Personne passée par Comète via les Pyrénées

Dernière mise à jour le 14 août 2020.

John WHITE / 11114696
41 Charles Street, Dorchester, Massachussets, USA
Né à Newton, Massachussets le 21 février 1924 / † le 11 octobre 1999 à San Antonio, Texas, USA.
Sgt, USAAF 95 Bomber Group 334 Squadron, mitrailleur ventral
Atterri près de Dessel, Province d’Anvers, Belgique.
Boeing B-17 Flying Fortress, n° série 42-30274 , BG-Q / "Our Bay-Bee", abattu le 17 août 1943 lors d'une mission sur Schweinfurt
Ecrasé près de la Gravenstraat à Dessel, environ 5 km au nord-ouest de Mol
Durée : 2 semaines
Passage des Pyrénées : le 2 septembre 1943

Informations complémentaires :

Rapport d'évasion E&E 95 disponible en ligne.

White est de l'équipage de Henry Sarnow et Martin Minnich et il s'agit de sa première mission. Les sept autres furent faits prisonniers : Walter A. Baker, pilote ; Cedric L. Nussbaum, navigateur ; Walter T. McDermott, radio ; Alvin O. Forney, mécanicien ; Roscoe J. Alderman, mitrailleur gauche ; William H. Binnebose, mitrailleur droit, et Albert G. Bergeron, mitrailleur arrière.

Décollés à 8 heures, ils traversent la côte belge à 5500m et sont atteints par un obus de Flak. Ayant perdu deux moteurs et les deux mitrailleurs étant blessés par un autre obus de Flak, ils ne peuvent suivre la formation et font demi-tour vers l'Angleterre. Trois chasseurs bimoteurs les attaquent. Les mitrailleurs signalent qu'ils sont à court de munitions et sautent probablement à ce moment. Ils sont encore touchés au gouvernail et aux stabilisateurs et deux des Me 110 sont abattus.

White atterrit en lisière d'un bois et cache son parachute. Des garçons (dont Emiel JORIS– voir page de Minnich) lui indiquent où se trouvent Sarnow et Minnich et le résistant local Gus / Auguste FRUYTHOF(36 Donk, à Mol), qu'il rejoint. Des Allemands étant à 200 mètres, seuls ces deux derniers traversent le canal à la nage pour échapper à la foule qui les entoure (il doit s’agir du Bocholt – Herentals Kanaal). Malgré les efforts de Sarnow, ils doivent abandonner White, qui ne sait pas nager, et vont se cacher. White déclare dans son rapport qu'un homme parlant anglais nommé Frank avait indiqué à Sarnow et Minnich où se cacher sur l'autre rive, lui disant de partir de son côté à bicyclette. Il ne reverra plus Sarnow et Minnich, que Gus FRUYTHOF rejoint par un pont sur le canal. [Il est vraisemblable que le "Frank" cité par White, soit en fait Franz / François BECKERS, d’Eksel (Stationsstraat), intervenu pour Minnich et Sarnow]

Deux heures plus tard, un homme blond et un curé belges lui conseillent d'abord de se rendre mais lui feront finalement traverser le canal : White peut monter dans une barque conduite par Marcel COPPIN (Vaartstraat 33, Mol-Donk). Une heure plus tard, deux filles lui donnent des vêtements civils, une bicyclette et de l'argent belge ce 17 août, mais il n'a pas de chaussures. Il suit un jeune garçon chez son oncle à Turnhout, un employé de la SNCB. Le lendemain, cet homme, sa femme et leur neveu le guident ensuite au train à Turnhout avec des nouveaux habits. Ils le conduisent à Bruxelles chez des gens où il loge quatre jours.

FRUYTHOF apprend de COPPIN au soir du premier jour que White a déjà été emmené à Geel, et que des arrangements ont été pris pour l'aider à quitter la région.

White indique ensuite qu'il rencontre un homme dans un train, qui lui présente une jeune fille qui le mène chez deux sœurs dont l’une a les cheveux bouclés et qui le logent une nuit en attendant le retour de l’homme en question.

White est pris en charge à Bruxelles par Aline DUMONT vers le lundi 23 août, qui le loge alors trois jours chez René PIRART au 8 Rue des Tournesols à Anderlecht. White note un "engraver" René et sa femme qui lui fournissent une paire de souliers plus à sa taille et le conduisent dans un magasin pour des photographies. Une femme nommée Félix (?) lui fournit une fausse carte d'identité le même soir.

L’épouse de René, Florentine PIRART-DE WIT le convoie vers la gare à son départ le jeudi 26 août et il y rencontre Denis Foster. White déclare qu'elle les remet à un guide "français" à lunettes (le belge Jules DRICOT ?), qui, en passant par Mons, les conduit près de la frontière française dans le petit village de Sivry, où ils passent la nuit chez un "contrebandier". Ils reçoivent des papiers français de Jean-François NOTHOMB, venu les chercher de Paris. White déclare dans son E&E avoir été guidé par un William ou Willy en France à 5 heures du matin et avoir reçu des papiers français. Il peut s'agir d'Achille DUPONT époux de Germaine HENNEBERT, peintre au 173 Rue Trieux Delecroix à Soumoy (Cerfontaine), et qui a été recruté par Jacques LE GRELLE le 15 août 1943 comme agent direct de Albert MATTENS pour les passages de Saumoy / Sivry vers Solre-le-Château (France). On change effectivement les cartes d'identité chez lui et il doit parfois assurer l’hébergement pendant 4 à 10 jours.

A Solre-le-Château, en France, White et Foster prennent le bus pour Avesnes. Ayant raté le train, ils vont à pied à Aulnoye et y prennent le train de Bruxelles à Paris. Après un contrôle, ils arrivent à Paris le 27 août, se rendent dans une église et rencontrent un homme parlant un peu l'anglais. Un ex-pilote français les conduit loger quatre nuits et trois jours chez un docteur à Paris, le frère du docteur fournissant la nourriture. White raconte plus tard qu'ils vont au district de "Petit Montrouge" dans le XIVe arrondissement, et qu'ils restent jusqu'au 31 août chez un M. HABREKORN, gérant d'un cinéma, dont le frère médecin a une consultation à l'appartement du dessous. Il s'agit du Dr Pierre HABREKORN du 6 Avenue du Parc à Vanves, du module de logement de Maurice GRAPIN alias Henri Crampon, qui renseigne aussi le SD de l'Avenue Foch.

Un pilote français guide alors White et Foster par le métro et leur présente un "Anglais" (Jacques LE GRELLE ?). Ils vont ensuite à la gare d'Austerlitz prendre un train vers Bordeaux en 2e classe avec Rosaline THERIER épouse WITTON qui prend White en charge. Là, le 1er septembre, elle rentre à Paris et White va à Dax avec un Willy (Marcel ROGER ou à nouveau Jean-François NOTHOMB ?) qui les attendait. De Dax, ils vont à vélo à Bayonne en compagnie d'un officier de cavalerie français : Michel Habbart qui guidait Bruno Gallerani et Leroy Funk de Paris à Dax.

White loge ensuite à Sutar à l'auberge Larre de Jeanne MENDIARA.


Mot de remerciement de White dans le carnet de Pierre Elhorga.

Il est conduit à la frontière espagnole le 2 septembre par Denise HOUGET via Saint-Jean-de-Luz. Le groupe dans lequel il se trouve et comprenant Denis Foster, Leroy Funk et Bruno Gallerani passe le pont de la Nivelle vers Ciboure et continue vers Urrugne et la ferme Jatxu Baita chez Joseph LARRETCHE.

White et les autres traversent les Pyrénées avec Jean-François NOTHOMB. C'est la 54ème traversée de Comète, via la gare minière désaffectée de San Miguel et l'auberge d'Oiartzun. Ils prennent alors au soir un train vers San Sebastian et y passent trois jours dans un appartement. Le consul britannique vient les chercher pour les conduire à Madrid à l'ambassade.

John White est débriefé le 7 septembre 43 à Madrid par le major Clark et Mr Anderson et le 12 par le major Lewis à Gibraltar. Il part en avion de Gibraltar le 15 septembre et atterrit le lendemain en Angleterre (à Preswick).

John White, qui a également servi dans l’US Air Force en Corée, repose au Fort Sam Houston National Cemetery à San Antonio, Texas.

Merci à Michael Leblanc, Geoff Warren, Co de Swart et Carl Rijmen pour leurs informations. D'autres détails sur cette page.


© Philippe Connart, Michel Dricot, Edouard Renière, Victor Schutters