Personne cachée jusqu'à la libération

Dernière mise à jour le 9 septembre 2018. .

Woodrow Wilson TARLETON ("Woody") / 13049886
3520 Erdman Avenue, Baltimore, Maryland.
Né le 28 octobre 1917 à Baltimore, Maryland / † le 27 décembre 2015 à San Jose, Californie
S/Sgt, USAAF 390 Bomber Group 571 Bomber Squadron, mécanicien ou mitrailleur latéral gauche.
Lieu d'atterrissage: près de Baarlo, à l'ouest de Meppel, OverIjssel, Pays-Bas.
Boeing B-17G-5-BO Flying Fortress, 42-31218, FC-E / "Eto-Itis", abattu par des chasseurs lors de la mission sur Brunswick du 10 février 1944.
Écrasé vers 13h10 sur deux fermes à Baarlo, près de Blokzijl, à l'ouest de Meppel, OverIjssel, Pays-Bas.
Durée : 7 mois.
Camps : Acremont, Bellevaux

Informations complémentaires :

Rapport de perte d’équipage MACR 2504. Rapport d’évasion de Woodrow Tarleton E&E 1955 disponible en ligne.

L’appareil décolle de Framlingham vers 07h30. Pour une raison indéterminée, il quitte la formation vers 12h15, perd de l’altitude et est observé pour la dernière fois vers 13h00 à hauteur de Lingen, au Nord-Est de Köln/Cologne. On peut penser que c’est par la suite qu’il a été touché par la Flak et attaqué par des chasseurs. Les rapports d’évasion indiquent que 2 moteurs sont mis hors d’usage, le stabilisateur et les ailes sont atteints et un incendie se déclare à bord. L’ordre d’abandonner l’appareil est donné et tous sautent, sauf l’opérateur radio S/Sgt James A. Harnish qui périra dans les flammes.

Cinq hommes seront faits prisonniers : le pilote 1st Lt John G. Burke, le copilote 2nd Lt Charles A . Hadfield (d’abord évadé, puis arrêté sur trahison à Anvers), le navigateur 2nd Lt Howard E. Richardson, le bombardier 2nd Lt Andrea Montello et le mitrailleur arrière S/Sgt Jerome A. Vilk.

Le très court rapport E&E 1955 de Tarleton indique qu’il fut immédiatement aidé par deux sœurs (hollandaises) et que, dès lors, son évasion fut organisée.

Blessé à la jambe droite par des tirs de mitrailleuse, Tarleton saute du flanc gauche à 6.000 m, suivi par Earl Lambert, Angelo Gambino et Jerome Vilk.

Egalement à bord : John Graney. Arrivés à Meppel, Lambert et Tarleton voyagent en train et vélo durant un mois, sous la conduite de résistants hollandais. Leurs helpers hollandais sont van den HURK, Joke FOLMER, HOVENKAMP, Jacques VRIJ.

Logeant dans des maisons et des granges, ils arrivent à Maestricht où ils restèrent une semaine. Jacques VRIJ fait traverser la Meuse à Gambino, Graney, Tarleton et Lambert.

Après avoir traversé la Meuse, ils arrivent à Liège où ils sont cachés dans l'usine de machines à coudre Singer, fermée à l'époque. C'est à Liège que leurs chemins se séparent (?) Un BEUNKENS les reçoit le 24 février et les guide le même jour chez Anna VERMEULEN-DE BERG au 2 boulevard Aristide Briand à Anderlecht. Nous trouvons qu'un BEUNKENS reçoit Lambert (Tarleton n'est pas cité) le 24 février et le guide le même jour chez Albert DERKS 21 Rue Gaucheret à Schaerbeek. Il est ensuite pris en charge par Simone GAZET à la Gare du Midi à Bruxelles le 14 mars 44 à 11h00, puis passé par VAN EECKHAUT de Waterloo avec John Graney et Angelo Gambino, les frais de transport et subsistance étant payés par Anne BRUSSELMANS-MAGNEE.

Un article publié le 1er février 1996 dans le "Daily News Record" (Harrisonburg, Virginia) à propos d’Albertine VAN EECKHAUT, nous apprend que c’est son fils Marcel, âgé de 15 ans en 1944, qui a rencontré Tarleton et 3 autres aviateurs dans une église à Bruxelles. Il les a ensuite guidés en tram depuis Bruxelles jusqu’à Waterloo pour être logés chez ses parents, tenanciers d’une auberge, dans laquelle le couple a caché de nombreux Juifs, résistants et réfractaires durant le conflit. Nous en déduisons que les trois autres aviateurs étaient Gambino, Graney et Lambert. Tarleton, interviewé également pour l’article, précise qu’il est resté une semaine à Waterloo. La liste des Helpers belges reprend bien Oscar et Albertine VAN EECKHAUT au 8 Avenue Belle Vue à Waterloo. Nous pensons que le retour de Tarleton (et des 3 autres) vers Bruxelles, se sera effectué de la même façon qu’à l’aller : convoyage en tram par le jeune Marcel VAN EECKHAUT. A noter qu’après le décès d’Oscar en 1959, son épouse Albertine a émigré vers les États-Unis où elle est décédée le 2 janvier 2002 à New Market, Virginie, âgée de 95 ans. Son fils Marcel vit aux États-Unis (Woodland Park, Colorado) en 2018.

Tarleton est transporté vers Bruxelles où il sera mené par plusieurs guides. Anne MAGNEE (BRUSSELMANS) l'amène chez Louise KNOPS, qui le fait héberger pendant environ trois mois (de mars à juin 44) chez Mme Jeanette SCHUURMAN née VANDERHEYDEN, au 15 Rue Achille Jonas à Anderlecht. Mme SCHUURMAN-VANDERHEYDEN est arrêtée le 19 juillet et libérée en même temps que Louise KNOPS le 3 septembre en gare de Petite-Île (évadée du "train fantôme"). L’Appendix C du rapport de Tarleton indique qu’il est resté "environ cinq mois" chez SCHUURMAN…

Mme MERTENS, de la résistance, le reprend quelques jours après l'arrestation de Louise KNOPS (le 30 juin), après une visite de la Gestapo, qui ne trouve pas Tarleton dans la cave chez SCHUURMAN. Vers 5 heures un matin, la Gestapo s'était présentée chez Jeanette en disant qu'ils voulaient fouiller la maison. Elle leur demande d'attendre qu'elle puisse s'habiller et les fait attendre 20 minutes, qu'elle met à profit pour cacher Tarleton et ses affaires dans la cave. La Gestapo cherche dans toute la maison et demande d'allumer la lumière dans la cave avant qu'ils y descendent. Elle leur dit qu'il n'y pas d'électricité et qu'elle n'a ni bougie ni torche. Un des Allemands remonte demander une lampe de poche à un policier logeant dans la maison. Le policier dit qu'il a bien une lampe...mais pas de piles pour l'actionner. C'est alors à l'aide d'allumettes que l'un des gestapistes regarde dans la cave, se positionne juste devant la cachette de Tarleton, sans voir la porte qui y mène. Tarleton dira plus tard à Charles Earnhart qu'il avait vieilli de 20 ans en quelques minutes et qu'il n'avait toujours pas compris comment le boche n'avait pas entendu les battements de son cœur...

Tarleton est donc conduit au début juillet 44 par Anne LUKASINSKAS dans l'immeuble des PEETERS-VAN DER STRAETEN au 13 Rue de la Brasserie à Ixelles, et Albert PEETERS, guide régional et convoyeur de EVA prête son domicile, Rue du Tabellion à Ixelles, comme relais pour la remise de Tarleton le 18 juillet 44.

Il est alors remis par Louis RIFFLARD de Luc-Marc à Madeleine MERJAY le 18 juillet 44, qui le remet immédiatement à Henri NYS. Ayant ainsi échappé à une descente sur une cachette, il fut transféré pour quelque temps à Charleroi avant d'être ramené au 35 Rue Guillaume Kennis à Schaerbeek chez Yvonne BIENFAIT, chez qui se trouve Earnhart.

Durant leur séjour, les deux hommes se partagent les tâches ménagères, Tarleton s'occupant plutôt de la cuisine. Un soir, Yvonne BIENFAIT leur apprend qu'ils seront rejoints juste avant le couvre-feu de 22h30 par deux aviateurs de la RAF, avant que les quatre hommes partent dans la matinée pour un camp dans les Ardennes, leur séjour à Bruxelles devenant de plus en plus dangereux. En les attendant, Yvonne BIENFAIT et les deux américains s'affairent à laver et repasser des vêtements...et rouler une provision de cigarettes. A l'heure convenue, arrivent Kenneth Sweatman et Dick, un irlandais de County Cork (Richard Irwin). Yvonne BIENFAIT leur dit qu'un agent de la Gestapo passera le lendemain matin vers 07h30 pour les conduire à Namur puis à Dinant, d'où ils poursuivraient leur route à vélo en direction d'un endroit proche de la frontière française. Elle rassure ses interlocuteurs en disant que le gestapiste est aussi un agent des Services Secrets britanniques aidant efficacement la résistance.

Le 26 juillet, à 07h30 l'homme (Charles LEEMAN) apparaît, puis accompagne Yvonne BIENFAIT, Gaston MATTHYS et les quatre aviateurs à une maison dans la partie sud de Bruxelles où Yvonne BIENFAIT téléphone pour annoncer leur arrivée aux guides suivants devant les prendre en charge. Elle rejoint le groupe et leur apprend que seuls trois hommes pourront être de ce voyage et qu'Earnhart devra attendre le transfert de la semaine suivante.

Tarleton arrive au camp d'Acremont et y est rejoint plus tard par Earnhart et d'autres aviateurs. La suite est similaire au récit de Charles B. Earnhart.

Woodrow Tarleton reste trois jours à Paris avant de rejoindre l'Angleterre et rentre aux Etats-Unis au début d'octobre 1944.


Tarleton vers 2014.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters