Aviateur de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 01 février 2012.

Clive William SCHWILK / A.422304
New South Wales, Australie
Né le 15 novembre 1921 à Waverley, New South Wales, Australie / † ?
Fl/Sgt RAAF, RAF Bomber Command 460 Squadron, navigateur
Atterri à Morienval, 8 km NNE de Crépy-en-Valois, Oise, France
A. V. Roe Lancaster Mk III, NE116, AR-G, abattu dans la nuit du 22 au 23 juin 1944 lors d'une mission de bombardement sur des installations ferroviaires à Reims
Explosé et écrasé à Morienval, 8 km NNE de Crépy-en-Valois, Oise, France
Durée : 7 semaines
Camps Marathon : Fréteval

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3348/307.

L'avion décolle à 22h33 de Binbrook le 22 juin. En route vers l'objectif, l'appareil est touché par un chasseur et prend feu. Le pilote Fl/Sgt Lawrence Randolph Pearson donne l'ordre d'évacuer l'appareil qui volait seulement à une altitude de 2.000 m. L'avion part en vrille et il s'écrase et explose à Morienval.

Cinq hommes à bord sont tués : le pilote Pearson, le mécanicien Sgt John Albert Jillings, l'opérateur radio Sgt Samuel David Keenen, le mitrailleur dorsal Sgt Kenneth George Mason et le mitrailleur arrière Fl/Sgt William Worthington. Le bombardier, William Flynn parviendra à s'évader.

En descendant en parachute, Clive Schwilk voit son avion exploser et il atterrit non loin des débris de l'appareil. Des bombes continuent d'exploser et quelques éclats trouent son parachute. Arrivé au sol, il aperçoit un de ses co-équipiers accroché par son parachute à un arbre. D'autres bombes explosent et Schwilk se cache à terre. Il se relève après un moment et constate que le corps de son ami est sans vie, touché par une explosion.

Il cache son parachute, rampe dans le champ jusqu'à un chemin où il tombe nez à nez avec deux soldats allemands "plutôt âgés" qui l'emmènent sur leur moto/side-car. Il est enfermé dans le grenier d'une vieille grange mais par ruse, il parvient à déjouer ses gardes et, pris en charge par la Résistance, se retrouve dans une cachette en Forêt de Compiègne, un camp organisé par Georges ARDENOIS et où il rencontre Patrick Agur.

Le 30 juin, Schwilk, en compagnie de John Watkins et de Harry Pace, arrive à ce camp, où se trouvent déjà Patrick Agur, John Hurley et Leo Williams.

Le 4 juillet, ils sont rejoints par Peter MacVean.

Après quelques jours, les sept aviateurs sont conduits dans le village de Parmain, en Val d'Oise, près de Nesles-la-Vallée, où ils restent cachés pendant une dizaine de jours. (Les rapports des quatre évadés du 42-50344 citent Georges DINOT à Parmain). Au cours de ce séjour, ils sont rejoints par le Fl/Sgt John Fisher et Orion Shumway. Tous ces aviateurs sont à présent dans la sphère d'activité de Philippe d'ALBERT-LAKE et sont préparés pour leur voyage vers le camp de Fréteval.

Le 31 juillet cependant, après avoir été rassemblé dans un hôpital désaffecté à Argenteuil au Nord de Paris, le groupe est séparé. Agur et Fisher sont cachés au domicile de Madame DIXIMIER, au 8 Rue Jean Moréas, Paris XVIIe, avant d'y être rejoints deux jours plus tard par Schwilk et Watkins. Yvonne DIXIMIER déclare l'avoir logé du 02 au 04 août.

Le 4 août, Schwilk quant à lui est guidé seul par Madame DIXIMIER jusqu'à la gare où il rencontre un membre de l'équipage d'Agur, le Fl/Off James Kennedy, RCAF (Halifax MZ302 du 429 Squadron), ainsi que deux jeunes femmes, l'une d'entre elles se nommant Jeanine CARRÉ et habitant au 2 Avenue Ingres à Paris XVIe. Le petit groupe passe par Etampes et Angerville avant d'atteindre une ferme à Voves avec un guide basque, ancien mitrailleur dans l'Armée de l'Air française. Il s'agit très probablement de Jean DARGASSIES du 23 Rue de l'Annonciation, paris XVIe, officier de réserve de l'aviation et spécialiste instruments de bord à Air-France au Bourget. Il est né à Bayonne en 1920.

Jean DARGASSIES a convoyé à pied une vingtaine d'aviateurs, dont Schwilk et Kennedy, du relais de la Beauceronne de Maurice IMBAULT à Angerville (Essonne) et les conduit à la ferme de Valentin LEROY se trouvant à 1 km au Sud de Voves (Eure-et-Loir) à Sazeray-par-Voves (Eure-et-Loir), en direction de Châteaudun et du camp de Fréteval. DARGASSIÈS confirme que certains de "ses" aviateurs furent arrêtés.

Le 7 août, deux hommes, dont l'un très âgé, les escortent vers le camp de Fréteval dans une camionnette des PTT suivie d'un camion rempli d'hommes armés. Schwilk retrouve au camp son bombardier William Flynn.

John Watkins, lui, après avoir été séparé de Schwilk, a été arrêté le 10 août en compagnie de cinq autres évadés alors qu'ils devaient prendre à la gare d'Austerlitz un train pour Etampes [trois des américains, ainsi que deux membres de l'équipage du Lancaster PB231 du 49 Squadron, abattu 18-19 juillet 1944 et tous deux internés au Stalag Luft 7 : le Sgt W.G. Barlow, RAF, prisonnier n° 547 et le Fl/Sgt J.C. Wellein, RCAF prisonnier n° 642. Watkins étant le N° 641 dans le même camp].

Clive Schwilk est libéré à Fréteval par des troupes américaines le 13 août 1944, et il est interrogé le 16 août 1944 par les Services de Renseignement. Il est démobilisé le 10 juillet 1945.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters