Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 14 avril 2016.

Errol George PRICE / R84592
Canterbury, New Brunswick, Canada (318 Esther Street, Pembroke, Ontario en 1947)
Né le 7 septembre 1921 à Canterbury, York, New Brunswick, Canada / † le 5 février 1979 à Pembroke, Renfrew, Ontario, Canada
Sgt RCAF, RAF Bomber Command 158 Squadron, bombardier
Atterri en parachute entre Nunspeet et Epe, à 15 Km au sud-ouest de Zwolle, Pays-Bas.
Handley Page Halifax Mk II - W1215 - NP-C "Charlie", abattu dans la nuit du 5 au 6 août 1942 lors d'une mission sur Bochum, par un chasseur du 111./NJG1 (Lt August Geiger).
Ecrasé 01h28 à Oldebroek (Gelderland, Pays-Bas)
Durée : 5 semaines.
09 septembre 1942.

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion d'Errol Price SPG 3311/972 (incomplet).

L'appareil décolle d'East Moor à 22h13 et, au retour de leur mission remplie avec succès (bombardement sur Bochum, dans la Ruhr), ils sont attaqués par un avion de combat de nuit allemand. L'appareil est en feu et l'ordre de l'évacuer est donné.

Le pilote, P/Off Clive Henry Phillips, RAAF et le mitrailleur arrière P/Off John Edwin Marshall, RAF, seront tués. Ils sont inhumés au Cimetière municipal d'Oldebroek en Gelderland, Pays-Bas.

Quatre hommes seront fait prisonniers : Sgt D. H. Furness, RAF, mécanicien (Stalags VIIIB et 344 à Lamsdorf puis Stalag Luft 7 à Bankau), P/Off Leslie Vincent Harvey, RAAF, navigateur (s'adresse à une ferme au lever du jour ; on l'y nourrit et soigne ses blessures avant de devoir appeler les Allemands, vu sa condition ; interné au Stalag Luft 3, Sagan), Sgt W. A. Thompson, RAF, mitrailleur (Stalags VIIIB et 344 à Lamsdorf) et le Sgt J. A. Byrne, RAF, opérateur radio/mitrailleur dorsal (Stalags VIIIB et 344 à Lamsdorf).

Errol Price, qui sera le seul évadé, atterrit dans un champ à environ 15 km au Sud-Sud-Ouest de Zwolle. Il marche à travers champs durant trois jours et arrive au village de Hoenderloo où il est hébergé une semaine chez Hendrik ELBERTSEN au 59 Apeldoornseweg. Le fils Jon le guide ensuite à vélo vers la frontière belge et ils arrivent vers 18 heures à 's Hertogenbosh où Jon ELBERTSEN le quitte pour rentrer chez lui. Price roule désormais seul vers le sud et, le 19 août, le jour du raid sur Dieppe, se trouve à 6 km de la frontière belge.

Il contacte un officier des douanes Hollandais qui l'aide à traverser la frontière. Arrivé aux abords de Turnhout, il contourne la ville où se trouvent trop de troupes allemandes. Vers le 22 août, il arrive finalement à un petit hôtel appelé "Les Sapins" ("De Sparren" ?) près de Herselt (entre Geel et Aarschot), chez Mme Jean DELOGIE, une patriote convaincue qui est disposée à héberger des aviateurs n'importe quand et habitera plus tard 5 Rue Max Roos à Schaerbeek.

Vers le 29 août, une jeune fille appelée Elsie (MARÉCHAL), dont la maman est anglaise, rencontre Price dans le village voisin d'Averbode, et l'emmène à Bruxelles par le train. Price reste du 29 au 31 août chez les parents MARÉCHAL au 162 Avenue Voltaire à Schaerbeek. C'est là que Price reçoit de faux-papiers et une nouvelle tenue civile.

Le 31 août, Elsie MARÉCHAL le conduit à la gare et il part en train à Lille avec un guide qui est plutôt élégant, assez grand et le fils d'un comte (il s'agit de Georges d'OULTREMONT). Au cours du trajet, Price est fouillé par des policiers français mais n'est pas davantage inquiété. Arrivés à Paris, les deux hommes sont accueillis par une femme (a dark woman) qui les conduit vers une place où ils rencontrent un homme plutôt âgé avec des lunettes aux verres épais. C'est Frédéric DE JONGH, qui envoie Price passer deux jours dans un petit magasin en banlieue, l'épicerie tenue par Reine THOMAS, au 25 Rue Bapts à Asnières.

Le 2 août (selon son rapport, de même que celui d’Arthur Fay), Price accompagne deux jeunes filles en train vers Bayonne. Dans le même convoi se trouvent un autre canadien, Arthur Fay, un anglais, Thomas Broom et un polonais, Kazimierz Rowicki. A Bayonne, une femme monte dans le train et leur fournit des tickets pour Saint-Jean-de-Luz. Elle est accompagnée d'"un homme grand et mince", "Bee" Johnson.

Arrivé à Saint-Jean-de-Luz, Price et les autres logent chez un Basque jusqu'au 05 septembre. Il s'agit de Ambrosio SAN VICENTE, au 7 Rue Salagoïty, près de la gare. C'est le 22e passage de Comète par la route classique via la gare minière de San Miguel sur la Bidassoa.

Lui et les quatre autres partent alors avec un guide basque vers la frontière. Ils sont interceptés par des douaniers espagnols et, tandis que Price et Fay sont pris, les autres peuvent échapper. Price et Fay passent la nuit dans un poste et sont envoyés le 07 à Irun (selon le rapport de Price, mais ce doit être le 09, puisqu'il avait signé le livre à Saint-Jean-de-Luz en date du 07). Ils restent là une semaine dans de mauvaises conditions, n'y étant interrogés que sur leur seule identité. Le 15 septembre, ils partent pour Miranda, où on les interroge plus en profondeur sur leur unité, type d'appareil, cible, comment ils furent abattus, et sur leur assistance à l'évasion. Leur interrogateur, un agent de la Gestapo se faisant passer pour un prisonnier australien, est décrit comme petit, roux, portant lunettes. Un autre gestapiste, habituellement accompagné d'un chien, a une attitude devenant de plus en plus polie au fil du temps et il ne les interroge plus autant que son collègue.

Le 28 octobre, après six semaines d'internement, Price et Fay quittent Miranda et vont loger à l'hôtel Mora à Madrid pendant quelques jours. Ils partent pour Gibraltar le 1er novembre et ils s'envolent de là le 7 novembre en Dakota pour l'Angleterre où ils atterrissent à Portreath le même jour.

Certaines différences sont manifestes entre les rapports de Price et de Thomas Broom quant aux diverses dates et à la composition des équipes entre Paris et Saint-Jean-de-Luz. Il est possible que la confusion soit due aux conditions de leur incarcération en Espagne.

Errol Price est interrogé à Londres le 08 novembre 1942 et la date de son retour au Canada est mentionnée dans sa lettre au baron Paul Greindl, père de Jean, datée du 6 août 1947 : "Après quelques jours de congé et une visite à mon ancienne escadrille, je retourne au Canada, atterrissant à Halifax le 12 décembre 1942."

Errol Price reçut la 'Distinguished Flying Medal' en 1943 pour la réussite de son évasion (https://www.thegazette.co.uk/London/issue/35891/supplement/651) mais il dira que ceux qui méritent le plus une médaille sont en fait les membres de l'organisation grâce à qui il doit d'être toujours là. Après son retour au Canada, Errol Price suivra des cours de pilotage, obtiendra son brevet le 15 octobre 1943 et recevra un autre matricule, le J.37115, mais il ne reprendra plus le combat, restant cependant en service au Canada avant d'être démobilisé le 23 janvier 1945.


Mot de remerciement dans le carnet de Ambrosio San Vicente.


Repas au 7 Rue Salagoïty.


Photo d’Errol Price que nous a envoyé son fils Michael en septembre 2014 et le montrant à Ottawa, probablement en 1943, étant devenu instructeur de vol.


Errol Price, peu après la guerre, présentant le journal télévisé
de la chaîne Channel 5 à Toronto, Canada.


Les retrouvailles d’Elsie Marechal, Errol Price et Reine Thomas (Mauguaret) en 1974 à Montebello,
sur le fleuve Ottawa, Province du Québec, Canada.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters