Watters (RAF). Ce dernier, coincé dans sa tourelle, ne pourra quitter l’appareil et sera tué dans le crash. Il repose au Heverlee War Cemetery près de Leuven/Louvain, Belgique. Tous les autres, sauf Ronald Pearce et Laurent Nadeau, seront fait prisonniers.

Pearce atterrit juste à la frontière néerlandaise au Nord de Maaseik. Il jette son parachute dans une rivière (la Meuse ou un des canaux) et va porter secours au Sgt Nadau, son opérateur radio, dont la jambe est trop blessée que pour marcher. Il dut l’abandonner et apprit par après qu'il se trouvait dans un hôpital belge. Laurent Joseph Onesime Nadeau est mort de ses blessures à l’Institut Bordet à Bruxelles le 3 août 1942 et repose au Cimetière de Bruxelles à Evere.

Pearce marche au Sud-Ouest jusqu'à l'aube. Il frappe à une ferme pour demander où il est, et la fermière, en réalisant qui il est, le tire à l'intérieur. Elle envoie son fils en vélo, puis il reçoit des vêtements avant d’aller se cacher dans des buissons. Le soir, le fils revient avec un papier où il est inscrit en mauvais anglais qu'il sera en Angleterre dans 48 heures. Le même soir, à 23h00 on lui donne à manger et le lendemain le 3 août à 4 heures du matin, un homme l'emmène en tram vicinal à Liège (probablement le Capitaine néerlandais Nicolas ERKENS de JAM). Le trajet dure près de trois heures et Pearce est alors mené dans un café où il est confié à un homme plus âgé. Cet homme (le commissaire de police liégeois Louis RADEMECKER/RADEMACKER ?) l'y guide chez deux dames également âgées (Mlles Jenny et Mathilda RITSCHDORFF, au 30 rue de Waroux), où il loge deux jours.

Le 6, il est guidé par un jeune garçon depuis le café de Liège jusqu’à Bruxelles où, après deux heures passées à déambuler dans la ville avec les deux jeunes filles qui l’avaient pris en charge et se faire prendre en photo dans un grand magasin, il est mené par l’une d’elles, "Monique" Thérèse GRANDJEAN, chez Arthur DE GROEVE au 773 Chaussée de Gand. Il reste là deux jours et rencontre William Orndorff le 8 août, jour de leur départ avec Andrée DUMONT à Paris.

A leur arrivée, ils se rendent à l'Hôtel du Parc Luxembourg, qui n'est plus utilisé par Comète, mais Andrée DUMONT l'ignorait. "Nadine" (Son surnom de Nadine lui fut donné à Paris) part ailleurs et ils vont attendre dans les jardins du Luxembourg, quand "Kiki" leur téléphone et dit qu'il arrive de suite. Orndorff et Pearce font ainsi la connaissance de Frédéric DE JONGH. Il doit leur montrer des photos de John Angus McLean pour qu'ils le croient. "Nadine" revient avec de la nourriture et ils passent la journée à l'hôtel. Frédéric DE JONGH repart à 18 heures, et ils le suivent après 20 minutes jusqu'à la station de métro Odéon. Ils remarquent un homme qui les suit et marchent pour le semer. Ils reviennent à l'hôtel du Parc Luxembourg, mais ne le perdent que dans les jardins.

Andrée DUMONT les conduit alors Rue de Grenelle, où ils passent la nuit chez le concierge d'une maison de maître (Il devrait s'agir d'Albert DULIN, un transporteur veuf qui habite au n° 59, qui déclare effectivement un Américain ou Australien avec Andrée DUMONT une nuit). Le matin, Frédéric DE JONGH vient les amener à Asnières et Andrée DUMONT rentre à Bruxelles.

A Asnières, Pearce et Orndorff rencontrent William McLean et Geoffrey Silva, ainsi que la fille de "Kiki", Andrée DE JONGH. Pearce est cité comme ayant été logé par Reine THOMAS au 25 Rue Bapts à Asnières-sur-Seine, au nord de Paris. Ils partent ensemble ce même jour vers l'Espagne.

Nous sommes donc le samedi 15 août 1942. Pearce et Orndorff restent trois jours chez Reine THOMAS avant d'être guidés chez Charles LECOURT au 98bis Rue du Cherche-Midi à Paris VIe, pour trois jours supplémentaires.

Frédéric DE JONGH vient alors les conduire chez lui à Saint-Maur-des Fossés, en Val de Marne près de Vincennes. Ils y restent jusqu'au 22 août. Ce jour, ils vont loger chez Aimable FOUQUEREL au 10 Rue Oudinot à Paris VIIe. John Bennett et J. Bruce Black y sont déjà. Ils y passent la nuit. Le lendemain, Frédéric DE JONGH leur apprend que Andrée DUMONT ("Nadine") et ses parents ont été arrêtés à Bruxelles et qu'il pense que des armes et des faux papiers ont été découverts chez eux.

Le lendemain, le 22 août, Black, Pearce, Bennett et Orndorff partent pour Saint-Jean-de-Luz, accompagnés d'Albert de Ligne.

A Bayonne, ils sont attendus par Andrée DE JONGH et une autre fille (Jeanine DE GREEF ?) qui leur donnent des tickets en seconde classe jusque Saint-Jean-de-Luz, mais les font rester dans leur compartiment de première classe. Ils durent payer le supplément lors d'un contrôle. Un Anglais ("Bee" Johnson) les attend à la gare et les salue comme de vieux amis. Ils passent la nuit chez Ambrosio SAN VICENTE au 7 Rue Salagoïty à Saint-Jean-de-Luz.


Mot de remerciement de Pearce dans le carnet de Ambrosio San Vicente.

Le lendemain après-midi, ils rencontrent un guide dans une ferme et parviennent en Espagne le 24 août dans le 20e passage de Comète par la Bidassoa, accompagnés de Andrée DE JONGH et "Bee" JOHNSON.

DE JONGH, Pearce et Albert de Ligne vont à San Sebastian pendant que Black, Orndorff et Bennett restent à l'hôtel. DE JONGH vient les prendre en voiture et ils dorment tous chez chez Federico ARMENDARIZ, au 2e étage du 3 Calle de la Marina à San Sebastian, près de la Concha, plage de San Sebastian.

Le 25, la voiture de l'ambassade vient les prendre pour Miranda où ils rejoignent un autre groupe et roulent jusque Madrid. Ils y restent jusqu'au 3 septembre. Ils prennent le train pour San Rocques, puis le bus jusque Gibraltar.

Ronald Pearce quitte Gibraltar par avion le 13 septembre 1942 et arrive à Whitchurch en Angleterre le lendemain. Promu entretemps Pilot Officer, Pearce est interrogé le 15 septembre à Londres par le MI9 pour l’établissement de son rapport d’évasion. Il est démobilisé le 21 janvier 1946 avec le grade de Flight Lieutenant.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters