Personne passée à une autre ligne d'évasion

Dernière mise à jour le 15 septembre 2020.

William McAdoo QUINN / 06391477
"Maika, British Columbia, Canada" [son épouse Violet May habitait en octobre 1940 à Vancouver, B.C., Canada] - (Hamilton County, Tennessee, USA)
Né le 8 mars 1914, Chattanooga, Tennessee, USA / † le 30 août 1977 à Marysville, État de Washington, USA.
S/Sgt, USAAF 100 Bomber Group 350 Bomber Squadron, radio et mitrailleur dorsal
Atterri en parachute aux environs de Diepenbeek, à 10 km au Sud-Est de Hasselt, Limbourg belge.
Type Boeing B-17 F Flying Fortress - 42-5867, LN-O / "Alice From Dallas", abattu le 17 août 1943, endommagé par la Flak lors d'une mission sur Regensburg.
Écrasé près de Langerlo, un peu au sud de Genk, Limbourg belge.
Durée : 14 semaines.
a été pris en charge par deux autres réseaux pour arriver en Espagne

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 678. Rapport d'évasion de William Quinn : E&E 385 disponible en ligne.

Le B-17 décolle de Thorpe Abbotts à vers 06h00 du matin, heure anglaise et mène le second élément de l’escadrille volant sous le reste de la formation. En route vers l'objectif, il est attaqué vers 10h20 de front et par l'arrière, par des chasseurs allemands. Des obus détruisent l'aileron gauche et perforent l'aile en plusieurs endroits. Les moteurs fonctionnent toujours mais l'appareil perd de l’altitude, devient incontrôlable, s'embrase et le pilote donne l'ordre de l'évacuer.

Deux hommes perdront la vie : le mitrailleur arrière S/Sgt Edmund A. Musante, dont le parachute s'est pris dans le stabilisateur horizontal au moment où il a sauté, mort dans l'explosion de l'appareil ; le mitrailleur ventral Sgt William M. Hinton, probablement resté trop longtemps à bord pour aider Musante. Tous deux ont été inhumés le 20 août 1943 au cimetière de l’aérodrome de Sint-Truiden / Saint-Trond. La dépouille de William Hinton a été exhumée après la guerre et il repose à l’Ardennes American Cemetery à Neupré, près de Liège. Les restes d’Edmund Musante ont été rapatriés aux Etats-Unis (cimetière inconnu.)

Le navigateur 2nd Lt Oscar C. Amison Jr, le mitrailleur gauche S/Sgt Clifford Starkey et le bombardier 2nd Lt Kenneth R. Lorch seront fait prisonniers. Lorch ne le sera qu'après avoir échappé pendant huit mois à la capture. Il passe trois mois à Paris et se fera appréhender en avril 1944 à Bordeaux, son hébergeur français étant ultérieurement exécuté par les Allemands.

Outre Quinn, quatre autres hommes parviendront à s'évader : Roy Claytor, Raymond Nutting, Charles Bailey et John Burgin.

William Quinn, qui n'était pas de l'équipage habituel du Lt Claytor, est en train de tirer sur un chasseur ME109 lorsqu'il entend l'ordre d'évacuer l'appareil et il se rend dans le compartiment radio pour y ramasser son parachute. Des flammes embrasent l'avion qui peut exploser à tout moment et, dans sa hâte à se jeter par la soute à bombes, il oublie d'emporter ses bottines. Il descend en chute libre de 5.000 m à 3.000 m avant de déclencher l'ouverture de son parachute et peut apercevoir sept autres parachutes se déployant à bonne distance sous lui.

Quinn atterrit dans un champ où une femme lui demande d'abord s'il est allemand ou anglais (il répond "American"), puis s'il est blessé. Il ne saurait vraiment dire, mais a des difficultés à marcher. La femme l'aide alors à se diriger vers un bois à proximité où une dizaine de personnes les rejoignent et s'occupent à faire disparaître son parachute et son équipement. Il fait comprendre qu'il a envie de boire de l'eau et on lui apporte du whisky, de la bière, du champagne, du café, tout, sauf de l'eau. Entendant quelqu'un s'approcher en sifflotant, les civils se dispersent et Quinn, trop visible abrité sous un pin, va se réfugier dans un buisson de bruyères. Il voit un soldat allemand marcher à quelques mètres de sa cachette, mais heureusement le soldat s'en va bientôt sans remarquer sa présence. Au bout de deux heures, tapi dans son abri, Quinn voit deux autres soldats allemands passer à proximité, mais ils s'en vont bientôt en sifflotant.

Quinn va examiner les alentours et décide finalement de ne pas bouger avant l'obscurité dans l'espoir que des gens l'ayant vu le matin pourraient le trouver s'il ne s'éloigne pas trop. Vers 23h00 il voit arriver deux des civils qu'il avait vu le matin. Ils lui apprennent que les allemands cherchaient encore partout et qu'il y avait eu des arrestations de civils dans les environs. Il suit les hommes vers un champ de maïs où on lui apporte des vêtements civils qu'il enfile aussitôt. On lui trouve une cachette plus sûre à l'orée d'un bois et il s'y endort sous une couverture.

Le 18 août vers 10h00 du matin on vient lui présenter un homme [(le manuscrit de son rapport indique "Jean Ciscten/Ciscters" (?)- tandis que celui de Bailey reprend "Jean Ascten"). Il s’agit en fait de Jean ACHTEN), Grendelbaan à Diepenbeek, employé municipal, 1m70, cheveux noirs, la main droite apparemment paralysée] qui lui dit qu'il a récupéré un Sergent Bailey et lui demande s'il le connaît. Comme c'est le mitrailleur de son avion, Quinn répond évidemment par l'affirmative et on lui dit qu'on l'amènerait auprès de lui. Quinn reste dans sa cachette toute la journée et dans la soirée est mené par Jean ACHTEN et un autre homme à un café de Diepenbeek où il retrouve Bailey. Le rapport de Bailey précise que ce café est tenu par Maria KLINKERS (20 Stationsstraat), jolie brunette, 1m70, yeux bruns, la fiancée de l'un de ses helpers. Elle soigne la jambe de Bailey, lui remet un questionnaire à remplir en vue de faire vérifier son identité et le fait loger dans une grange pour la nuit. Le lendemain, Quinn rejoint Bailey et à partir de là, les deux hommes poursuivent leur évasion ensemble.

Quinn et Bailey, guidés par Jean ACHTEN, sont amenés à vélo le 19 août 43 chez M. et Mme Florent BIERNAUX, 16 Thonissenlaan à Hasselt, qui les hébergent, leur procurent des vêtements civils et des faux papiers. Ils doivent y rester 10 semaines/67 jours (du 19 août au 22, ou plutôt 28 octobre 1943 selon le rapport de Bailey), les BIERNAUX ne sachant plus par où les faire évacuer. Florent BIERNAUX fera des démarches pour retrouver leurs plaques d'identités (dog tags) dont on les avait dépouillés. Il leur procure (le 28 octobre selon Bailey) des fausses cartes d'identité et d'autres vêtements civils.

Bailey mentionne la visite de Félix (Charles Gueulette), également appelé Victor "du côté de Quimper", un agent belge, sergent dans l'Armée Belge, robuste, environ 1m75, cheveux noirs ondulés. Bailey signale qu'il est le chef de l'organisation, qu'il est "connu dans toute la France", qu'il avait récemment organisé une nouvelle ligne dont Bailey et Quinn étaient le deuxième groupe, Jacob Dalinsky étant l'un de ceux passés avant eux. Bailey rapporte que Félix avait été parachuté en Belgique le 17 juillet 1943 avec "x" millions de francs et que son opérateur radio s'était cassé ou tordu la jambe dans sa chute (ce radio, Maurits KIEK, un Néerlandais, a été arrêté par la suite, mais ne s'était en fait pas cassé la jambe).

Entretemps, les BIERNAUX étaient entrés en contact avec Joseph C. DE COSTER ("Criticus", du 15 Rue Edgard Tinel, Anderlecht) de la ligne Félix, qui travaillait avant la guerre pour la Société Johns Manville à New York, et se dit ex-prisonnier de guerre et vendeur d'automobiles. Parlant anglais, il mesure 1m70/75, a le front haut, les cheveux noirs peignés en arrière et est bien habillé. Arrêté le 21 juillet 1944, Joseph DE COSTER sera déporté et mourra à Rothenburg le 16 mai 1945.

Le rapport de Quinn ne le précise pas, mais celui de Bailey indique que le 28 octobre, c'est Olympe BIERNAUX qui conduit les deux aviateurs en train à Bruxelles pour rencontrer Félix. Ils arrivent à un magasin de pièces détachées pour automobiles appartenant à un Anglais vivant à Bruxelles depuis la fin de la 1ère guerre. L'homme, plutôt nerveux, grisonnant mais paraissant beaucoup plus jeune que ses 65 ans, se tient très droit, mesure 1m75, a les yeux bleus dans un visage mince, et l'on croit qu'il avait été agent durant la dernière guerre. Un rapport au sujet des BIERNAUX mentionne qu'Olympe les avait menés chez Maurice AUBRY au 76 Boulevard Emile Jacqmain à Bruxelles. Quinn, lui, est mentionné également comme ayant été pris en charge par le Groupe EVA.

De Bruxelles, Félix et un autre homme conduisent les deux aviateurs à une gare, l'autre homme les accompagnant seul jusqu'à Gand. Ce guide au visage rond, aux cheveux noirs grisonnants, leur paraît très nerveux et fume cigarette sur cigarette (Maurice PIENS, du "68 ou 56 Rue de la Toile à Gand" - en fait, au 56 de la Linnenstraat à Gent / Gand, nom flamand de la rue). Arrivés à Gand, Quinn et Bailey vont loger chez le Commissaire en Chef de la Police et le lendemain, le 29 octobre, sont conduits à une gare où un nouveau guide les prend en charge. Portant des lunettes, le visage rougeaud, 1m70, environ 65kg, les yeux et les cheveux noirs, ce guide prend avec eux le train pour Mouscron. Une fois arrivés, les trois hommes marchent jusqu'à l'arrière d'un café qu'ils traversent pour déboucher sur la frontière française. Là, Quinn et Bailey rencontrent des gendarmes qui se contentent de les saluer, puis marchent avec leur guide jusqu'à Tourcoing où leurs documents d'identité belges sont détruits et ils reçoivent de nouveaux papiers français, sur lesquels leurs photos sont transférées. Eugène DESROUSSEAUX, 11 Place de la Gare à Mouscron, et/ou Paul DEMAT du 44 Rue du Marquis d'Ennetières, sont les passeurs habituels de cette ligne.

A Tourcoing, un homme, capitaine dans l'Armée française, Fernand VAN AERDE du 27 Rue Gambetta, cheveux gris, environ 50 ans, époux de Céleste et père de Jean et Gisèle, vient les chercher pour les mener chez lui où ils restent quelques heures. Une jeune fille arrive alors et elle prend avec eux le train de 16h30 vers Paris (la phrase suivante dans le rapport de Bailey reprend "Mlle Mishu", très mince, 1m75, yeux bleus, cheveux clairs et son interrogateur a surchargé "Simone" au-dessus de "Mishu"). Il doit s'agir de Simone MICHAUT. Le professeur de la Sorbonne Marie Magdeleine DAVY (21 Rue Racine, Paris 6ème), assistée de Melle Madeleine BONNARD (institutrice, habitant au 73 Boulevard Arago) et Yvonne DE MONTENON du 41 Rue d'Arras, dans le 5ème, reprend les 16 aviateurs de Félix à Roubaix (ou chez Alphonse Lucien LEMAN, 226 Rue Colbert à Tourcoing) avec Simone MICHAUT et les héberge à Paris (chez Simone MICHAUT et Gilbert VIRMOUX - 41 Rue Saint-Merri, Paris 4ème, entre autres).

Le train arrive vers minuit à Paris et Quinn et Bailey sont passés à un prêtre et une jeune fille potelée (Edwige GILLET). Edwige conduit Quinn et Bailey au 32 Boulevard Henri IV, Paris IVe, dans un flat appartenant à ses parents, Pierre GILLET et Anny BAILRY, cette dernière d'origine américaine. Seule Edwige est dans la Résistance et ses parents, ignorant cette activité, sont surpris de découvrir les évadés, qui logent les 29 et 30 octobre dans leur flat. Mme GILLET estime qu'étant américaine, il y a davantage de risques que son habitation soit sous surveillance, et les deux hommes sont alors déplacés. Edwige GILLET est reprise dans le groupe parisien de Jeanne DARCY née de CHABAUD la TOUR (avec sa fille Jacqueline au 51 Rue de Bellechasse, Paris VIIème). Son dossier indique "ligne pénétrée" sans plus d'explication.

Quinn et Bailey vont donc chez Simone MICHAUT, près de la Tour Eiffel et y restent cinq jours, avant d'être guidés par elle en train vers Quimper avec Jacob Dalinsky (cité plus haut) et Reynolds (Sgt Anthony Reynolds - RAF 428 Squadron - Halifax DK229 abattu le 10 juillet 1943 - sera évacué via l'Espagne - SPG 3319/4885). Là, ils entrent dans un café proche de la gare où ils voient une trentaine d'autres évadés dans une arrière-salle. Par groupes de six, tous déambulent alors dans la ville, Quinn et Bailey passant par une église avant d'arriver à une maison à l'étage de laquelle on leur servira un repas et où ils pourront se reposer un peu sur des matelas dans une remise. Ils s'y retrouvent avec Dalinsky, Reynolds et deux autres aviateurs britanniques.

Ils restent là jusqu'à minuit avant d'être guidés vers une autre maison pour y passer le reste de la nuit. Le lendemain "Fanfan" (Yves LE HENAFF, de Quimper) arrive pour les mener à la maison de son père. "FanFan" leur demande s'ils connaissent "Victor" ou "Felix" et lorsque les Américains leur disent qu'ils connaissent "Félix", "FanFan" leur apprend que "Victor" et lui sont un seul et même homme. Quinn et Bailey sont séparés des autres et placés dans une pièce au-dessus d'une conserverie de poissons gérée par "G", un homme petit aux cheveux noirs, portant lunettes, parlant parfaitement l'anglais et dont on dit qu'il était Lieutenant de Vaisseau dans la Marine française.

Quinn et Bailey restent là une semaine environ, la maison logeant durant ce temps 13 évadés en tout. Les plans pour les évacuer par caboteur depuis une plage de Bretagne doivent être revus suite à un accident lors de l'évacuation d'autres hommes par cette voie et les évadés sont renvoyés en train sur Paris. Aucun guide ne les accompagne et Quinn et Bailey sont surveillés pendant le voyage par des aviateurs français faisant partie du groupe d'évadés.

A la gare, ils sont accueillis par M. "Lagos" et sa femme. Il s’agit de Haralambos LAGOS, de nationalité grecque (repris erronément comme Haralampos Laghos dans la liste des helpers en France). Né le 18 juin 1900 en Grèce, immigré aux USA et ayant vécu à Chicago, Illinois. Habitant la France durant la guerre, il donnait des cours de langues, dont l'anglais à des Allemands. Il est décédé à Elmwood Park dans la proche banlieue de Chicago le 1er août 1979. Le couple LAGOS conduit Quinn, Bailey, Dalinsky et Reynolds chez eux au 63 Rue de l’Amiral Mouchez à Paris XIIIème. Ils y restent 8 ou 9 jours, sous le couvert de l'organisation de Mlle BOURGEOIS, professeur de philosophie, une femme au cœur d'or selon le rapport de Bailey, qui ajoute que selon LAGOS, elle finançait les opérations de sa propre poche, l'organisation étant financièrement exsangue.

LAGOS leur apprend qu'ils seront évacués par les Pyrénées et qu'ils doivent se rendre au Château de la Fortelle, à Rozay-en-Brie en Seine-et-Marne, à 60 km au Sud-Est de Paris, pour s'y préparer, surtout physiquement. Ce château était loué par le groupe de Résistance de Madeleine DAVY, citée plus haut, et servait principalement à y cacher des jeunes gens et des hommes qui auraient dû partir pour le travail obligatoire en Allemagne, mais aussi, à l'occasion, des aviateurs alliés lorsque les filières d'évasion se trouvaient momentanément sans débouchés, ce qui était vraiment le cas à l'époque.


Le château de la Fortelle à Lumigny-Nesles-Ormeaux, au nord de Rozay-en-Brie (détruit après la guerre).

Arrivés au château, la comtesse pense qu'ils sont français. La propriété, inoccupée, est gérée par des femmes membres de l'organisation. Dans son rapport, Bailey mentionne les noms d'autres évadés qui s'y trouvent avec eux : le 2nd Lt James E. Armstrong (pilote du 41-24507 - 384 Bomb Group - évacué via la Bretagne en janvier 1944 - E&E 339), le mitrailleur arrière William C. Howell (évacué par la Ligne Bourgogne vers les Pyrénées - janvier 1944 - E&E 328), Paul McConnell (du même avion que Howell), Andrew Lindsay, Harold Sheets et Gary Hinote.

Après trois semaines passées au château, Quinn et Bailey retournent à Paris. Bailey signale que 15 jours avant la Noël, Quinn et lui vont à nouveau loger chez LAGOS pendant 3 ou 4 jours, avant qu'ils soient à nouveau séparés. Bailey est pris en charge par Mlle VERNOT, Directrice du Lycée Sophie Germain, 9 Rue de Jouy dans le IVe, tandis que Quinn est mené par LAGOS au quartier-général de l'organisation où il rencontre Mlle BOURGEOIS et "Geneviève". Cette dernière emmène Quinn et une servante âgée de l'autre côté de la ville où il reste caché trois jours. Suzanne, la sœur de la servante, passe les voir avant que Geneviève ne guide Quinn vers un parc où se trouvaient un guide masculin de 20-21 ans ne parlant pas bien l'anglais et deux évadés américains, Heald (2Lt John Heald, bombardier 384 Bomb Group - 42-5797 - E&E 357) et Terry (S/Sgt Floyd H. Terry, mitrailleur ventral 381 Bomb Group - E&E 382) qui seront tous deux également évacués via les Pyrénées.

Le rapport de Bailey, plus détaillé que celui de Quinn, fait alors référence à celui de Heald, dans lequel on peut retrouver à certains endroits le nom de Quinn et d'autres évadés quittant le parc, puis se dirigeant vers l'Espagne, cachés à divers endroits. La partie manuscrite des rapports de Heald et Terry sont très difficiles sinon impossibles à déchiffrer et on peut deviner que Quinn est avec eux lorsqu'ils voyagent en train vers Toulouse, Montauban, Narbonne, Perpignan. Là, il semble que Quinn quitte ce groupe, vraisemblablement à un endroit très proche de la frontière espagnole.

Les rapports d'évasion de Bailey et Quinn indiquent qu'en début décembre ils observent un aérodrome pour Junkers 88 près de Toulouse. Le 17 décembre, en train au Nord de Toulouse, ils aperçoivent deux longs convois de trains militaires allemands roulant en direction de Paris. Il est indiqué dans leur rapports qu'ils passent en Espagne le 23 décembre 1943, arrivent à Gibraltar le 3 février 1944 et qu'ils quittent Gibraltar par avion le lendemain pour arriver à Prestwick en Grande-Bretagne le 6 février 1944.

Pour davantage de détails sur la mission elle-même, voir à cette page.


Texte de William Quinn publié dans un guide à l’évasion
("Power of Survival – Part II – Reprint of ‘Lessons In Escape’, publié le 21 août 1944)
https://airforceescape.org/equipment-used-by-evading-airmen/lessons-in-escape/

Traduction : "Rajustez correctement votre harnais… Retardez l’ouverture de votre parachute
"J’ai entendu ‘Pour l’amour de Dieu, évacuez.’ J’ai ramassé mon parachute ventral qui se trouvait au sol dans le compartiment radio. Lorsque je ne suis pas parvenu à l’enfiler après 3 ou 4 essais, j’ai constaté que je le tenais à l’envers. J’ai enlevé mon gant, remarqué que ma main saignait et j’ai attaché chaque crochet séparément car les anneaux du harnais étaient tellement pendants qu’ils ne pouvaient être normalement connectés. Au moment où je m’apprêtais à évacuer via la soute à bombes, j’ai constaté que je n’avais pas déconnecté le cordon de chauffage de ma combinaison de vol, ni celui de l’arrivée d’oxygène, et je les ai donc débranchés avant de plonger la tête la première à travers la soute à bombes au moment où l’appareil entamait sa première plongée. En m’éloignant de l’avion, j’ai actionné l’ouverture de mon parachute et j’ai senti comme si mes bras s’arrachaient. Lorsque le parachute s’est ouvert, il y a eu comme un arrêt soudain. Ma tête et mes bras basculèrent vers l’arrière. Lorsque je me fus redressé, j’avais vraiment très mal et je me suis donc tenu fermement au parachute jusqu’à ce que mes bras doivent lâcher. Quelqu’un m’attendait lorsque j’ai atterri et m’a demandé si j’étais blessé. J’ai répondu que je ne savais vraiment pas, mais que je croyais ne pas être capable de marcher. On m’a soulevé comme un enfant et porté jusqu’à des bois proches. Pendant plusieurs semaines, ma nuque était tellement endolorie que j’ai dû soulever ma tête avec la main."


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters