Aviateurs de l'opération Marathon

Dernière mise à jour le 4 février 2019.

Eldo Chris WESELOH / 19125479
143 ½ West 52nd Street, Los Angeles, Californie, USA (en juin 1942 : 951½ South Kingsley Drive, Los Angeles, California)
Né le 31 décembre 1922 à Laurel, Cedar County, Nebraska / † le 8 décembre 1971 à Los Angeles, Californie, USA
S/Sgt, USAAF 306 Bomber Group 423 Bomber Squadron, mitrailleur arrière
près de Saint-Just-en-Chaussée, Oise, France.
Boeing B-17G-BO Flying Fortress N° série : 42-31388 (RD-A), abattu par la Flak et achevé par des chasseurs lors de la mission du 11 février 1944 sur Frankfurt.
Écrasé dans un champ sur la commune de Campremy, près de Wavignies (Oise), au sud d’Amiens (Somme), France.
Durée : 7 mois.
Camps Marathon : Fréteval

Informations complémentaires :

Rapport de perte d'équipage MACR 2527. Rapport d'évasion E&E 1001 disponible en ligne.

Le B-17 décolle de Thurleigh vers 07h00. Touché par la Flak au-dessus de Frankfurt, l'appareil a de gros trous dans les ailes, sa queue est presque arrachée, du carburant s'échappe des réservoirs. L'intercom est hors d'usage et le pilote Dibetta donne l'ordre verbal d'évacuer l'avion. Le mitrailleur ventral S/Sgt James H. Coleman, atteint par un obus, est mort à son poste. La page 33 du MACR porte la mention manuscrite de ses nom et matricule sur la traduction d’un rapport allemand KU858 indiquant la découverte d’un corps de "pilote" trouvé en liaison avec la Forteresse de Sanders et Feilbach. Il y figure qu’il a été enterré au cimetière militaire de Beauvais-Marissel. Bien que dans leurs rapports, d’autres membres de l’équipage indiquent qu’il a été retrouvé près des débris du B-17 et enterré dignement par des civils français, il semble y avoir confusion, car Coleman figure toujours à la liste des Disparus et son nom est repris aux Tablettes des Disparus du Cimetière Américain des Ardennes à Neupré, près de Liège.

Trois hommes seront fait prisonniers, le navigateur Lt Raymond F. Feilbach, le bombardier Lt Jerroll E. Sanders (tous deux arrêtés dès leur arrivée au sol), le mitrailleur dorsal T/Sgt Fortunato V. Chiccarelli (blessé au bras, d’abord soigné, vraisemblablement par le docteur Edouard REDAUD de Clermont, mais obligé après deux jours, suite à une infection, d’être pris en charge par un hôpital à Beauvais où Bergeron ira le voir avant que les Allemands n’arrêtent son co-équipier).

Outre Weseloh, cinq autres parviendront à s'évader: le pilote Geno Di Betta, le copilote Earl Wolf), l'opérateur radio Clyde Hewitt, le mitrailleur droit Leonard Bergeron et le mitrailleur gauche Guy Golden.

Le rapport d'évasion de Weseloh ne donne que très peu de renseignements et il y est seulement précisé qu'il avait été blessé (sans détails) et qu'il connaît un peu de français. Nous avons pu déchiffrer du rapport de son co-équipier Earl Wolf que celui-ci et d'autres hommes sont conduits depuis Saint-Just-en-Chaussée vers Clermont dans un bureau de police ou à la Justice de Paix où ils recontrent Weseloh, Bergeron, Hewitt et Golden ainsi que d'autres évadés. Ces hommes sont emmenés en camion jusqu'à Vineuil-Saint-Firmin où Weseloh et Di Betta logent chez Louise GUYJER, qui était ou l'épouse ou la secrétaire du maire.

Le rapport de Wolf mentionne qu'ils sont mis en présence d'Edmond BOURGE, de "Gabriel", 47 ans et de Mr "St Hubert", 48 ans. Il s'agit ici en fait de Paul Gabriel PREBAY, né à Sauvigny (Allier) le 29 Avril 1983, du 35 Avenue Baudoin à Deuil-la-Barre, Seine & Oise, et de Raymond STUBERT (SAINT-HUBERT ?), qui avec son épouse cache Bergeron et Wolf chez eux à la Rue Henri Pauquet à Creil. A noter que les noms de Bergeron et Wolf sont bien repris dans le rapport d'activités Marathon/Comète d'Edmond BOURGE du 61 Rue Henri Pauquet à Creil, qui les reçoit de M. Georges FLEURY du 25 Rue de Mouy à Cambronne-lès-Clermont, et les remet à Jacky DU PAC (ce dernier étant vraisemblablement le franco-canadien Jacques DU PAC DE MARSOULIES, 115 Rue Notre-Dame des Champs, Paris VIe, environ 1m70, cheveux foncés, récemment veuf, cité dans le rapport de Wolf, qui ne reprend pas son nom).

Wolf parle d'un transport en camion vers Creil où les hommes sont répartis à plusieurs endoits. Weseloh et Di Betta, d'abord, Hewitt, Golden et deux autres (dont en principe Bergeron) ensuite et finalement Wolf, "Gabriel" et un gendarme.

Le rapport de Dibetta précise que par après Weseloh et Dibetta vont à pied chez le garde forestier Henri LESTIENNE, qui les héberge pendant six semaines, séjour pendant lequel des gendarmes de Chantilly leur apportent de faux documents d'identité. Un gendarme (vraisemblablement le gendarme Alfred PERNET, de la Rue du Connétable à Chantilly, cité par Edmond BOURGE dans son rapport d'activités) les conduit alors en voiture jusqu'à Neuilly-en-Thelle où ils sont guidés par René D'HALLEINE, un machiniste. A Chantilly, ils prennent Emmett Bone, Joseph Gorrono, Donald Hoilman, George Solomon et deux autres évadés. Geno Di Betta logera trois semaines chez D'HALLEINE en compagnie de Weseloh, Solomon et Hoilman. Weseloh et Hoilman quittent cet endroit avant l'arrivée d'un autre médecin (le Docteur Charles ANDRIEU) chez qui Hewitt et Golden avaient logé au 39 Rue de Paris à Neuilly-en-Thelle.

Nous savons par ailleurs que Weseloh a été amené par Roger FRARI de Le Mesnil-Théribus dans l'Oise, localité dans laquelle il avait logé une soirée chez Marie-Louise BONNIN. De là, il a été repris par Gilbert THIBAULT, d’Auneuil (Oise) et ultérieurement amené vers le camp de Fréteval.

Le camp est libéré le 13 août par des troupes américaines et Weseloh est interviewé par l'I.S. 9 le lendemain. Il rentre par avion en Angleterre le 16 août et y est interrogé le 17.

Eldo Weseloh repose au Forest Lawn Memorial Park (Covina Hills) à Los Angeles, Californie, USA.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters