Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 11 août 2011.

John Henry WATSON / J7802
758 Rathbourne Avenue, Woodstock, Ontario, Canada
Né le ? / † ?
P/Off RCAF, RAF Bomber Command 419 (Moose) Squadron, navigateur.
Lieu d'atterrissage : entre Varsenare et Jabbeke en Flandre Orientale.
Vickers Wellington Mk Ic - X3359 (VR-N), abattu dans la nuit du 16 au 17 juin 1942 lors d'une mission sur Essen, problèmes mécaniques puis touché par la Flak.
Ecrasé près de Wuustwezel, Province d'Anvers, Belgique.
Durée : 4½ semaines
Passage des Pyrénées : le 20 juillet 1942

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion SPG 3311/911 (incomplet).

L'appareil décolle de Mildenhall à 23h55 et encourt des problèmes de surchauffe de moteur avant d'être atteint par la Flak. Le pilote, Sgt Charles Emile Leblanc, sera tué, tandis que deux hommes seront fait prisonniers : le Sgt E. A. Winkler, opérateur radio et le Sgt N. W. Bradley, mitrailleur/bombardier, tous deux internés au Stalag Luft 3 à Sagan, Pologne.

Comme Watson, le mitrailleur arrière Joseph Angers parviendra à s'évader. Watson et un co-équipier blessé à la rotule (Morrish ? Pas à bord selon le site Lost Bombers) errent dans les bois quelques jours. Watson trouve Oscar VAN BESIEN de Sint-Andries-Brugge et, sous la menace de son revolver, est conduit jusqu'à une fosse à purin désaffectée où est couché l'autre aviateur. Oscar VAN BESIEN le ramène chez lui sur son vélo et le commandant de PENARANDA de Franchimont l'aide à nourrir les deux hommes, le réseau Luc n'ayant pas accepté de supporter les frais de leur subsistance. Un certain Jean LAVARY (nom d'emprunt ?) leur rend deux visites et laisse ensuite un message disant que "Les deux paquets sont bien arrivés de l'autre côté de la mare".

Watson se repose chez Renée VAN REETH à Anvers. Elle l'emmène à vélo chez un avocat et le lendemain, cet avocat et un collègue le guident à Bruxelles chez un jeune photographe de 20 ans, Auguste BOURLON. Ce dernier le prend en train jusque chez lui au 1a Rue de Namèche à Namur, et lui fournit une carte d'identité.

Le 20 juin, Jules DUBOIS de Dhuy emmène Watson en voiture chez M. et Mme VITRY dans un village près de Franière (Floreffe ?) où il vit "comme un roi" jusqu'au 24 juin. Ce jour-là, le marchand de bois et bourgmestre de Dhuy, Jules DUBOIS, guide Watson vers Upigny, un village voisin, en prenant au passage Bernard Evans, pour les conduire chez le baron évoqué par Evans (Louis de JAMBLINNE de MEUX à Noville), qui les loge du 18 au 20 juin 42.

Le 27 juin, Jules DUBOIS les conduit tous deux à Namur où ils rencontrent deux guides (Robert NICOLAS de Bayard et Suzanne LAURENT, sa fiancée) qui les amènent à Bruxelles.

Arrivés à Bruxelles, Watson et Evans vont dans un petit établissement de la Croix-Rouge tenu par le père de "DIDI 2" (Andrée "Nadine" DUMONT). Il peut s'agir de la Cantine Suédoise, 9 Rue Ducale, où Jean GREINDL a son bureau. Andrée DUMONT, après les avoir guidé à une maison où ils dorment quatre jours, leur procure un laisser-passer orange.

Le 1er juillet, Andrée DUMONT les conduit en train à Louvain avec un autre pilote de la RAF inconnu d'elle, Joe Pack. Les trois prennent avec elle le train de Paris à 21 heures 30. A la frontière, Watson ne peut répondre correctement aux questions des contrôleurs et Andrée sauve la situation en disant que les hommes sont tous sourds-muets. Arrivés à Paris, ils se rendent à l'Hotel de Luxembourg dans le Quartier Latin, où Frédéric DE JONGH avait une chambre (qu'il abandonnera plus tard).

Andrée et son père Frédéric DE JONGH arrivent vers 10 heures, dégageant "Nadine" qui rentre à Bruxelles, et les trois aviateurs vont dans la maison occupée par les DE JONGH, au 6 avenue des Erables à Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne. Se trouvent déjà là le co-équipier de Watson, Joseph Angers, ainsi que William MacFarlane et Marian Zawodny. Pack ne reste pas avec eux et le lendemain MacFarlane est transféré chez Raymonde COACHE à Asnières.

Watson, Evans, Angers et Zavodny restent dans la villa de Saint-Maur jusqu'au 16 juillet, jour où Andrée DE JONGH et une "Elvire" (MORELLE) les guident au train vers Saint-Jean-de-Luz après leur avoir fourni des faux papiers. A Bayonne, ils sont rejoints par Elvire DE GREEF et "Bee" Johnson. La gare de Saint-Jean-de-Luz est bourrée d'Allemands très occupés à décharger des projecteurs et le passage "habituel" par la sortie des ouvriers est bloquée. Ils doivent donc passer par la Douane, mais heureusement aucun n'est arrêté ni questionné.

Le groupe se divise avant de se reformer ensuite chez Ambrosio SAN VICENTE au 7 Rue Salagoïti à Saint-Jean-de-Luz. Les évadés restent là deux jours, nourris par Maritxu ANATOL avant de partir le 19 juillet vers une ferme à 10 Km de là avec DE JONGH et deux guides basques (Manuel ITURRIOZ et Tomás ANABITARTE, précédés de Donato ERRAZTI). Cette ferme est la Maison Bidegain Berri, chez Françoise HALZUET épouse USANDIZAGA, dite Frantxia.

C'est le 17e passage de Comète par Saint-Jean-de-Luz, également raconté en détail par Manuel ITURRIOZ.

Le groupe quitte la ferme vers 21h30 et, alors qu'ils marchent dans le noir sous la pluie, deux gendarmes français surgissent en criant. Zavodny fait demi-tour en courant, Evans se jette derrière un buisson. Très nerveux, l'un des gendarmes tire un coup de feu avant qu'ils se mettent à discuter entre eux pendant une vingtaine de minutes. Evans finit par pouvoir sortir de sa cachette et rejoint les autres par la suite.

Watson, quant à lui, rapporte avoir été confronté à deux gendarmes français auxquels il tente d'échapper. En se débattant, il donne un coup à la tête de l'un des deux gendarmes, mais cela ne porte pas à conséquence, car dès qu'il leur apprend qu'il est Anglais, les gendarmes deviennent très amicaux. Par la suite, le conduisant au poste à Béhobie, ils évitent d'ailleurs une patrouille allemande à sa demande.

Après pas mal de palabres, le chef de poste accepte que Watson puisse passer la nuit en cellule et le 20 juillet à 7 heures du matin il est interrogé par un sergent au sujet de l'organisation d'évasion. Maritxu ANATOL, de son côté, est intervenue auprès des gendarmes, les connaissant bien. Il s'ensuit que la cellule de Watson n'est pas verrouillée et qu'il est bien nourri. A 22 heures, le gendarme lui montre une carte et lui explique comment éviter les patrouilles allemandes avant de le mener à un endroit où il pourrait passer en Espagne à la nage.

Passé de l'autre côté, Watson se rhabille et marche en direction de San Sebastian. Il demande le chemin mais mal lui en prend car il se retrouve à nouveau entre les mains de la police espagnole. Il est détenu de 05 à 10 heures et interrogé par un homme en civil. On lui enlève ses affaires et possessions et, après une détention de six semaines, on le transfère le 29 août 1942 au camp de Miranda.

Les conditions de détention à Miranda sont mauvaises, et la nourriture "horrible", mais après quatre jours il reçoit un premier colis du consulat. Il sort de Miranda le 30 septembre et rejoint Madrid, où on l'interroge immédiatement et où les conditions se révèleront meilleures.

Il reste 10 jours à l'hôtel Mora à Madrid et le 11 octobre, il part pour Gibraltar avec le groupe de Léon Prévôt et y arrive le lendemain. John Watson quitte Gibraltar par avion le 15 octobre 1942 à destination de Mount Batten en Angleterre, où il arrive le même jour. Son interview à Londres pour le SPG est datée du 16 octobre 1942.


Mot de remerciement de Watson dans le carnet de Ambrosio San Vicente.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters