Personne passée à une autre ligne d'évasion

Dernière mise à jour le 23 août 2018.

Harry Slade RICHARDS / 39832932
330 Palace Avenue, Santa Fe, Sante Fe County, New Mexico.
Né le 16 juin 1921 à Oak Park, Illinois / † le 28 septembre 1999 à Lake Havasu City, Nouveau-Mexique.
S/Sgt, USAAF 92 Bomber Group 327 Bomber Squadron, mitrailleur ventral.
Atterri aux environs de Liège à 15 heures et demie.
Boeing B-17 F60 DL Flying Fortress, 42-3435, abattu le 17 août 1943, lors d'une mission sur Schweinfurt, abattu par un chasseur.
Avion écrasé dans un champ à Kuttekoven, près de Tongeren.
Evadé via la Suisse.

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 654. Rapport d'évasion E&E 2178 disponible en ligne.

Il était de l'équipage de James L. Berry, Kenneth Fahncke et George Mikel.

Richards saute de 17.000 pieds et atterrit brutalement. Il discute avec des Belges quoi faire de son équipement et des personnes l'emportent pour le cacher. Une jeune femme le conduit à travers champs et le conduit à un endroit où il aurait du retrouver Fahncke. Quand ils arrivent, il est déjà parti. On lui donne alors des vêtements civils et il passe la première nuit dans les bois.

Le lendemain, 18 août, il est conduit à une gare où il rencontre un "Bob" (Robert ?), un jeune stagiaire d'un hôpital pour personnes âgées, qui le conduit à Liège. Il reste neuf jours dans sa chambre avec un autre stagiaire. Il doit s'y cacher dans un coffre lors d'une fouille par la police allemande.

On le conduit alors chez un homme surnommé "Al Capone". Un jeune homme le conduit dans une planque où un aviateur RAF avait séjourné six semaines. Il passe alors chez plusieurs personnes et arrive chez M. et Mme Lucien DEPREZ au 67 Rue Saint Lambert à Herstal, derrière la Fabrique Nationale. Il y rencontre un instituteur nommé FRANK et un jeune homme prénommé "Florian".

Richards est en fait recueilli par Joseph MAERTENS de Membruggen et conduit par lui le 19 août 1943 chez le Commissaire MAEGER de Beyne-Heusay (Al Capone ?), qui le remet à Florent DONKERS de la section FRANK-DEPREZ le 25 août 43 (les dates peuvent être fausses).

Il déménage en face dans la rue che Mme "Lagrande" (Mme LEGRAND-SERRE). Après environ un mois, il rencontre un mitrailleur de Halifax, le Sgt Robert Masters. Vers le 15 octobre, il fait la connaissance du Sgt Reginald Glover, un navigateur de la RAF.

Vers le 1er novembre, Mme LEGRAND conduit Masters, Glover et Richards chez le Dr Michel APPELDOORN à Herstal. Ils y restent environ deux semaines. Le fils (?) du docteur, Michel APPLEDOORN, va à Paris pour essayer d'ouvrir une ligne. A ce moment, DUPREZ faisait cacher un tas de Français évadés d'Allemagne. Un pilote polonais de Spitfire, Bronislaw Malinowski, rejoint leur groupe.

Vers le 15 novembre, les quatre retournent chez Mme LEGRAND. Une grande femme aux cheveux noirs vient raconter une histoire d'évacuation par avion. Ils rencontrent un tailleur et son épouse, et une Mme DU PIQUE (?). Vers le 20 novembre, l'appartement de DEPREZ est investi par les Allemands qui y trouvent des cartes de rationnement et des timbres, mais pas de preuves d'aviateurs. Les quatre hommes sont alors déplacés chez les JOIGNEAUX, un douanier d'environ 45 ans dont l'épouse enseignait l'allemand avant la guerre. Ils habitent Rue Reine Elisabeth avec une fille qui étudie le droit et parle allemand.

Ce qui se passe est que Mlle Elisabeth VAN STALLE amène le traître Isidore LEBLANC (alias le "comte de Lahaye", qui prétend évacuer par avion) et un autre Belge, qui s'infiltrent dans le groupe Franck-Deprez. Avec SCHRAYEN, Lucien DEPREZ et Bronislav Malinovski, ils recherchent un terrain propice, mais il fallait 10 aviateurs pour un départ le 20 novembre 43, et ils n'en avaient que 4 (Malinowski, Glover, Richards, et Masters) et Louis COLETTE leur en donne 4 via Jeanne BUCKEN. Ces 4 autres aviateurs de Louis COLETTE furent arrêtés chez Lucien DEPREZ où ils logeaient le 20 novembre au matin, avec Félix FRANCK, DECAD et M. MAMOTTE, le propriétaire d'un cinéma à Herstal. Malinowski est alors chez APPELDOORN et sera évacué sur Bruxelles par le MNB, Glover, Masters et Richards sont sauvés par Mlle CHOQUE et placés chez M. JOIGNEAUX à Chênée pour y être conduits par Mme JOIGNEAUX en Suisse le 19 décembre 43.

Richards note dans son rapport que Florent DONCKERS tente de récupérer le journal de Marie-Louise CHOQUE, où elle note les identités des aviateurs aidés.

Vers le 20 novembre, Richards rencontre quatre autres aviateurs qui viennent de Hollande (ceux de Louis COLETTE). Un prêtre est arrêté avec trois aviateurs à Liège.

Le 18 décembre, Mme JOIGNEAUX prend les trois du groupe (Malinowski est parti) à Namur et vont dormir chez un douanier. Tôt le lendemain, ils traversent la frontière près de Maubeuge et prennent un train pour Paris. Ils rejoignent ensuite Dijon par le train encore. Mme JOIGNEAUX les quitte là en leur donnant des tickets pour Besançon et en leur donnant des instructions pour prendre un bus pour Maîche, où ils doivent trouver un homme qui tient un garage.

A Maîche, ils ne trouvent pas le garagiste. Un prêtre refuse de les aider. Finalement, un homme leur demande s'ils parlent anglais et les amène à un garage où ils dorment une nuit dans un bus. Le lendemain matin, un douanier les conduit en bus à une maison deux kilomètres avant la frontière suisse. On leur explique comment passer la frontière, mais nos trois évadés se perdent et tombent sur un officier allemand le 21 décembre. Masters et Glovers fuient vers la France. Richards n'entendra plus parler d'eux. Il se bat avec l'Allemand et est blessé au bras avant de lui prendre son arme. Il traverse alors la rivière frontalière en s'aidant des rochers et va jusqu'à la première maison. Il est envoyé à l'hôpital de Saignelegier. Il y est interrogé sérieusement.

Après un mois, il devait être envoyé à Berne, mais est amené d'abord à Klosters, puis à Berne, puis à Glion. Là, il doit signer un certificat attestant qu'il ne partirait pas avant d'avoir payé ses dettes, comme tous les autres aviateurs à Glion.

Le 02 septembre 44, il quitte Glion avec McKeon (E&E 1951) et sont conduits en France en camion à Thonon, près d'Annecy. De là, lui et ses camarades sont emmenés à Grenoble, où il sont pris en charge par la 7e Armée US. Il va en bateau de Saint Maxime jusque Naples avec 600 prisonniers allemands. Là, la 12e Armée l'envoie par air à Alger, Casablanca et Saint Morgan.


Bronislaw Malinowski (à droite) en rue à Tilleur (Photo de Robert Masters) avec le Dr Michel Appeldoorn (à gauche), sa fiancée, Rob Masters (2e à gauche) et Harry Richards.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters